‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 875 sur 980 · HUMÉRUS PERFORÉ · texte numérisé non relu

HUMÉRUS PERFORÉ

squelette seulement après. Mais d’une part l’anatomie comparée, à. laquelle depuis vingt ans se consacre M. Chudzinski au laboratoire Broca, ne rentre pas, d’après nos conventions du vivant de Broca, dans la circonscription de mon cours, de l’autre le squelette à titre de charpente du corps, autour de laquelle se groupent les muscles, s’impose immédiatement comme la source de renseignements la plus pressante et la plus féconde dans la phase de l’évolution de la science que nous traversons.

Caractères descriptifs des os. — Cet envahissement de l’anthropométrique sur le descriptif, limite considérablement le champ inscrit sous ce nom mais ne l’anéantit pas.

Les premiers caractères descriptifs qui, sur les os longs, aient attiré l’attention dans l’étude des races humaines, sont d’une part la perforation de la cavité olécranienne de l’humérus, et de l’autre une série de particularités du fémur, du tibia et du cubitus observées à l’origine sur les ossements des Eyzies.

Humérus perforé. — La perforation de la cavité olécranienne avait été signalée à titre d’anomalie, en anatomie ordinaire par Meckel, Cruveilhier, Sappey, et comme caractère de race (chez les Guanches et les Boshimans) par Desmoulins en 1826, lorsque Broca et Bataillard attirèrent l’attention en 1865 à la Société d’anthropologie sur sa plus grande fréquence dans les ossements de la pierre polie d’Orrouy. Deux ans après, en 1867, au Congrès international d’anthropologie de Paris, à propos d’une communication de M. Gharvet, une discussion s’établit sur le sujet.

Est-ce un caractère naturel, propre à certaine race ancienne; ou bien la simple communication accidentelle de deux cavités : l’olécrânienne au fond de laquelle repose le bec de l’olécrane dans l’extension du coude et la coronoïdienne, contre laquelle se heurte le bec de l’apophyse coronoïde du cubitus dans la flexion brusque de l'avant-bras (voir figure 223)? Un allongement de quelques millimètres du bec de l’olécrane suffirait à l’expliquer, La règle sur l’os sec, c’est qu’on voit le jour à travers la mince lamelle qui sépare les deux fosses. Parfois un trou vasculaire passe de l’une à l’autre. La perforation proprement dite varie de 1 à 10 millimètres; les plus belles sont allongées transversalement. Mais à l’état frais elle passe inaperçue : les deux lames opposées du périoste s’adossent et obturent l’orifice. Remarquons enfin qu’une perforation accidentelle posthume peut être prise aisément pour une perforation naturelle; que l’attention ayant été attirée sur ce caractère, on ramasse de préférence dans les fouilles les extrémités supérieurs offrant cette particularité ; 3° que cependant l’affaiblissement de l’os en ce point le rend plus destructible, parconséquent, plus rare dans les fouilles que les autres ; ce qui compense pour la tendance précédente.

Sous ces réserves pour les humurus provenant de fouilles, voici quelques statistiques qui valent mieux que tous les raisonnements.

Page 1