CHAPITRE XXXII
et à la place voulue, l’opérateur est en arrière. Le corps du ruban, les bras étant levés, est appliqué de façon que son bord inférieur s’appuie sur le dessus des deux mamelons; les deux bouts sont ramenés en arrière et les deux bras abaissés; le ruban doit croiser perpendiculairement l’axe du thorax et les omoplates. Alors on surveille les différences qui résultent de la dilatation et de la contraction du thorax par la respiration et on lit l’état moyen ou de calme, lequel n’est pas rigoureusement inter médiaire aux deux extrêmes. Lorsqu’on prend cette circonférence, on ne doit donc pas émouvoir son sujet auparavant, ni le faire parler. Lorsqu’on a noté l’état moyen, on lui commande de grands mouvements d’inspiration et d’expiration, ce qui donne les extrêmes à noter si l’on veut.
En somme l’administration de la guerre a été tellement ballottée par des mémoires contradictoires basés sur des observations faites par des chirurgiens qui s’occupaient exclusivement de ce sujet sans être familiers avec la pratique générale de l’anthropométrie, qu’elle en est arrivée au découragement, ne sait plus que prescrire< et est presque dis posée à rayer cette mesure des indications prescrites au conseil de révision pour avoir un élément de la vigueur générale du conscrit. Elle aurai t tort. C’est une mesure sûre dans les conditions ci-dessus.
Je n’ajouterai rien à ce que j’ai dit des points de repère de la tête pour obtenir les divisions secondaires de la tête par projection, de façon à en reconstituer le canon propre suivant les âges et les races, en se guidant sur les principes adoptés dans les arts depuis Vitruve, dans le siècle qui a précédé l’ère chrétienne. Le point auriculaire accepté pour les projections horizontales post-auriculaire ou pré-auriculaire et la hauteur sus-auriculaire est mauvais dans la pratique. Le trou auditif est caché dans les trois quarts des cas par le tragus, on en voit mal le centre et l’on perd beaucoup de temps dans ses recherches, tandis que le sujet se fatigue et change de position : c’est le tragus, ou mieux sa base qu’il faut prendre là où le montre la figure n° 205.
Je ne m’arrêterai plus qu’à quelques points de repère intrinsèques de la main et du pied. La longueur maximum de la main, en prenant soin qu’elle soit dans le même axe que l’avant-bras, et la longueur du pied, ne présentent aucune difficulté. Mais il faut insister sur les points de repère intérieurs de ces deux organes. Les premiers, peu difficiles à fixer, sont les deux extrémités de la ligne oblique noduleuse qui sépare le métacarpe ou le métatarse des phalanges ou des orteils. A la main on fait fermer fortement le poing, et les deux extrémités saillantes de cette ligne se dessinent ; il n’y a plus qu’à les marquer, en vérifiant si la marque est bien placée lorsqu’on a redressé les doigts. Au pied on agit de même en faisant plier les orteils le plus possible. A la rigueur on pourrait mesurer directement la longueur de ces deux lignes; à la main il n’y aurait qu’à faire empoigner à pleine main le compas entre les deux glissières. Mais ces deux mesures se ratta-
chent à un système particulier que je recommande, celui des contours.
Soit la main. Un crayon ordinaire est fendu dans les deux tiers de sa longueur, de façon à obtenir d’un côté une surface longitudinale plate. La main
A B, grand axe de la main ; D C, ligne bistyloïdienne du poignet; E F, largeur de la main partant du premier intervalle digital et coupant le grand axe perpendiculairement ; G H, ligne métacarpo-phalangienne.
est placée sur une feuille de papier, son axe passant parle médius et le dos du poignet, se continuant avec l’axe de l’avant-bras. Le crayon, perpendiculaire au papier et tenu ainsi d’une façon rigoureuse et aveugle, trace alors tout le contour et, en passant, par une secousse en dehors,
A B, grand axe du pied ; C B, projection bi-malléolaire, la partie de A B qui est en arrière de cette ligne représentant le talon; E F, ligne métatarso-phalangienne.
marque successivement les sommets des deux apophyses styloïdes de ]’avant-hras, le fond du premier espace interdigital et les deux extrémités de la ligne métacarpo-phalangienne. En réunissant ces lignes, on obtient