‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 851 sur 980 · MÉTHODE DES PROJECTIONS SUR LE VIVANT · texte numérisé non relu

MÉTHODE DES PROJECTIONS SUR LE VIVANT

ci. Il n’y a nul motif pour mesurer l’ovoïde crânien dans la position qu’il occupe au sommet de la face; c’est la masse et le volume du cerveau qu’il contient, qui gouverne la forme de cet ovoïde. Mais il est rationnel, au contraire, que la face qui est le réceptacle des sens et dont la position par rapport à l’axe naturel du corps est l’une des conditions physiologiques, soit mesurée dans cette condition. On ne conçoit pas les orbites de l’homme et les yeux qu’ils renferment, les fosses nasales et l’auvent qui s’avance au devant d’elles, la bouche et les arcades dentaires, autrement que dans l’attitude où nous avons l’habitude de les voir. Il n’y a pas de comparaison à établir entre eux et le cerveau et son enveloppe sous ce rapport.

Plus tard, nous parlerons des caractères tirés de l’examen des proportions du corps. Nous verrons que tantôt on agit en comparant une partie à une autre arbitrairement, l’avant-bras par exemple au bras, comme au crâne le diamètre antéro-postérieur au transverse, pour en obtenir un indice antibrachial, comme on obtient l’indice céphalique; tantôt on prend une seule mesure étalon comme la taille, et on lui compare toutes les autres successivement, de façon à embrasser tout le corps d’un coup d’œil et à reconstituer sans enchevêtrement ni contradiction le canon total soit de l’individu, soit du type de race étudié. Le voyageur qui observe un indigène et lui trouve les membres longs, la tête haute, rapporte eu effet son impression à la longueur totale du corps, de même qu’en parlant de la hauteur de la portion du visage sous-jacente à la base du nez, il prend la tête dans sa totalité pour terme de comparaison.

De là la nécessité d’une conduite différente lorsqu’on a à faire son choix entre les diverses mesures possibles. L’anatomiste songe au squelette sur lequel il travaille sans cesse; l’anthropologiste, sur le vivant, doit songer aux sujets circulant et aux voyageurs chargés de les décrire aussi bien que de les mesurer, et ayant besoin que les trois: impressions, descriptions et mensurations concordent.

La méthode que je substitue à l’ancienne pour la mensuration de la tête sur le vivant repose sur ces principes. Elle songe au voyageur, vise à l’unité et s’inspire des appréciations des artistes plus familiers que la plupart des anthropologistes avec l’examen morphologique de la tête comme du corps. C’est la méthode des projections, dans toute sa rigueur.

Elle n’est pas nouvelle, elle remonte à Yitruve et à tous ceux qui ont cherché à donner des règles pour la répartition des divisions principales de la tête vue de face. Elle a été dans une certaine limite employée par l’expédition de la Novara avant que le système anatomique exclusif n’ait prévalu dans les Instructions en vogue, et par Quételet, le fondateur du mot Anthropométrie. La seule nouveauté que j’y aie apportée est l’emploi d’un instrument spécial, Y équerre céphalométrique dont j’avais entrevu l’application dans les ouvrages de Quételet et de Roberts et avec laquelle je prends

Page 1