UNITÉ OU PLURALITÉ DES TÏPES DE PROPORTIONS
d’un idéal de proportion répondant à ce que les artistes rêvent comme la plus haute et la seule expression du beau.
Nous serions au terme de notre tâche si, après avoir passé en revue la voie dans laquelle a marché jusqu’ici l’anthropométrie et exposé les questions que soulève cette branche de l’histoire naturelle de 1 homme, il ne restait à se demander si tout est pour le mieux dans la marche suivie jusqu’à ce jour.
Le fait le plus saillant qui se dégage malheureusement de notre examen, c’est que les mensurations sur le vivant qui exigent un temps considérable et au loin ne sont pas toujours exemptes de danger pour le voyageur, ne donnent pas les résultats qu’on serait en droit d en attendre ; et que cela résulte d’un défaut d’entente de la part des anthropologistes, de la complexité de mesures demandées au même titre à tous, et peut-être aussi de l’absence de plan général conduisant à un but défini.
Encouragés par les affirmations fermes d’observateurs éminents comme Quételet, Gould, Schultz, Weisbach, Broca, nous avons été d étape en étape, nous imaginant comme eux, mais en ne nous bornant pas à nos propres mensurations, que nous arriverions à une conviction arrêtée sur les proportions les plus importantes. Il n’en a pas toujours été ainsi, et notre progression a été pénible ; le doute surgissait, nous hésitions à chaque pas à attribuer les différences accusées à des distinctions réelles de race, d’âge, de sexe, aux divergences de procédés ou au hasard. Nous avons essayé, en compilant toutes les données de la science, d’établir un canon européen et de jeter les bases de quelques autres; mais au fond nous devons avouer que nous n’avons peut-être pas fait mieux que les artistes que nous voulions renseigner.
Cet état ne peut subsister, il faut réduire le nombre des mesures, les rendre accessibles à tous, les choisir en vue d’un plan général qui nécessairement doit conduire à la reconstitution de la figure humaine, en sorte qu’un jour sur un album on ait la série des types des races humaines suivant les âges et dans toutes les conditions donnant des différences; il faut surtout fixer des points du repère sur lesquels il ne puisse y avoir de malentendus, et au besoin même employer des artifices ou moyens indirects, qui entre les mains de tous rendent ce qu’on cherche ; il faut enfin se pénétrer de l’idée que l’anthropométrie doit être menée comme une opération mathématique ou qu’il faut y renoncer.
On part en effet d’un principe faux, c’est que les différences cherchées sont grandes, assez grandes pour être décelées avec facilité par les mensurations ; on croit que sans préparation, avec de l’intelligence, on peut sans peine prendre toutes les mesures, les plus simples comme les plus difficiles et par conséquent se confier presque à tout le monde.
C’est une erreur absolue, spécialement avec les méthodes que les Instructions^ plus récentes ont popularisées. Ce que nous avons dit delà