HISTORIQUE. — PRICHARD
de l’une et le caractère relativement permanent de l’autre est donc très subtile dès qu’on veut procéder à la démonstration de l’une ou de l’autre.
Dès lors Prichard passe en revue un à un tous les caractères d’ordres physique, physiologique, psychologique et pathologique (comme dans la division des caractères par Blumenbach), étudie l’étendue de leurs variations et leur degré de fixité ou d’instabilité chez les hommes, et les compare avec les caractères correspondants chez les animaux.
En face de l’insuffisance patente du point de vue morphologique pour distinguer l’espèce de la race, on devait s’attendre à voir Prichard s’emparer avec bonheur du critérium proposé par Buffon, de la fécondité entre individus de même race et de la stérilité entre individus d’espèces différentes. Il n’en est rien. Il suit Blumenbach. John Hunter, dit-il, est l’auteur de cette doctrine (et non Buffon), mais Rudolphi lui a opposé un tel ensemble de faits contraires obtenus par la main de l’homme qu’on ne peut s’empêcher d’être ébranlé.
En ce cas comment expliquer que les espèces se maintiennent? Il faut cependant qu’il y ait un obstacle à leur entre-croisement et à leur fusion. Par la répugnance à copuler ensemble, que témoignent dans l’état de nature les individus d’espèces opposées, répond Prichard. Aidées par la main de l’homme les espèces s’unissent cependant, des hybrides quelquefois fertiles se produisent, mais rien de pareil n’a lieu à l’état sauvage, il ne s’y produit pas de rapprochement sexuel, et s’il a [lieu par hasard, les hybrides sont stériles, la lignée ne se soutient pas, elle revient au type de l’une des souches ancestrales.
Se reportant à l’homme, il montre alors ses races se croisant partout avec facilité et donnant lieu non seulement à des hybrides, mais ceux-ci à leur tour et entre eux à des produits indéfiniment féconds. Exemple entre autres : les Griquas ou Bastards du cap de Bonne-Espérance issus de l’union des Hollandais avec les nègres des rives du fleuve Orange.
En résumé, pour Prichard: l°les variétés ne diffèrent pas dans des limites plus étendues chez l’homme que chez les espèces animales, par les caractères physiques aussi bien que par les caractères physiologiques ; 2° les races humaines présentent les mêmes maladies sauf les différences locales provenant du climat; 3° les races croisées chez l’homme sont aussi prospères que les races mères dont elles proviennent; 4° les différences psychiques observées dans l’humanité ne sont pas plus grandes que celles qu’on observe chez les animaux dans le sein d’une même espèce ; 5° par conséquent les différentes races dispersées à la surface du globe sont des variétés permanentes dans le sein d’une espèce humaine unique, ce qui est conforme à ce qu’enseigne l’Écriture d’un couple unique primitif.
Vers la même époque, et pour plus de précision entre la première et la seconde édition de l’ouvrage de Prichard, un autre médecin, w. Lawrence, demande à être cité. Son ouvrage intitulé V Histoire naturelle de l'homme obtint un grand succès. C’était la substance d’une série de lectures faites