CHAPITRE XXXII
en dehors et 1 épitrochlée en dedans, un chirurgien sent facilement la première, mais la seconde serait plus facile. Broca a donné la préférence à 1 épicondyle, parce qu’il est placé en dehors, plus directement au-dessous de 1 acromion, et est plus accessible à l’inslrument. L’épicondyle n’est cependant pas l’extrémité de l’os, comme l’interligne huméro-radial que le Muséum préconise. Ensuite, vient le milieu du pli de la saignée ou plutôt divers plis entre lesquels on est parfois embarrassé. Voici quelle serait la meilleure manière de trouver le vrai : on fait fléchir modérément l’avantbras, le pli se dessine, on le marque à l’encre; lorsqu’on étend le bras,
1 endroit qu’occupe la marque répond exactement à l’articulation. Mais cette facilité n’est pas constante, le plus souvent la marque se pose mal. Bref, après avoir étudié ce point, j’y ai renoncé.
Le sommet de l’olécrâne est le point que White a pris en 1799* il fait perdre environ 2 centimètres à l’humérus, mais il a l’insigne avantage être acceptable pour tous. On plie légèrement l’avant-bras pour en trouver le sommet, on le marque et on replace l’avant-bras dans i’extension après s’être assuré que la marque est encore bien à l’endroit ■voulu. J ai longtemps hésité sur le mode opératoire suivant : lorsque la main se place naturellement entre l’ombilic et le pubis, plus près du pubis, ce degré de flexion de l’avant-bras amène le sommet de l’olécrane juste au niveau de la ligne articulaire inférieure de l’humérus. Mais, j ai craint que cette flexion ne produise des résultats trop différents suivant les individus, et notamment suivant les races. Du reste, il ne faut pas perdre de vue que le point inférieur d’un segment de membre doit autant que possible être le point supérieur du segment suivant.
J accepte donc pour les anatomistes le point radial comme point de séparation du bras et de l’avant-bras, et pour les voyageurs ordinaires le sommet de l’olécrâne, c’est-à-dire de l’angle droit que forme sa face
postérieure avec sa face supérieure, ou le bout du coude, l’avant-bras étant en extension.
. 0n s,imagine que les points de repère sont très faciles au poignet. Oui, si 1 on se guide uniquement sur les apophyses styloïdes interne ou externe. Non, si l’on veut se guider sur les plis qui sont en avant au nombre de 2 et souvent 3, plis qui se déforment lorsque la main se livre à des mouvements d’abduction et d’adduction (1). A la partie inférieurede l’humérus pour trouver l’épicondyle, on place sa main en arrière et on saisit simultanément entre le pouce et l’index les deux tubérosités situées l’une en ace de 1 autre, l’épicondyle et l’épitrochlée. Aux chevilles on agit
il) Il y a à la face antérieure du poignet deux plis transversaux que la flexion exaeèrp non pas parallèles, mais plus écartés en dehors : l’un répond à la fleidon de la main ou du métacarpe sur le carpe, l’autre à celle du poignet ou du carpe sur Rayant bras Le sommet de 1 apophyse styloide du cubitus répond en dedans au supérieur et le sommet de l’apophyse du radius en dehors à l’inférieur. J’ai hésité à me guider sur l’un ou loutre comme
quel’af dit^^face T™ i* T" ravant-bras et j’ai fini P*r me rallier au point de repère que j ai dit, à la face dorsale du poignet, qui est plus facile et aussi juste.
de même, on comprend entre ses deux doigts les deux malléoles. Au poignet, on opère de même, pour reconnaître les deux apophyses styloïdes ; l’une aide à saisir l’autre, c’est un mouvement chirurgical à apprendre. Cette opération est plus facile par le dos du poignet.
Or, le sommet de l’apophyse styloïde externe est le point de repère inférieur du radius, lorsqu’on s’est servi de son point supérieur, et le sommet de l’apophyse styloïde interne, le point inférieur du cubitus, lorsqu’on a pris en haut l’olécrane. Enfin, à égale distance des deux sur la face dorsale, est le point de repère supérieur de la main y compris le poignet. Vouloir exclure celui-ci de la main lorsqu’on la mesure, c’est se lancer dans des incertitudes superflues. J’ai dit précédemment l’artifice que j’emploie à l’usage des gens du monde pour remplacer la petite manœuvre chirurgicale ci-dessus et montrer qu’ après tout je préfère la mesure du cubitus par le système de la coudée (voir fig. 220). Lorsque j’ai à établir le rapport de la longueur de l’avant-bras au bras, peu m’importe que la taille de l’olécrane soit ou non exclue du bras, du moment que j’opère de même chez tous et que par conséquent les chiffres obtenus à différents âges et dans différentes races sont comparables. Je compte, je l’avoue, plus sur la masse des voyageurs et des sédentaires, que sur les quelques rares anthropologistes experts qui recueillent des mesures soit en France ou à l’étranger, soit dans les pays exotiques. Les différences de proportions du corps, dans leurs diverses conditions, ne seront connues que le jour où l’anthropométrie sera accessible à tous et que, par conséquent, il y aura chance d’avoir des documents en grand nombre.
Au genou il y a quatre points de repère auxquels on peut songer : la tubérosité externe du fémur, l’interligne articulaire fémoro-tibial en dehors, l’épine du tibia et la rotule. A une seule exception, on a renoncé à la tubérosité interne, d’abord comme incommode. Cette exception se trouve dans la liste de la Novara : «du bord inférieur (?) de la symphyse du pubis au condyle interne du fémur et de ce condyle à la malléole interne, dit-elle, pour les longueurs de la cuisse et de la jambe ».
La tubérosité externe ne vaut guère mieux; on donne ce nom à un mamelonnement qui occupe la face externe du condyle externe, et n’est rendu saillant sur l’os sec que par une dépression en arrière et en dessous qui donne insertion aux ligaments externes de l’articulation fémorotibiale. Ce n’est qu’un relief arrondi, dont le point culminant, très peu sensible à travers la peau et impossible à trouver pour tout autre qu’un anatomiste, est à 2 centimètres de l’extrémité de l’os. C’est cependant le point que les Instructions de Berlin prescrivent. « La longueur de la cuisse, disent-elles, du grand trochanter au condyle externe du fémur. »
L’interligne articulaire pour un anatomiste est le seul point classique, bien que la rainure qu’il forme soit élargie et atténuée par le ménisque inter-articulaire qui est interposé en cet endroit entre les deux surfaces. Voici la façon de le déterminer : le sujet étant assis, l’opérateur âge-