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CHAPITRE XXXI

savoir : une de l’épaule à la saignée, une de la saignée au-dessus du poignet et une de ce point à l’extrémité du médius.

L’École française semble s’en être tenue cependant au canon de Cousin, légèrement modifié par Blanc comme il suit: La figure totale debout étant divisée en trente parties, quatre, équivalant à la septième partie et demie déjà taille, sont attribuées à la tête, neuf au tronc de la fourchette sternale aux parties génitales, deux au cou, et le reste, savoir quinze parties, aux membres inférieurs dont six pour la cuisse des parties génitales au-dessus du genou.

Tête .... | Cou .

Tronc . . . j

Membre ) inférieur. I

Membre / supérieur (Cousin). (

Id. (

(Gerdy). J

Divers.. .

Canon des ateliers (Ch. Blanc, etc.). Taille =:

Vertexà naissance des cheveux .

1 nez (1)

Naissance des cheveux à la racine du nez.

Racine du nez à sa base . .

Base à menton .

Menton à fossette sternale .

1/2 tête.

Fossette à bord des muscles pectoraux..

1 visage.

Pectoraux à nombril . .

Nombril à la racine de la verge .

Verge à dessus du genou .

1 tête 1/2

Genou .

1 /2 tête.

Dessus du genou à cou-de-pied .

1 tête 1/2

Cou-de-pied à sol .

1/2 tête.

Épaule au haut du poignet. . .

2 têtes.

Poignet . . .

1 /4 tête.

Main .

1 visage.

Épaule à coude . .

1 tête 1/4

Coude à haut du poignet .

Main et poignet . .

Grande envergure . = Taille.

Largeur maximum des épaules.. = 1/4 de taille (Blanc).

— — des hanches.. = 1/5 de taille (Blanc).

Clavicule à pubis, ou tronc . )

Os iliaque à rotule, ou cuisse... j sont égales (Cordier). Rotule à sol, ou jambe . J

Les auteurs qui précèdent étaient des artistes pratiquant ou s’inspirant des vues des artistes et sont passibles des mêmes remarques. Leurs canons sont bien, ainsi que l’indique leur nom, des règles pourarriver à établir la figure humaine dans des conditions convenables, mais il n’y faut pas voir autre chose. Ce qu’on a cherché avant tout, c’est une formule simple, l’anatomie est sacrifiée outre mesure. Blanc place la séparation de la

(1) Le nez, dans le canon de Blanc, est la 30e partie de la taille = 3.33. Le nez, dans elui de Cousin, est la 32e, = 3.124. La tête, dans celui de Gerdy, = 12.5.

CANONS FRANÇAIS. lut)1

cuisse et de la jambe au-dessus du genou, Gerdy au-dessous, et d autres à la rotule. Ce qu’on donne, ce sont des proportions approximatives, sachant qu’on ne les prendra pas à la lettre.

Les procédés employés de mensuration sont à peine indiqués par ces auteurs : la règle, le compas ou le ruban, sans qu’ils se doutent que la même mesure ne donne pas le même résultat avec chacun de ces instruments. La notion même de points de repères anatomiques n existait pas chez eux, ils prenaient au gré de leur sentiment l’endroit où paraît se faire la flexion et se former tel pli dans les mouvements qu ils trouvent les plus caractéristiques. Pourlimite supérieure de la main, ils choisissent 1 endroit qui leur semble le meilleur, sans se dire que le poignet présente trois lignes articulaires transversales, auxquelles correspondent des plis cutanés entre lesquels il faut choisir, et sans indiquer celui qu ils ont préféré ? Lst-il certain même qu’ils s’entouraient de toutes les précautions pour mesurer convenablement, pour allonger normalement les parties et les placer symétriquement par rapport à l’axe du corps, toutes choses qui modifient les mesures du tout au tout. La meilleure preuve qu on ne peut se fier aux canons institués par les artistes, c’est que la même statue mesur ée par des auteurs différents n’a pas donné les mêmes proportions. Telle est la Venus de Médicis mesurée à la fois par Audran et Shadow, 1 Antinous et 1 Apollon du Belvedère mesurée par Audran et Quetelet, sans parler des proportions des mêmes statues obtenues par d’autres que je n’ai pu vérifier.

D’autre part les auteurs de ces canons choisissaient leurs sujets. « Alberti, dit un ouvrage italien publié à Milan en 1804, prenait des modèles réputés beaux et régulièrement construits. Il les a mesurés et comparés, il a négligé tout ce qui était en excès en plus ou en moins et il s’est efforcé d’arriver à une moyenne parmi les plus belles. » Dans ces conditions le canon n’est plus l’expression de la nature mais le reflet de la manière particulière de voir de l’auteur. A plus forte raison en est-il ainsi lorsque les mensurations ne portent que sur un seul sujet choisi

avec un plus grand soin.

Enfin ces auteurs partent du principe que tous les hommes sont semblables ou ne diffèrent que par leur proximité de ce qu ils appellent le beau. Ils ne se disent pas que l’Allemand, l’Italien, le Français n ont pas le même type de proportion, et que dans un même pays des types fort différents se rencontrent également bien conformés.

Ce que les canons artistiques ont bien compris et ce dont l’anthropologie nes’estpas inspirée jusqu’ici, c’est quela taille seule suffit déjà en dehors des influences de races pour donner naissance à des proportions harmoniques. Ce qu’ils ont de bon, ce sont certaines de leurs divisions naturelles du corps que l’expérience a démontré être profitables dans la pratique. Ainsi la division de la tête vue naturellement dans son attitude droite, en quatre parties, la séparation du bras, de l’avant-bras par le pli de la saignée ou le sommet du coude et non par une petite tubérosité

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