CHAPITRE XXXII
Dans le premier cas le sujet est placé debout dans la position du soldat sans arme, droit, la tête de face, les bras tombants, devant une planche verticale comme dans l’anthropomètre américain de Bâche et dans l’anthropomètre de Mathieu.
Dans l’anthropomètre de Bâche, une série d’équerres au nombre de 9, perpendiculaires au plan, postérieur glisse sur ce plan, une s’abaissant sur le vertex, une s’élevant entre les jambes jusqu’au périnée, une entre les jambes s’arrêtant au niveau de la rotule, une paire se fixant sur les côtés du cou pour en donner la largeur, une autre aux hanches, une autre voyageant le long et en dehors du membre supérieur. Le plan
postérieur porte des graduations verticales et transversales aux endroits voulus. Le sujet se retire et on lit les indications. On dirait un appareil de démonstration de la méthode.
Dans l’anthropomètre Mathieu, une même équerre glisse le long d’une tige verticale graduée adossée au plan postérieur, laquelle équerre en porte une autre à angle droit, dont l’extrémité va à la rencontre des points de repère antérieurs que l’on ne peut atteindre directement avec la première équerre. L’instrument est correct en principe, mais il est mal construit , je ne le recommande pas (fig. 216).
Broca, à la suite, a imaginé la planche anthropométrique qu’on suspend au mur. Une semblable équerre glisse cette fois avec exactitude dans une coulisse verticale ; une seconde équerre comme tout à l’heure lui est annexée. Gela constitue le système de la double équerre, que la figure 167 montre dans ses applications à la tête.
Je rappelle pour mention une canne anthropométrique inventée encore par Broca, qui de un mètre s’allonge à deux, et qu’on dresse sur le sol ou le parquet à côté du sujet, à l’aide d’une petite pédale à angle droit; une tige court le long de ce double mètre, en équerre comme dans les instruments précédents. Je dois dire que cette canne, dont Broca s’est cependant servi au congrès de Nantes pour mesurer les indigènes du bourg de Batz, ne répond pas aux espérances qu’il avait conçues, mais parce qu’elle est mal construite.
C’est en 1880, que me guidant sur elle j’imaginai l’anthropomètre d’une précision absolue représenté fig. 217. D est une pédale sur laquelle on met le pied. On le place de la façon la plus commode en arrière, sur le côté ou devant le sujet. G est l’équerre qui s’élève et s’abaisse. Ayant voulu rendre cet instrument portatif, c’est-à-dire limiter son étendue à un mètre,
Fig. 216. — Premier anthropomètre de Broca.
INSTRUMENTS ANTHROPOMÉTRIQUES. 1117
je dus le construire en deux pièces A et B dont l’une rentre dans l’autre, ce qui m’obligea d’avoir deux graduations et deux pédales qu’on remplace. Pour les mesures au-dessus de 1 mètre les deux pièces sont réunies, pour celles au-dessous de 1 mètre, la pièce A sert seule, retournée comme cicontre. Il en résulte que l’opération totale est interrompue au milieu
Fig. 217. — Anthropomètre à pédale donnant les projections verticales
jusqu’à deux mètres.
et que pendant ce temps le sujet peut modifier son attitude, quelque attention qu’on y porte, ce qui a de graves inconvénients. J’y ai donc renoncé (1).
En même temps que je présentais cet instrument à la Société d’an-
(1) P. Topinard, Présentation de plusieurs instruments d'anthropométrie (Bull. Soc. anthrop., 1880). — Voir aussi: Goniomètre pour mesurer l'angle facial de Cuvier sur le vivant (Bull. Soc. anthrop., 1881).