‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 84 sur 980 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

squelette, sur le vivant. Je me borne à citer une douzaine de mesures par Rollin, le médecin de l’expédition de T.apeyrouse, sur deux Mongols et deux Américains ; mais aucune déduction d’ensemble n’en était résultée.

Les mensurations de White portaient sur 12 squelettes : 9 Européens, 1 Nègre, 1 Anthropoïde, le célèbre pygmée de Tyson et le singe, et sur 62 sujets vivants; 12 Européens et 50 Nègres. Comme longueur du bras il prenait avec un compas d’épaisseur de la dépression sous-acromiale répondant à la tête de l’humérus au sommet de l’olécrane, l’avant-bras étant fléchi à angle droit. Comme longueur de l’avant bras il prenait le cubitus* de l’olécrâne à l’apophyse styloïde. La première mesure n’était pas régulière, mais il n’y avait pas d’inconvénient à ajouter l’épaisseur de l’olécrâne puisque, disait-il, les Européens et les Nègres sont mesurés dans les mêmes conditions. Le résultat fut constant, les Nègres avaient l’avant-bras plus long; ce qui les place par ce caractère, sur lequel Broca a insisté plus tard, entre l’Européen etles singes. White ne rencontra qu’une exception, mais en dehors de sa série, sur un squelette de l’hôpital Saint- Barthélemy, à Londres, dont les proportions étaient celies de l’Européen.

Mais ce qu’il y a de curieux, c’est que non seulement White n’a pas eu recours aux moyennes, mais qu’il ne semble pas même avoir calculé ses rapports. En comparant des sujets à peu près de même taille, dit-il, j’ai toujours trouvé l’avant-bras du Nègre plus long. Quoi qu’il en soit, White doit par là être considéré comme le fondateur de l’anthropométrie en l’année 1799.

Enfin une dernièTe branche de l’anthropologie prit naissance avant que l’heure du dix-neuvième siècle n’eût sonné. L’homme zoologique et plus particulièrement physique était cultivé par les naturalistes et par les médecins ; l’homme social, déjà distingué par Kaimes, devint l’objet d’une Société spéciale, la première fondée afférente à l’anthropologie : la Société des observateurs de l'homme , née sans doute en 1799, et dont Jauffret fut secrétaire général. Le mot d’ethnographie, né quelques années après, n’y était pas prononcé, mais le plan complet de cette branche importante en était tracé dans une Instruction aux voyageurs, préparée spécialement pour Baudin et Levaillant, que la Société publia en 1800. Cette instruction remarquable et étendue a été reproduite, in-extenso , dans le volume de 1883 de la Revue d' anthropologie, page 132. Elle s’inspire des idées philanthropiques et naturalistes que les écrits de Rousseau et la description de la Nouvelle-Cythère (Taïti) par Bougainville, avaient mises en vogue (1).

(1) J.-M. Dégerando, membre de l’Institut, Considérations sur les méthodes à suivre dans V observation des peuples sauvages. Extrait des procès-verbaux des séances de la Société des observateurs de Lliomme. Certifié conforme, 28 fructidor an VIII, par L.-F. Jauffret, secrétaire perpétuel de la Société.

« La science de l’homme, y est-il dit, est une science naturelle, une science d’observation, la plus noble de toutes. »

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