CANONS ALLEMANDS
d’influence que celui de môme nom d’Albert Diirer, Il adopte le nez comme unité de longueur, divise la tête en quatre nez, du vertex au commencement des cheveux, de là aux sourcils, de ceux-ci à la base du nez et de là au menton, et donne au corps entier 32 nez de hauteur, ou 8 têtes pour nous servir du langage adopté.
Nous ne suivrons pas les nombreux canons proposés et renvoyons au livre de Quételet sur le sujet. En Allemagne, si on laisse de côté une série d’auteurs plus ou moins fantaisistes, parmi lesquels Bergmuller, Lichtensteger, Zeisving et même Carus, les plus importants sont Shadow, de Berlin, au commencement du dix-neuvième siècle, et Liharzik, de Vienne, en 1838 (1). Le premier a consacré sa vie à la question et suivi les proportions à vingt-cinq époques ou étapes, de la naissance à la tombe, mais en ne s’appuyant, paraît-il, que sur un seul individu de choix à chaque étape. Ce sont les chiffres bruts qu’il donne; en les calculant, on voit que la tête y est la septième partie et un quart du corps, le visage et la main la dixième, le pied la sixième et demie, et que le centre du corps est au pubis.
Liharzik a procédé plus rigoureusement. En sept ans il a mesuré 300
sujets et formulé entre autres les propositions suivantes : La distance au-
dessus est à la distance au-dessous du pubis comme 81 : 94. La longueur de
la coudée est à la longueur du bras comme 91 : 63. La hauteur de la tête
et du cou réunis est à celle du corps comme 33 : 173. La longueur du
pied est égale à celle de l’avant-bras. La longueur de la main est égale à
celle de la clavicule; l’une et l’autre sont égales aux six septièmes de
l’avant-bras ou au deux tiers de l’humérus. La distance du milieu du
corps à l’extrémité du médius est égale à la moitié de la taille.
En France, J. -B. Corneille, Gérard Audran, Houdon, Horace Vernet et surtout Gerdy, s'attachèrent aux proportions du corps (2). Ce dernier, professeur d’anatomie, populaire parmi les élèves de l’École des Beaux- Arts, s’est attaché surtout à trouver des proportions simples et faciles à formuler, qu’il a obtenues du reste à l’aide de mensurations et qui se résument ainsi : La tête est la huitième partie du corps. Le tronc comprend trois têtes, la première du menton au mamelon, la seconde du mamelon au nombril, la troisième de celui-ci au pubis. Le membre inférieur en comprend quatre: deux du pubis à l’épine du tibia au-dessous du genou, et deux de cette épine au sol. Le membre supérieur en contient trois et un quart
(1) Cari. Carus. Die proportion lehre der menschlichen g estait. Leipzig, 1854. — J. Godefroy Shadow, Polgclet ou théorie des mesures de l’homme selon l’âge et le sexe,
Berlin, 1834. Liharzik. Das Gesetz der menschlichen Wachsthums (La loi de croissance
et la structure de l’homme). Vienne, 1858.
(2) Jean Cousin, Livre de pourctraiture par maistre Jean Cousin, peintre géométrien. Paris 1571. — G. Audran. Les proportions du corps humain mesurées sur les plus belles figures de l'antiquité , 1680, in-folio. — P. -N. Gerdy, Anatomie des formes extérieures du corps humain. Paris, 1869. — Dechambre. Art. Anatomie des beaux-arts, Encycl. de méd., 1866. — Ch. Blanc, Grammaire des arts du dessin. Paris, 1876, etc.