‹ Eléments d'archéologie chrétienne (volume 2)Chapitre 15 sur 30 · V. VEIIMOROEN · texte numérisé non relu

V. VEIIMOROEN

de 1452 environ. Enfin, une particularité que présentent encore les cuivres funéraires du xv^ et du xvi* siècle, c'est que les phylactères s'y rencontrent beaucoup plus fréquemment que sur les pierres tombales. On appelle phylactères des banderoles longues et étroites, partant de la bouche des personnages ou tenues en main par eux, et sur lesquelles est inscrite une prière, une devise ou une sentence.

Il existe encore, en Allemagne, quelques plaques tombales en cuivre datant du xiii^ siècle. Nous signalerons comme très remarquables, d'abord celle que l'on voit à l'église de Saint- André, à Verden, sur la tombe de l'évêque Yso, et ensuite celle qui, à la cathédrale de Hildesheim, recouvre les restes mortels de l'évêque Othon de Brunswick, mort en

Nous possédons aussi, en Belgique, un nombre considérable de tombes plates en laiton; mais, presque toutes ne datent que du xv® ou du xvi® siècle. La plus ancienne et la plus riche que nous connaissions est conservée au musée royal d'antiquités et d'armures, à Bruxelles, et provient de l'église de Heers près de Saint-Trond; elle date de 1375 environ, mesure 2"'59 de haut sur 1™57 de large, et se compose de plusieurs lames qui s'adaptent les unes aux autres avec tant de justesse qu'elles semblent ne former qu'une seule pièce. Sous deux arcatures juxtaposées, on voit les sires Jean et Gérard de Heers, couchés et reposant la tête sur un coussin soutenu par des anges ; les deux chevaliers portent une riche armure et leur écu armorié. Le champ qui entoure les figures est richement diapré de quadrilobes renfermant des monstres ailés ; les espaces entre les quadrilobes sont occupés par des fleurs. Les dais ou arcatures, de même que les pieds-droits qui les supportent, sont ornés de nombreuses figurines d'anges, de saints et de prophètes. Aux quatre angles de la plaque on voit les emblèmes des évangélistes disposés selon l'usage ancien, tel qu'il est indiqué ci-dessus, p. 312, par notre fig. 4. L'inscription qui forme l'encadrement est, en outre, interrompue par six quadrilobes écussonnés aux armoiries de la famille de Heers.

Les cuivres funéraires des xv® et xvi® siècles, qui sont encore nombreux en Belgique, se trouvent presque tous en Flandre. La ville de Bruges en possède, à elle seule, beaucoup plus que toutes les autres localités réunies. Parmi ces cuivres il en est plusieurs extrêmement remarquables comme objets d'art. Sur les uns l'effigie du défunt est placée sous un dais, tandis que sur les autres les détails d'architecture sont complètement supprimés et remplacés par des dessins imitant les étoffes damassées. A cette dernière classe appartient la plaque tombale que reproduit notre fig»ire 8. Une des plus intéressantes, tant à cause de sa belle exécution que des renseignements archéologiques qu'elle fournit touchant le cérémonial observé dans les leçons universitaires, est celle du tombeau de Jacques Schelcwaert, professeur de théologie à Louvain, et auparavant curé de Saint-Sauveur, à Bruges. Sous un dais en forme de voûte et simulant en quelque sorte une abside d'église, on voit le professeur occupé à donner son cours : il est assis dans sa chaire et revêtu de la toge doctorale à capuchon. A sa droite se tient debout le bedeau portant le bâton, virga. Devant lui les élèves, au nombre de sept, en costume universitaire, écrivent les explications de leur maître. Il paraît assez probable que ce furent les disciples de Schelewaert qui élevèrent ce monument à leur ancien professeur.

D. Petits monuments funéraires du xv® et du xvi® siècle. Outre les cénotaphes, les pierres tombales et les tombes plates en laiton, on érigea aussi, aux xv^ et xvi® siècles, de petits monuments funéraires, en pierre ou en laiton, enchâssés dans la paroi d'un mur, auprès de l'endroit de la sépulture. Ces monuments intéressants se rencontrent, nonseulement à l'intérieur des églises, mais aussi dans les cloîtres des cathédrales, des collégiales et des monastères. Ils se composent régulièrement d'une épitaphe, au-dessus de laquelle se trouve un sujet religieux, par exemple, la très sainte Trinité, la flagellation, le couronnement d'épines, le crucifiement ou toute autre scène de la passion du Saun. 21

veur. Très souvent aussi on y voit la sainte Vierge avec l'Enfant Jésus. Le défunt est quelquefois représenté à côté de la scène principale ; il est agenouillé, en prières et parfois accompagné de son saint patron, qui se tient debout derrière lui et semble le recommander à la clémence divine; sur une banderole partant de sa bouche dans la direction de la scène principale, on lit fréquemment les paroles qu'il est censé adresser à Dieu ou aux saints, par exemple : Qui potes , oro, rei, Christe, 7nemento met, et : 0 mater Del, mémento mei (monuments de la cathédrale de Tournai).

