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CHAPITRE XXXII

nouillé en dehors du genou à examiner saisit d’une main la jambe et lui imprime des mouvements de flexion, tandis que l’indicateur et le médius de l’autre main cherchent la rainure et y suivent ces mouvements. La seule difficulté est de redresser la jambe afin de laisser la peau reprendre ses rapports, et de marquer le point à l’endroit exact où il a été déterminé. Ayant sur plusieurs cadavres planté un bistouri perpendiculairement dans l’interligne en question, j’ai constaté que le point cutané correspondant se déplaçait de près de 2 centimètres dans les mouvements d’extension et de flexion du genou, le sens du déplacement étant directement de haut en bas. L’interligne articulaire est parfait au point de vue anatomique, il se détermine très bien, mais à la condition d’être

1, fémur; 5, tibia; 3, rotule dans l’ex- F, fémur; T, tibia ; P, péroné ; R, rotule;

tension de la jambe ; 4, ligament tibio- I, interligne articulaire tibio-fémoral en rotulien ; 2, tendon des muscles extenseurs dehors, de la jambe.

adroit, de posséder le toucher chirurgical et de prendre certaines précautions. C’est donc le point à recommander aux anatomistes. Mais on ne peut le livrer aux voyageurs qui ne s’y sont pas exercés avant leur départ sous les yeux d’un anthropologiste expert en mensurations, aux instituteurs et aux gens du monde.

L’épine du tibia serait bonne si elle n’était trop au-dessous du genou.

La rotule a été acceptée comme point de séparation de la cuisse et de la jambe, à la fois par des hommes très exigeants en fait de points anatomiques et très précis, et par des hommes dont l’esprit pratique est la caractéristique. Je fais allusion ainsi d’une part à M. Sappey qui a pris

le centre de l’os, et de l’autre aux Américains qui ont préféré son bord supérieur. Quételet, esprit tout différent, se servait aussi de la rotule à son centre. Personne n’a songé à son bord inférieur qui, sur le cadavre étendu sur une table, est le plus directement en rapport avec l’articulation. Un. bistouri planté perpendiculairement, tangent à ce bord, entre droit dans la jointure en effleurant à peine le plateau du tibia.

Il est cependant une objection sérieuse à son emploi. Sur l’homme vivant et debout, la rotule au repos remplit en avant le vide que laisserait sans elle la partie trochléenne de l’articulation. Mais, à 1a. moindre contraction du muscle triceps, particulièrement de sa portion moyenne ou muscle droit antérieur dans le tendon duquel elle est située à la façon d’un os sésamoïde ; et souvent sans que le malade s’en doute, par une sorte de frémissement réflexe du muscle, elle se déplace et s’élève. Lorsqu’on veut se servir de ce point de repère dans la station debout, il faut donc se garder de provoquer une contraction quelconque, ne pas éveiller l’attention du sujet sur l’importance qu’il y a à ce qu’il ne bouge pas. Le muscle triceps reste alors flasque, la rotule tombe naturellement et est bien placée ; il suffît alors, sans toucher l’os, ce qui réveillerait des contractions réflexes, de marquer à l’improviste la peau à son centre. Dans ces conditions ce centre serait un bon point de repère quoiqu’un peu trop haut. Mais on ne peut supposer que tous auront l’intelligence de ces précautions, le point de repère est infidèle.

Toutefois il y a une situation dans laquelle la rotule est immobile et où son centre répond exactement à l’interligne, c’est lorsque le ligament tibio-rotulien qui la retient à l’épine du tibia est tendu et que la contraction musculaire elle-même ne peut en modifier la situation; autrement dit lorsque la rotule s’enclave et s’immobilise dans l’espace intercondylien ou mieux dans la partie postérieure de la trochlée fémorale. Or ceci se produit uniquement lorsque la jambe fait un angle droit avec la cuisse, par exemple lorsque le sujet est à genoux. Dans cette sitation, la face antérieure de la rotule devient la terminaison du levier osseux de la cuisse; elle allonge un peu le fémur, mais d’une quantité imperceptible. Dès lors cette face est un point fixe et le plus rationnel qu’on puisse choisir après l’interligne articulaire lui-même (voir la lig. 226).

De là mes conclusions : l’interligne articulaire est le point de repère classique du genou, le sol sur lequel repose le genou fléchi à angle droit est le point de repère sur lequel on peut le plus compter pour la masse des opérateurs. D’où le mode opératoire que je recommande vivement à ceux-ci et qui est à l’abri de tout reproche : le sujet se met franchement à genoux, ses deux jambes allongées en arrière et l’on prend lahauteur de son vertex dans cette situation. La cuisse est ainsi la longueur comprise entre le plan biischiatique dans l’attitude verticale assise, et le plan de la face antérieure du genou dans l’attitude verticale à genoux.

La séparation du pied de la jambe n’offre aucune difficulté ; c est la ligne

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