HISTORIQUE. — ÉCOLE AMÉRICAINE
de la race nègre et sa distinction comme espèce primitive de la race blanche (1).
Les œuvres de la portion de l’École américaine dont nous nous occupons en ce moment, sont rassemblées dans deux livres publiés sous la direction de Nott et Gliddon. Le premier, ayant pour titre Types de /’ humanité, parut à Philadelphie en 1854 et est partagé en deux parties, l’une essentiellement anthropologique, l’autre sur le Xe chapitre de la Genèse et la chronologie du Monde d’après la Bible. M. de Quatrefages a fait ressortir la singulière position de l’École américaine, poussée par ses intérêts matériels à accumuler en faveur de l’esclavage tous les arguments d’ordre scientifique qu’elle pouvait rassembler et tenue par ses croyances de trouver dans la Bible un appui conforme à la morale chrétienne.
Le second livre, également publié à Philadelphie sous le titre de Races indigènes de la terre, reprend en 1857 la même doctrine en faisant intervenir tous les arguments crâniologiques, linguistiques et archéologiques jugés favorables. Les deux ouvrages réunis pourraient être qualifiés de Compendium du polygénisme, si Broca après eux n’avait traité largement aussi la question.
Les auteurs des Types of Mankind acceptent la définition de l’espèce de Morton en la circonscrivant et la précisant davantage. L’espèce, dit Nott, est un type permanent ou une forme organique qui n’a pas changé, sous l’influence climatérique différente depuis des siècles (far âges). Les trois sortes d’hybrides de Morton sont aussi acceptées par ce dernier qui y ajoute une quatrième dans les conditions ci après :
1° Lorsque les hybrides ne se produisent jamais, c’est-à-dire lorsque la progéniture commence et finit avec le premier croisement.
2° Lorsque les hybrides ne se reproduisent pas entre eux, mais se multiplient par union avec l’une des deux souches paternelle ou maternelle.
3° Lorsque les animaux d’espèces incontestablement différentes donnent lieu à des hybrides prolifiques entre eux.
46 Lorsque les unions entre espèces très voisines, comme ils’en observe dans l’humanité et chez quelques animaux domestiques, sont indéfiniment fécondes.
Partant de cette base : quel est le degré d’hybridi té entre les espèces
(1) Bien que j’en parle plus loin, il me paraît nécessaire de rappeler ici un passage peu remarqué et cependant bien extraordinaire de Cuvier. « Tous les caractères de la race nègre, dit-il dans son Discours sur les révolutions du globe, nous montrent clairement qu’elle a échappé à la grande catastrophe sur un autre point que les races caucasique et altaïque dont elle était peut-être séparée depuis longtemps. » Ce qui veut dire que la race nègre ne fut pas comprise dans le déluge, qu’elle ne partagea pas les destinées de la famille de Noé, en était tout à fait distincte et eut son histoire à part dans une autre partie du globe.
(1) Types of Mankind or ethnological researches based upon the ancient monuments , pain tings , sculptures and crania of races and upon their geographical , philological and biblical history, by J.-C. Nott and G. -R. Gliddon, avec le concours de L. Agassiz, Usher, Patterson, etc. Philadelphie, 1854. — Indigenous Races of the earth or new chapters of ethnological inquiries , by J.-C. Nott and G. -R. Gliddon, avec le concours de Alfred Maury, F. Pulsky et Aitken Meigs. Philadelphie, 1868.