Le sujet religieux est ou sculpté en relief ou gravé au trait. Lorsqu'il est exécuté en haut-relief, il se trouve presque toujours dans une niche ogivale, pratiquée dans l'épaisseur d'un mur, et l'épitaphe est inscrite, au bas de la niche, sur une petite plaque en laiton, en marbre ou en pierre. Il existe, à l'église de Saint-Pierre, à Louvain, plusieurs beaux petits monuments de ce genre.

Dans les bas-reliefs et les pierres gravées au trait, le sujet et l'épitaphe sont généralement placés sur une seule pierre; et tantôt l'un, tantôt l'autre en occupe la majeure partie. La scène est souvent abritée par un dais de couronnement; quelquefois cependant ce dais manque totalement, comme dans l'exemple de la page suivante (fig. 9), qui date du milieu du xv"* siècle, et que nous empruntons à l'église de Sainte-Dimphne,à Gheel.Le défunt est agenouillé à la droite de la sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus, qui le bénit. Sainte Catherine, occupant la place du patron du défunt, se trouve derrière celui-ci, et lui pose la main droite sur l'épaule ; de l'autre côté de la sainte Vierge on voit sainte Dimphne. L'inscription doit se lire : f Hier, leetht. hegraiien. meester. henrick. van. tonglieren. die. jonghe. goutsmet. van. hasseît. die. sterf. int. jaer. ons. heren. m°. cccc'^ . ende. xlviij. opten. xxvij. dach. van. loemaent ; hidt. voer. die. ziele.

La cathédrale de Tournai possède une dizaine de ces petits monuments funéraires en bas-relief, dont sept proviennent de l'ancien couvent des Récollets de cette ville.

:«l)iR Iprtlif Wipaurn Œifte ■ l)^ii!ifIiljantîniBl)6t'nliiÉnoI)'

SimHîllTffi

itffffrtiî^iiiffmiçfB ai^TjaiilopInartiftliîîiteMflf

Mouument de l'orfèvre Henri de Tongres, mort en li45 ; à l'cglise de Sainte-Dinipljne, à Gheel.

-Malgré les mutilations regrettables que leur ont fait subtiles iconoclastes, ces monuments méritent de fixer l'attention, non-seulement des archéologues, mais aussi des artistes el, en particulier, des sculpteurs; ils sont tous très remarquables et prouvent qu'aux xv" et xvi" siècles, il existait, à Tournai, une brillante école de sculpture.

On s'est aussi servi quelquefois de monuments semblables pour perpétuer le souvenir de fondations faites, dans les f^glises, par de généreux bienfaiteurs. Dans la partie supé-

rieure d'une pierre ou d'une plaque en laiton on voit un sujet religieux, devant lequel est agenouillé le fondateur souvent accompagné de son patron. Une inscription commémorative de la fondation remplace 1 epitaphe qui, dans les petits monuments funéraires, se trouve au-dessous du sujet.

^13. — Lanternes des morts et croix de cimetière.

A. Lanternes des morts. On donne le nom de lanternes des morts ou fanaux de cimetière à des colonnes ou pyramides creuses qu'on plaçait autrefois dans les cimetières. Ces petits monuments étaient terminés, à leur sommet, par un pavillon ajouré, dans lequel on suspendait, pendant la nuit, une lampe allumée dans le but d'exciter les passants à prier pour les défunts, et de leur signaler la présence de la maison de Dieu. En elfet, les cimetières, même dans les grandes villes, étaient toujours situés autour des églises; et, pour cette raison, on les appelle en flamand kerkhof, jardin d'église, et en anglais churchyard, cour d'église.

Les lanternes des morts avaient ordinairement d'un mètre €t demi à deux mètres de diamètre, et de sept à dix mètres d'élévation. Il en existait déjà pendant la période romane, et leur usage a persisté, en certains endroits, pour le moins jusqu'au xvi^ siècle.

