CHAPITRE XXXII
rige cette attitude s’il y a lieu, on saisit la petite équerre et en quelques secondes tout ce qui concerne les proportions verticales de la tête est terminé. Les points de repère les plus urgents, que je recommande en dernier ressort, sont les suivants : le point intersourcilier, qui sépare la boîte cérébrale de la face; la bouche, qui sépare les deux parties supérieure el inférieure de celle-ci; et enfin le menton, qui donne la hauteur totale de la tête. L’équerre céphalométrique se démonte et fait partie, avec la glissière anthropométrique, de ma boîte anthropométrique portative.
L’un des côtés de la courte branche de cette équerre céphalométrique est gradué pour donner la hauteur sus-auriculaire, pour moi 1a. hauteur au-dessus dutragus: on retourne l’équerre, la longue branche se place transversalement sur le vertex tandis que l’échelle graduée de la courte branche tombe sur les côtés au-devant du trou auditif.
Fig. 220. Attitude de 1 avant-bras pour prendre la longueur de la coudée avec la glissière anthi opomé trique. Le cordon au poignet, dont le milieu donne le point de repère supérieur de la main, passe immédiatement au-dessous des deux apophyses styloïdes.
Quant aux autres mesures verticales du corps par projection, la suppression de ces deux séries, celle du membre supérieur et celle de la tête et le peu de temps qui en résulte pour le reste, pendant lequel le sujet doit se tenir immobile, les rendent décidément faciles. Mais je ne saurais trop le répéter, toute projection demande une extrême attention.
Quelques moyens indirects m’ont toutefois permis de réduire encore le nombre des projections délicates directes, spécialement dans la liste de mesures que je donnerai, s’adressant aux instituteurs, aux voyageurs pressés et aux personnes désirant réduire leur bagage au minimum. L’un de ces moyens est de prendre la coudée des artistes anciens, de l’olécrâne à l’extrémité des doigts. S’il est nécessaire de mesurer le bras et le membre supérieur dans son entier, dans leur position parallèle au tronc et pendante, pour le motif surtout que le moindre écartement du bras modifie la longueur au-dessous de l’acromion, on peut en revanche poser l’avantbras et la main lui faisant suite, le premier dans une position déterminée, la pronation, sur une table ou sur la glissière anthropométrique, et mesurer le tout comme les cordonniers font pour la longueur du pied.
Si l’on veut avec cette coudée avoir la longueur seule de l’avant-bras représenté parle cubitus, rien de plus simple*, on en défalque 13 longueui de la main. Pour cela on prend sur le dos du poignet le milieu de la ligne passant au-dessous du sommet des deux apophyses styloïdes et, la main étant tenue droite de façon à ce que son axe se continue avec celui de l’avant-bras, on en mesure la longueur avec la glissière ordinaire. Sur la figure 220 se voit un cordon que l’on serre au-dessous des deux sommets en question; elle facilite la détermination à la fois du milieu et de la limite supérieure du dos du poignet. Ce point correspond à l’articulation carpo-radiocubitale.
Enfin j’économise, pour les personnes non versées en anatomie, deux des projections dont les points de repère sont les plus délicats aux membres inférieurs, comme on le verra tout a 1 heure.
J’arrive ainsi à réduire le bagage des mesures verticales que je demande à la masse du public de bonne volonté, et même aux voyageurs, à quatre projections indispensables avec la toise anthropométrique, deux a\ec la glissière anthropométrique tenue dans la position indiquée sur la figure 219 et deux ou quatre avec l’équerre céphalométrique.
Simplifier et réduire le nombre des mesures est, je le répète, l’objectif que doit poursuivre l’anthropométrie nouvelle.
Choix des points de repère. — Il ne nous reste plus qu à parler des points de repère à adopter soit pour les chirurgiens appelés à s’en servir, soit pour la masse du public; et des mesures à préférer les plus importantes d’une part, les plus faciles de l’autre.
La première indication dans l’étude des proportions, avons-nous dit, c’est de séparer les cinq ou six divisions fondamentales du corps, le tronc, la tête, le cou, le membre inférieur et le membre supérieur.
Le tronc ou buste se comprend aisément, il s’obtient sur le cadavre : en haut en faisant passer un couteau qui sépare la première vertèbre dorsale de la dernière cervicale, rase la première côte à sa face supérieure et aboutit à la fourchette sternale ; sur les côtés, en détachant le membre supérieur et laissant ou non l’omoplate et la clavicule si l’on veut se trouver dans les mêmes conditions à la partie supérieure qu’à la partie inférieure; en bas, en désarticulant la cuisse dans son articulation coxofémorale, ce qui laisse une vaste surface de section oblique de dehors en dedans et de haut en bas partant de l’intervalle qui sépare le trochanter de l’épine iliaque antérieure et supérieure, aboutissant au périnée, et longeant en avant le pli de l’aine, en arrière l’ischion.
Dans le cas où le premier segment du membre supérieur est laissé avec le thorax, le milieu de la face supérieure de la clavicule, comme a fait Quételet, et au besoin le plateau de l’acromion, peuvent être pris comme points de repère supérieurs du tronc. Dans le cas où il est laissé de côté, deux points seulement restent accessibles sur le vivant : le sommet de 1 apophyse épineuse de la septième cervicale, qui en descendant et s imbriquant sur la base de l’apophyse épineuse de la première vertèbre dorsale ai rive à