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CHAPITRE XXXII

compte. Vous commencez l’opération et prenez la hauteur de l’acromion, vous passez au bas de l’humérus, aux apophyses styloïdes; lorsque vous êtes à l’extrémité du médius, le membre supérieur s’est élevé en totalité ou abaissé. C’est la principale cause des contradictions que l’on découvre dans les chiffres des voyageurs pour le membre supérieur. Ce mouvement insensible du membre se produit au moment où l’on prend un point ou un autre, de sorte que l’erreur porte non seulement sur le total du membre mais sur ses parties, tantôt l’une, tantôt l’autre.

A la tête, c’est bien pis lorsqu’on prend les projections à l’aide desquelles on s’imagine déterminer l’angle facial, les hauteurs que je recommande sur le profil médian, ou la hauteur sus-auriculaire. Quoi qu’on fasse, la tête change d’orientation dès que les mensurations durent plus de une ou deux minutes.

Comment parer à ces inconvénients qui seraient la condamnation de la méthode si l’on n’y pouvait remédier? De diverses façons; d’abord en adoptant la conduite suivante.

L’une des phases les plus délicates et les plus longues lorsqu’on opère avec soin, c’est la détermination des points de repère, sur le choix desquels nous nous étendrons tout à l’heure. Suivant certains procédés on cherche l’endroit voulu, on fait jouer les articulations voisines pour s’assurer qu’on ne s’est pas trompé, on replace le membre dans l’attitude exigée en s’assurant une dernière fois que le glissement de la peau n’a pas donné lieu à une erreur et l’on applique la pointe de l’équerre sur le dit point. Le plus souvent tout se fait simultanément en quelque sorte, on passe à un second point et à la mesure correspondante, puis à un troisième, etc. Cela demande trop de temps, les mains sont embarrassées, l’esprit a trop de choses à surveiller, le sujet se fatigue.

Le précepte que j’ai répandu, c’est que tous les points de repère doivent être marqués au préalable sur la peau, avec de l’encre ou un crayon de couleur. On laisse alors reposer le sujet. Au moment décisif tout doit être prêt, un aide ne s’occupe que d’écrire les chiffres qu’on lui dicte, un autre surveille l’attitude du sujet et aide à lire vite les chiffres indiqués. Une fois l’opération en train, il faut la mener rapidement sans souffler, j’entends les mesures verticales ou par projection. De cette façon on réussit bien.

Mais il y a des moyens plus radicaux. Ils consistent d’abord pour le membre supérieur à ne pas prendre les mesures au-dessus du sol, mais à les rapporter toutes à un seul endroit, l’acromion. Pour cela, abandonnant la toise anthropométrique ou la planche anthropométrique, je me sers du grand compas glissière à branches mobiles que j’ai appelé la glissière anthropométrique et qui est représentée figure 219. L’une des branches ou glissières est maintenue sur le point acromial, la tige même de l’instrument est placée verticalement sur le côté du membre tombant comme tout à l’heure ; et successivement l’autre glissière s’abaisse à la rencontre de chaque point

INSTRUMENTS ANTHROPOMÉTRIQUES. 1121

de repère préalablement marqué. Un aide, pour bien faire, est nécessaire. Tandis que l’on maintient la glissière supérieure, il surveille l’inférieure, l’allonge ou la raccourcit pour atteindre le point voulu, et aide à lire les chiffres. La chose capitale, c’est que la tige du compas représente la verticale à laquelle se rapportent les mesures par projection et que, pour ne pas déranger sa verticalité, la glissière voulue, la supérieure ou l’inférieure, soit allongée ou raccourcie suivant les besoins. Par son propre poids l’instrument tombe si naturellement qu’un fil à plomb est inutile. En somme, en trente secondes toutes les mesures du bras sont prises, et dans

Fig. 219. — Position et façon de se servir de la glissière anthropométrique pour prendre

la longueur ou projection verticale du bras.

le cas où le sujet élèverait l’épaule ce serait sans inconvénient puisque la glissière supérieure appuyée sur le point acromial se meut avec elle.

A la tête c’est le même principe, celui dont nous avons fait l’application à la détermination des proportions de la tête dans le sens vertical. L’instrument prend son point d’appui sur le vertex dont il suit les mouvements. C’est X équerre céphalométi'ique, figurée page 988, tenue en position par la main gauche, la branche verticale descendant au-devant du visage sur lequel elle s’appuie (1). Un fil à plomb montre si l’équerre est bien posée, on regarde si la tête se tient correctement, avec sa main droite on cor-

(1) Dans la figure 197, la grande branche de l’équerre prend un point d’appui sur l’extrémité du nez. La pratique m’a amené à l’appuyer sur le côté du nez; ce n’est que dans les races jaune et nègre à nez très aplati qu’il est plus commode de la placer comme dans la figure 197.

Topinard. — Anthropologie.

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