‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 960 sur 980 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

posent pas sous la forme hiérarchique que nous paraissent fournir les races correspondantes, lorsque nous nous appuyons sur leur état intellectuel ou leur beauté physique. La série n’existe que pour certains caractères uris à part sans qu’il y ait de parallélisme évident entre les diverses échelles ainsi établies. L’Esquimau, si nous devons en juger par les cas que nous en possédons, serait au-dessus de l’Européen par son bras, tandis que l’Iroquois serait au-dessous du nègre par ce même bras. Certains groupes européens parla longueur de l’avant-bras touchent à ces nègres, tandis que certains groupes de ceux-ci vont se confondre avec les Européens. La plupart des proportions échappent à toute explication et sont indifférentes. La tête grosse, le tronc allongé des races jaunes, leurs jambes courtes ne se prêtent à aucune gradation. La plus inférieure des races humaines sous tant de rapports, la race boshimane, a des proportions supérieures et les plus petites mains qui existent. Et cependant il y a un type général plus répandu dans les races jaunes, un type général plus répandu dans les races nègres.

Mais en même temps tous les types, généraux ou secondaires, sont aisément réductibles à un seul. Ce queBlumenbach faisait avec les formes de la tête s’obtient plus facilement avec les proportions du corps. En allongeant légèrement ceci, diminuant un peu cela, on arrive à concevoir tout ce que l’on a sous les yeux. Ce qui ramène à l’idée de Quételet que la diversité dans les proportions est individuelle et due à des variations s’engendrant elles-mêmes autour d’un type central et unique : tout ce qui peut se faire se ferait.

A quoi nous répondrons que c’est exact, que le milieu et le genre de vie, agissant de même pendant l’enfance sur toute une masse d’individus soumis aux mêmes influences, tend à imprimer une même direction à ces variations individuelles; que les alliances de ces individus entre eux tendent forcément à confirmer et perpétuer ces variations; que par là ils sont semblables entre eux d’une manière générale et différents de ceux exposés à d’autres influences; et qu’ainsi naissent la diversité et la fixité des types. La force mystérieuse qui maintient les autonomies zoologiques est une hypothèse, il n’y a de vrai que l’hérédité, favorisée dans un certain sens et confirmant des acquisitions individuelles dues primitivement au hasard . Les proportions du corps sont des caractères aussi permanents que les autres, mais pas davantage.

11 est donc parfaitement possible que tous les types que nous démêlons au milieu des variations individuelles, les actuels comme les anciens, soient réductiblesà un type uniqueetpuissent par conséquent en dériver. Mais cela n’empêche pas que dans la couche des temps sur laquelle portent nos investigations il n’existe des types multiples bien arrêtés qu’on ne peut confondre. Ce qui en tout cas reste du domaine de l’imagination la plus éthérée, c’est la conception en faveur de l’Européen et en dehors des lois de la physiologie et de l’adaptation des formes à ces lois,

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