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CHAPITRE XXXIÎ

directement d’un point de repère à l’autre en négligeant les causes d’erreur qui en peuvent résulter et tenant l’approximation pour suffisante. Dans

1 autre, on procède avec toute la rigueur qu’exige la méthode par projection.

Le ruban métrique est incompatible avec cette dernière, il ne doit figurer dans la boîte des voyageurs que pour les circonférences, par exemple pour la circonférence horizontale passant par les mamelons puis carrément sur les omoplates; pour la circonférence par la ceinture chez les sujets non obèses; les circonférences sus-malléolaire

et mollet maximum donnant la saillie du mollet; les circonférences au niveau n une articulation et à l’endroit maximum du membre pour avoir la grosseur ou la finesse des articulations. Les Instructions du Muséum de Paris en recommandent 6, en comprenant la circonférence horizontale delà tête. Quételet est allé jusqu à 17, savoir 2 pour la tête, 1 pour le cou, 4 pour le tronc et le reste pour le corps.

Mais le ruban est mauvais pour les longueurs, il suit forcément les reliefs musculaires et donne des mesures trop fortes qui varient avec l’embonpoint et la musculature du sujet. Aucun de ceux qu’on trouve dans le commerce n’est satisfaisant: les uns, métalliques, s’allongent ou se raccourcissent avec les variations de température, et donnent des différences considérables d’une saison à l’autre ; les autres, en fil ou en toile, s’allongent plus ou moins suivant le degré de traction qu’on opère involontairement sur eux. Ainsi, au procédé de Berlin et du Muséum de Paris pour mesurer la longueur du bras étendu horizontalement de 1 acromion à 1 extrémité du médius, il y a trois objections : la première c’est que dans cette situation le membre est raccourci de toute la quantité dont 1 humérus plonge dans 1 aisselle en dedans de l’acromion ; la seconde c est que le ruban est à la fois oblique et soulevé par les reliefs musculaires, la tioisième c est que le ruban s’allonge d’une quantité variable, que 1 opérateur n est pas libre de graduer. Les craniologistes qui prennent la circonférence horizontale du crâne savent très bien que les différences résultant del’extensibilité du ruban s’élèvent à 5 millimétrés et 1 centimètre et que 1 adhérence du ruban aux parois arrondies du crâne n empêche pas cet allongement facultatif. Mais quand le ruban

Fig. 215. — Avant-bras A en supination et B en pronation. R, radius, mobile autour de ü, cubitus; sans que la distance de la tête du radius, à son apophyse styloïde, en soit changée.

PROCÉDÉS ANTHROPOMÉTRIQUES. 1113

se tend comme dans le procédé ci-dessus pour la longueur totale du membre supérieur, l’allongement peut être énorme. Avec les rubans durs en cuir, un autre défaut se présente : ils s’appliquent mal, ils appuient tantôt sur un bord et tantôt sur un autre, la convexité des surfaces exagère leur inconvénient. Broca, frappé de ces divers défauts, prescrivait de ne se servir que des rubans souples et gommés communs, que l’on vend à Paris dans toutes les boutiques de mercerie. Leur prix, nul en quelque sorte, fait, disait-il, qu’on peut en avoir à discrétion et les jeter dès que l’enduit qui les imprègne est tombé. Mais ces rubans sont peu exacts, leur gomme s’écaille vite et ils ont, bien plus que ne pensait Broca, le défaut qu’il voulait éviter.

Sauf donc dans les circonférences où il n’y a pas d’autre moyen et où l’objection principale de donner une ligne courbe disparaît, le ruban doit être, en principe général, banni de l’anthropométrie. Les différences qu’il donne peuvent dépasser celles qui caractérisent les races humaines.

Le second procédé par la méthode directe est celui du compas à branches droites ou courbes. Dans les mesures transversales du tronc il ne souffre aucune objection et est la perfection, à la condition que les parties soient symétriquement placées et qu’on procède entre deux mêmes points, comme les épines iliaque antérieure et supérieure, la face externe des grands trochanters, les deux angles de la mâchoire, etc. Dans quelques cas de mesures longitudinales des membres, ou mieux de leurs os longs, il est encore bon ; ainsi lorsque les points opposés de la mesure sont les extrémités mêmes de l’os du même côté, de façon que la ligne tendue entre elles passe par le grand axe de la diaphyse, ou lui soit parallèle. Exemple: la longueur du tibia de l’interligne articulaire interne du genou au sommet de la malléole interne, celle du cubitus du sommet de l’olécrane au sommet de l’apophyse styloïde interne, celle du radius de la cupule à son apophyse styloïde externe.

La méthode directe, étant plus facile et plus simple que la méthode indirecte de la Société d’anthropologie, a toujours séduit l’anatomiste familier avec les points de repère du squelette, qui dans les attitudes à volonté ne sont pas plus difficiles à trouver pour lui que dans l’attitude naturelle symétrique. On peut la lui concéder avec empressement lorsque les points de repère sont sur le même os, mais non lorsqu’ils sont sur des os différents, car alors les rapports des parties et par conséquent les longueurs changent. Qu’il adopte la méthode directe pour la longueur du fémur du grand trochanter à l’interligne articulaire du genou, ou de l’humérus de l’acromion à la cupule du radius, ou de la main du poignet au bout du médius, nous n’y voyons non plus aucun inconvénient, à la condition expresse de rester dans la règle, c’est-à-dire de placer la tige de l’instrument parallèle à l’axe du membre, autrement dit de se soumettre à la méthode des projections. Il ne faut pas oublier l'objectif: l’unité des mensurations prises par les uns

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