MACHOIRE INFÉRIEURE
rencontré par moi était de 113 millimètres : deux fois sur des crânes méditerranéens. Le plus petit était de 83 chez un Japonais.
La largeur hicondylienne prise maximum, c’est-à-dire en dehors en comprenant les deux condyles en totalité dans l’intervalle des deux branches du compas glissière ; c’est le procédé de Broca. J’estime toutefois qu’il serait plus avantageux d’adopter comme point de repère le milieu de l’axe transversal du condyle, afin que cette mesure corresponde à la largeur biglénoïdienne du crâne. (Voirp. 696.)
L 'indice de la branche postérieure de la mâchoire ou rapport de la longueur de cette branche, du gonion au sommet du condyle, à sa largeur ou distance minimum de son bord antérieur à son bord postérieur perpendiculairement à la longueur précédente. Les maximum individuels trouvés par M. Renard sont de 72,2 chez un Nègre d’Afrique et de 68,9 chez un Néo-Calédonien.
L 'angle de la mâchoire , caractère essentiellement physiologique, en ce sens qu’il varie considérablement avec l’âge et le sexe, mais qu’il est bon de connaître suivant les races. De 175° chez le nouveau-né, il est de 140 après la première dentition, de 115 après la seconde, et arrive à 90°, prétendent les ouvrages de physiologie, chez l’Européen adulte ; puis il grandit à nouveau et revient à 140 chez le vieillard. Cette double évolution en sens inverse est absolument en rapport avec l’emplacement qu’occupent les dents dans le maxillaire, minime d’abord, au maximum chez l’adulte, et de plus en plus faible à mesure que les dents tombent et que le bord alvéolaire s’atrophie. La liste ci-après de mesures extraites de la thèse de M. Renard montre ce qu’il faut en penser.
Mesures de la mandibule (Renard).
Largeur
Indice
de la branche postérieure.
An gle
bigoniale.
bicondylienne.
goniaque.
20 Méditerranéens. . . .
99mm
122mm
13 Mérovingiens .
7 Berbers .
7 Parias de l’Inde. . .
15 Égyptiens .
4 Malais . .
5 Polynésiens .
10 Chinois, etc .
5 Usbecks .
23 Nègres d’Afrique..
17 Néo-Calédoniens...
13 Néo-Hébridais .
La contradiction entre les chiffres précédents et ceux admis chez l’adulte pour l’angle de la mâchoire est si extraordinaire que je crois utile de reproduire les chiffres que Broca a obtenus lui-même sur un petit nombre de pièces à titre de commencement.
Topinard. — Anthropologie.
G n API THE XXVI.
Angle de la mâchoire (Bvoca).
Hommes.
8 Bas-Bretons . 130° 0
4 Auvergnats . 127 0
6 Américains méridionaux. . 122 8
10 Nègres d'Afrique . 120 4
5 Gaulois . 120 0
4 Canariens . 117 7
4 Mongols . . . 115 7
2 Esquimaux . . . 1 1 5 5
3 Caverne Homme-Mort 115 5
3 Dolmens Lozère . 115 5
5 Guanches . 113 4
Femmes.
4 Esquimaudes . 132 2
4 Mongols . 121 7
3 Négresses . 122 0
Il résulte de la liste de M. Renard que l’ouverture de l’angle de la mâchoire varie d’une façon très remarquable suivant les races, mais qu il faut avoir soin dans cette étude de mettre de côté à la fois les sujets non certainement adultes, les sujets séniles parleurs dents, et les femmes qui ont cet angle toujours plus élevé que l’homme et les rapprochant de 1 enfant par là comme par tant d’autres caractères crâniométriques.
En somme, l’angle réputé droit de la mâchoire inférieure ne se rencontre chez l’adulte, ni dans les moyennes, ni chez les individus ; les plus faibles dans les mesures de M. Renard sont de 105° chez un Néo-Calédonien, de 106° chez un Usbeck, de 108° chez un Américain, etc.
Caractères harmoniques. — Nous avions le projet d’ouvrir ici , à la suite des caractères physiologiques, zoologiques, esthétiques et indifférents à présent terminés, un chapitre pour les caractères harmoniques, c est-à-dire se montrant parallèlement en vertu d’une influence générale commune ou prédominante de l’un d’eux; et par conséquent pour les caractères inverses ou disharmoniques. Ils nous auraient conduits à la distinction des caractères en primaires et subordonnés et à celle des types de race en francs et naturellement antérieurs, et contradictoires, accidentels ou postérieurs. Mais je m’aperçois que j’ai empiété un peu partout sur ce sujet et que forcément je ne ferais que me répéter. Je me bornerai donc à un mot.
L’éminent professeur Kollmann, de Bâle, a cherché, dans ces dernières années, à démêler les differents types des crânes et un peu des vivants du sud de l’Allemagne ; il a abouti à quatre types principaux : le premier dolichocéphale, leptoprosope (crâne long, face longue), le second brachycéphale, chamœprosope (crâne large, face courte), le troisième dolichocéphale, chamoeprosope, et le quatrième brachycéphale, leptoprosope. Ce sont les quatre combinaisons possibles entre les formes principales du crâne et les formes principales de la face. Qu’elles existent, cela ne fait pas 1 ombre d un doute. Dans 1 affolement des caractères qu’engendrent les croisements il est inévitable que ces quatre combinaisons se produisent. Mais sont-elles naturelles, répondent-elles réellement à des types définis