CHAPITRE IV
les plus éloignées de l’humanité comme le blanc et le nègre? dans un premier mémoire, celui qui avait attiré l’attention de Calhoun, le Dr Nott, alors médecin-praticien dans l’État de la Caroline, conclut ainsi :
«Les mulâtres ont la vie plus courte que dans tout autre groupe de l’humanité. Ils sont intermédiaires comme intelligence entre les nègres et les Européens. Leurs femmes sont particulièrement délicates, sujettes à une foule de maladies chroniques, sont de mauvaises nourrices, très exposées aux avortements, tous leurs enfants meurent jeunes. Les mulâtres se mariant entre eux sont moins prolifiques que lorsqu’ils se marient avec un blanc ou un nègre. »
Mais le docteur Nott ayant déplacé le centre de ses observations et s’étant transporté vers Mobile et la Nouvelle-Orléans, découvrit des contradictions avec ses précédentes conclusions et spontanément les modifia dans une certaine limite. 11 émit à peu près les propositions nouvelles ci-après :
Les unions entre races sont d’autant moins fécondes et leurs produits d’autant moins vivaces que ces races sont anthropologiquement plus éloignées. Ainsi les mulâtres de la Caroline du Nord et de l’Alabama sont moins fertiles et moins prospères parce que les deux races croisées sont l’une l’européenne blonde, l’autre la nègre. A la Louisiane, la race européenne étant brune au contraire, c’est-à-dire d’origine espagnole et française, ses hybrides avec le nègre sont plus prospères.
La conclusion qui s’en détache non pas rigoureusement, mais parcomparaison, c’est que la race nègre constitue une espèce distincte de l’européenne démontrée non par l’absence de produits dans son sein, mais par une diminution de leur fertilité et de leur vitalité.
Toutefois Nott gêné par le mot d’espèce et le sens que les naturalistes lui accordaient, l’abandonne pour celui de type, ainsi que firent après lui Bérard et Broca. Ces types, il les range par familles et s’attache à démontrer qu’ils sont permanents, à en juger par ceux que l’on a pu suivre depuis les temps les plus reculés où l’homme est connu. C’est ainsi qu’un chapitre des Types of Mankind est consacré à l’étude des monuments égyptiens et des types soit d’hommes, soit d’animaux qui y sont représentés, 3500 ans avant notre ère, semblables à ceux qu’on retrouve encore sur les bords du Nil et ailleurs. Aucun témoignage, assure-t-il et avec raison, n’établit qu’un type ou un caractère quelconque se soit jamais transformé. Les Juifs en fournissent un remarquable exemple : Ceux de la côte de Malabar, dont Fabricius a parlé et dont Nott retrace l’histoire avec le plus grand soin, sont des indigènes convertis ; les véritables Juifs ont conservé dans ce pays tous leurs caractères du temps de la prise de Jérusalem.
Les auteurs des Types of Mankind et des Indigenous Baces of the earth concluent à la pluralité d’origine des races et semblent se rallier à la thèse d’Agassiz exposée dans le même ouvrage, qui admet pour
(Extraite des Types of Mankind ).