CARACTÈRES HARMONIQUES
de race, sont-elles consacrées à la fois par le temps et par le nombre? J’admets volontiers le quatrième type brachycéphale leptoprosope, mais je le crois le résultat du croisement du Celte primitif brachycéphale avec le Germain primitif leptoprosope ; il répond peut-être à une race en voie de formation ou de fixation dont quelques fractions ont pu se produiie déjà dans le passé, mais je n’en réponds pas. Quant au dolichocéphale chamœprosope, mon expérience personnelle m empêche de 1 accepter dans le temps présent. La figure qu’en donne M. Kollmann se rapporte bien à la mienne de la page 934, fig. 177. Or ce type que je connais s associe dans mon opinion présente à la brachycéplialie , si pai hasaid son indice céphalique s’abaisse parfois un peu, il faut l’attribuer au croisement avec les autres races en présence.
La conception de M. Kollmann, pour moi, est purement artiiicielle. Il compare ses types l’un aux dolichocéphales orthognathes de Retzius, l’autre aux dolichocéphales mesorrhiniens de Broca, et il a raison: de part et d’autre ce ne sont que des associations de termes. Il étend sa doctrine aux races d’Amérique ; il l’étendra, je n’en doute pas, à toutes les parties du monde. Partout il découvrira des indices céphaliques longs et courts (qu’on me permette ce langage), des indices faciaux supérieurs longs et courts, et partout il sera en droit ae reunir sur le papier ces caractères deux à deux et de prétendre que ce sont ses quatre types fondamentaux. Mais ce n’est qu’une conception de l’esprit. Un type se détermine non avec deux caractères de cette façon, mais avec un ensemble de caractères associés sur la grande majorité des crânes ou des vivants d’une série, dans des conditions satisfaisantes d’unité de provenance.
Deux des types de M. Kollmann sont harmoniques, deux ne le sont pas. Je ne nie pas que les types disharmoniques, les Tasmaniens par exemple, ne soient là pour me contredire, mais je soutiens qu’avec eux ii faut être très réservé et qu’ils sont suspects d elre des types secondait es foimés aux dépens des véritables types harmoniques primitifs. L’origine des Tasmaniens se perd dans la nuit des temps, et nous en sommes réduits à des hypothèses sur leur mode de formation. Mais celle du type allemand dolichocéphale chamœprosope n’est pas dans ce cas : les renseignements ne manquent pas sur cette partie de l’Europe, et l’on conçoit difficilement comment il se serait constitué. En revanche, l’origine des brachycéphales leptoprosopes est simple: suivant toutes probabilités, ils se sont formés depuis les temps historiques par l’alliance du type des Reihengraber, non avec celui des Hulgelgraber, mais avec le type pur brachycéphale de la même époque, dont les représentants n’inhumaient pas leurs morts dans des conditions qui nous permettent de les retrouver aujourd’hui (1).
(1) J. Kollmann, Êuropæische Menschenracen , in Mitth. der anthr. Gesellscliaft, Wien, 1881. — Beitr. zu einer Krcvriologie der Europ. Vœlker , in Arch. fur Anthr., 1881.
Les races humaines de L'Europe et la composition des peuples , Assoc. franç. pour 1 avanc.