‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 969 sur 980 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

donner le niveau de cette dernière, mieux que ne îe fait sa propre apophyse * et la fourchette du sternum. Les deux premiers points sont inacceptables pour le même motif: ils sont tous deux instables et varient avec le mouvement volontaire ou inconscient qui élève ou abaisse l’épaule. Le point cervical est excellent, mais il n’est accessible qu’à un anatomiste, bien que Quételet s’en soit servi. Le point sternal est défectueux en ce sens qu il s’élève et s’abaisse avec les mouvements respiratoires ; mais si l’on a soin de ne pas essouffler ou faire parler son sujet avant l’opération, de ne pas le laisser retenir son inspiration au contraire, en un mot si on le prend dans un état de calme intermédiaire à l’expansion et à la contraction de la poitrine, il devient très bon; d’autant plus que la personne la moins préparée le reconnaît de suite. C’est la dépression ou la fossette sus-sternale ou mterclaviculaire.

En bas du tronc, le premier point auquel un anatomiste songe est le sommet du sacrum qui se confond pour moi au toucher avec le coccyx qu on n atteint guère, parce qu’il est habituellement infléchi en dedans. Je le recommande, mais aux chirurgiens seulement, quoique ce soit l’extrénnté de la colonne dorso-lombo-sacrée plutôt que l’extrémité du tronc. Les autres points s’échelonnent suivant la ligne ou la surface oblique que j ai dite. Tout en haut est l’épine iliaque, puis le pli de l’aine, le centre de la cavité cotyloïde, le pubis et l’ischion. Le choix entre ces divers points qu on peut considérer en même temps en y ajoutant le sommet du grand trochanter, comme la limite supérieure de la cuisse, est absolument arbitraire. On peut tous les défendre, on peut tous les rejeter.

Le périnée, qui répond au point le plus déclive du tronc et n’en laisse aucune partie de côté, est le plus- logique ; mais tout à l’heure, si nous voulons un point commun au tronc et à la cuisse, il se trouvera être le plus mauvais pour celle-ci. D’autre part, bien que les Américains l'aient adopté, il a des inconvénients dont il faut tenir compte. Les indigènes déjà si farouches, les femmes surtout, sont gênés qu’on aille placer une équerre de ce côté; on est totalement forcé de renoncer à cette mensuration dans bien des cas, ainsi qu’on le voit par l’exemple de Quételet. Les ischions ou la ligne ischiatique, c’est-à-dire le plan de la base de sustentation dans l’attitude assise, ont un avantage inverse. Ils permettent avoir le même point pour le tronc et pour la cuisse et n’exigent pas que e sujet se déshabille. La cavité cotyloïde est inaccessible sur le vivant. Le

mi leu du P'i de l’aine, quoique employé par Sappey, n’est pas de son propre

veu d une détermination aisée ; une ligne obliquepartant de l’épine iliaque antérieure et supérieure semble facile à établir, mais c’est une erreur: je m y suis exercé, le point où elle devrait aboutir en dedans est incertain • el e donnerait des erreurs de 1 à 2 centimètres tenant à elle seule. Quant à 1 épine iliaque antérieure et supérieure, elle laisse une très forte partie du tronc de coté et ajoute visiblement à la cuisse une quantité excessive.

11 est incontestable au point de vue du tronc que la ligne bi-ischiatique

fait seule concurrence au périnée comme point de repère pour le tronc. C’est donc cette ligne ou le plan horizontal correspondant qu’il faut adopter. Lorsqu’on voit une suite de personnes assises sur un banc, les différences que présentent la hauteur de leur tronc rendent évidente la valeur de ce point. M. Duhousset me faisait remarquer que les hommes varient très peu dans cette attitude, ce qui veut dire que les différences de taille tiennent essentiellement aux membres inférieurs. Tout prouve l’excellence de cette observation et concourt à prouver que dans l’étude de la longueur des membres inférieurs on est parfaitement en droit de regarder comme tels tout ce qui est au-dessous de la base de sustentation assise.

Toutefois lorsqu’on mesure la taille du sujet assis, c’est-à-dire la distance de ce plan de sustentation au vertex, au lieu du sol, il y a une précaution indispensable à prendre. Les sujets s’asseyant sur le sol ou le plancher

Fig. 221. — I, attitude correcte pour mesurer la hauteur du vertex au-dessus du siège,

ou plan biischiatique. II, attitude vicieuse.

sont incapables d’appliquer le bas du dos contre le mur et de se tenir correctement droit dans cette attitude ; le sacrum et le bas de leur dos font un angle obtus avec le plan de sustentation, ou siège. Il faut qu’ils s’assoient sur un banc de 10 à 24 centimètres de hauteur qu’on défalque de la hauteur du vertex ainsi obtenue. Il faut de plus que, dans cette attitude, les jambes soient allongées et parallèles. Ma boîte anthropométrique pour les voyageurs a exactement 10 centimètres pour servir à cet usage. Un banc de 20 centimètres vaut mieux cependant. Au-delà de 25 centimètres c’est trop; les sujets arrivent à ne plus être assis tous de même sur leur diamètre bi-ischiatique.

Les points de repère de la tête ne sont pas discutables, du moment qu’il est admis que, dans les proportions générales, c’est la hauteur comprise entre deux plans parallèles au plan de la vision, c’est-à-dire entre le vertex et le menton, qui est seule en jeu.

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