CHAPITRE IV
au Collège des chirurgiens de Londres.il constitue un traité complet d’anthropologie dans lequel l’homme est envisagé à la fois dans ses rapports avec les animaux et dans ses races avec une grande impartialité. L’auteur est monogéniste, mais sous des réserves telles que les polygénistes le réclament souvent comme l’un des leurs. Son livre est le premier que Broca m’ait recommandé de lire à mon début dans mes études d’anthropologie. Ses conclusions ci-après en indiquent l’esprit :
1° Les différences dans l’organisation physique et les attributs moraux et intellectuels qui caractérisent les diverses races de notre espèce sont analogues, comme façon et degré, à celles qui distinguent les races des animaux domestiques et doivent par conséquent être expliquées d’après les mêmes principes;
2° Elles apparaissent à l’origine dans les deux cas comme de simples variations congénitales et naturelles et sont alors transmises aux rejetons suivant la succession héréditaire;
3° Parmi les circonstances qui favorisent la disposition à la production de variétés dans le règne animal se place en première ligne l’état de domestication ;
4° Les causes externes ou adventives comme le climat, l’habitat, la nourriture, le mode d’existence, ont une influence considérable pour modifier la constitution de l’homme et des animaux; mais cette influence, aussi bien que celle de l'art ou d’un accident, est limitée à l’individu, n’est pas transmise par la génération et par conséquent n’affecte pas la race ;
5° L’espèce humaine, de même que le bœuf, le mouton, le cheval, le cochon et autres, est donc unique; les différences qu’elle présente ne sont que de simples variétés.
Et plus bas Lawrence ajoute : « Un point cependant nous embarrasse. En nous transportant en arrière au moment où il n’y avait qu’une race humaine et cherchant à nous expliquer comment les autres races sont issues d’elle et sont arrivées à s’en différencier autant, nous ne pouvons aboutir à une décision satisfaisante. Notre embarras reparaît lorsque nous constatons que les races sont aussi distinctement accusées et aussi complètement séparées aux époques historiques les plus éloignées qu’aujourd’hui. La même remarque s’applique aux animaux. En sorte que sur ce terrain rien ne nous empêche de reconnaître l’unité de l’espèce humaine qui ne leur est pas également applicable (1). »
La conclusion ne découle pas des prémisses. Lawrence est au fond pour la permanence des caractères de race, la non- transmission des caractères acquis et la pluralité de races dans le passé comme dans le présent.
Le dernier monogéniste dont nous parlerons et assurément le plus absolu de tous est Nicolas wisemau, évêque de Mélipotamos, homme
(1) Nous avons traduit ce passage mot à mot. W. Lawrence, Lectures on Physiology , Zoology and the natural History of rnan, delivered at the Royal college of surgeons, 18 1 7-
1819, London.