CORPS. — CARACTÈRES DESCRIPTIFS. 10H
Qui n’a observé dans les salons la ligne verticale postérieure allant du dos à la nuque et ses différences très grandes constituant sûrement des caractères de races. Jamais on ne pourra rendre ces distinctions avec des chiffres et beaucoup d’autres dont la description demande beaucoup de place. Et cependant il y a là toute une mine à exploiter par l’anthropologie.
Au tronc, se rattache la double courbure dorso-lombaire, et Yensellure dorso-lomb o -sacrée sur laquelle Duchenne (de Boulogne) a attiré l’attention. Celle-ci est plus prononcée dans les races brunes méridionales de l’Europe par comparaison avec les races blondes et cela dans les deux sexes. Elle est naturelle et accidentelle, c’est-à-dire consécutive à la grossesse, à la stéatopygie, à l’obésité abdominale. Tout est à faire sur ce sujet. La première chose serait d’imaginer un procédé de mensuration : une ligne tangente au maximum du dos et au maximum du sacrum étant tirée, la plus grande profondeur de la courbe en question par rapport à cette ligne, serait la mesure de l’ensellure.
Dans la même région ou plus bas on observe une disposition plus ou moins accentuée des reins qui mérite aussi considération. C’est soit un aplatissement général de la région sacro-iliaque qui forme comme un quadrilatère à bords droits, verticaux et parallèles, très écartés, soit une surface étroite, saillante sur les côtés, déprimée verticalement au milieu; ces deux aspects opposés également caractéristiques tiennent entre autres choses à l’effacement ou au développement de l’épine iliaque postérieure et des bords voisins de l’os iliaque.
Mais le caractère typique de ce côté est la stéatopygie (fesses graisseuses). Il est dû à la distension des alvéoles du tissu cellulaire souscutané des fesses par une série d’amas graisseux qui donnent à l’ensemble, à la coupe, l’aspect d’un lipome. La masse entière de la Vénus Hottentote conservée au Muséum, a 16 centimètres de longueur sur près de 10 de largeur et 14 d’épaisseur. M. Rochebrune a mesuré sur le moulage de la Vénus la saillie des fesses à l’aide d’une « circonférence » allant d’un grand trochanter à l’autre en passant par les points les plus proéminents en arrière, et l’a comparée à la même mesure sur 150 Négresses Yoloff et autant d’Européennes, affirme-t-il. La moyenne de l’Européenne étant de 644 millimètres et celle de la Yoloff de 678, la circonférence de la Boshimane était de 791. La figure 208 est un exemple de stéatopygie typique.
Du reste, les mesures de M. Rochebrune prouvent déjà que des fesses ethniques des Boshimanes aux fesses grosses ordinaires et volumineuses, tous les intermediaires se rencontrent. Il y a des Européennes qui méritent relativement d’être qualifiées de stéatopyges. Les négresses d’Afrique un peu partout sont occasionnellement dans le même cas. Vers la pointe d’Aden, parmi les Somalis, M. Revoil et d’autres avant lui ont rencontré et photographié des cas chez lesquels l’épithète était absolument légitime.