Au xiif siècle, ils conservent la forme de pyramide ou de colonne isolée, qu'ils avaient eue depuis leur origine, et reposent sur une plate-forme de quelques marches. Ils sont régulièrement munis d'un autel en pierre, adossé à leur base ; une baie latérale, placée non loin de là, permet l'introduction de la lampe, et quatre ou un plus grand nombre d'ouvertures pratiquées au sommet laissent passer la lumière. Au xiv*' siècle leur aspect change : la colonne isolée est remplacée par de petites chapelles ajourées, dans lesquelles se place la lampe allumée. La pyramide appelée croix de Saint- Piat, que l'on voyait autrefois, à Tournai, près de l'église dédiée à ce saint, et qui a été reproduite dans les Bulletins

Fi- 1,

de la société historique de Tournai, II, p. 298, pourrait bien avoir été primitivement une lanterne des morts.

C'est dans le centre et l'ouest de la Franco cpie les lanternes des morts ont été le plus répandues pendant la période ogivale.

B. Croix de cimetière. On éleva aussi, dans les cimetières, de grandes Croix en pierre. Pendant la période romane, on y attacha rarement l'image du Christ; mais à partir dû xiii° siècle cette image y apparaît presque toujours ; elle est quelquefois accompagnée d'une statue de la sainte Vierge portant l'Enfant Jésus, placée sur le revers de la croix ou adossée à la colonne qui sert de support à celleci. D'autres fois, et cela le plus souvent, la croix se trouve entre la statue de la sainte Vierge sans l'Enfant et celle de saint Jean. Les montants en forme de colonne ou de pilier sur lesquels se trouve la croix proprement dite sont régulièrement posés sur un socle ou un emmarchement plus ou moins élevé, et munis, à leur base, d'un petit autel adossé.

Les croix en pierre qu'on éleva souvent, au moyen âge, dans les carrefours, sur les chemins et au milieu des places publiques présentent généralement les mêmes formes que les croix de cimetière ; seulement elles n'avaient pas d'autel au pied de leur support.

Pendant la période ogivale, les croix de chemin et de cimetière ont été très communes dans le centre et l'ouest de la France; et l'on en trouve encore aujourd'hui, dans ces contrées, quelquesunes qui ont échappé à la destruction.

Celles du xiv^ et du xv" siècle se distinguent parfois par une grande richesse de sculptures. En Belgique, ces croix

Croix de cimetière à Haut rages.

(ïvi'= siècle).

sont extrêmement rares. Nous donnons à la page précédente (fig. 1) celle de la congrégation hospitalière de Hautrages, dans le Hainaut. Elle date du commencement du xvi® siècle.

Fi?. 2.

Les croix de cimetière et de carrefour n'étaient pas toujours en pierre; il y en avait aussi en bronze, en fer et en

bois. Inutile de dire que les croix en bois sont détruites depuis longtemps. Celles en bronze ont disparu également ; la plupart ont été jetées au creuset à cause de la valeur intrinsèque du métal. Mais il nous en reste quelques-unes en fer forgé.

La forme de ces- croix diffère quelque peu de celle des croix de pierre et de bois : elles sont plus sveltes et plus finement travaillées.

En voici une (fig. 2) que l'on voit au cimetière de l'hôpital de Lessines. Elle est en fer forgé et date probablement du xv® siècle.

Le socle en pierre de France, dans lequel on l'a fixée est plus moderne; il porte le millésime 1512 et les lettres IHS enlacées.

Les croix de cimetière continuèrent à être en usage pendant l'époque de la Renaissance, et prirent alors la forme que nous leur voyons encore aujourd'hui.

Croix de cimetièro, du xv^ siècle, à l'hôpital de Lessines.

Elles sont presque toujours accompagnées des statues de la sainte Vierge et de saint Jean, et quelquefois d'une peinture représentant le purgatoire. Lorsque le cimetière est adjacent à l'église, la croix se place ordinairement sous un auvent contre le chevet du chœur. Les croix triomphales, qui se trouvaient pendant la période ogivale au-dessus du jubé à l'intérieur de l'église, ont été employées, en plusieurs endroits, comme croix de cimetière.

§ 14. — Fonts baptismaux.

Les fonts baptismaux de la période ogivale présentent les mêmes formes générales que ceux du xi* et du xii^ siècle, avec cette différence toutefois que leur cuve est ordinairement moins large et moins profonde que celle des fonts romans. Cette différence fut le résultat de l'abandon du baptême par immersion au xiii® siècle.

Comme précédemment, parmi les fonts les uns ont la forme d'une cuve sans support, ronde, carrée, ou à six ou huit pans ; quelques-uns sont portés par un gros pilier central, cantonné, aux angles de la cuve, de quatre colonnettes; enfin, la plupart sont monopédiculés.

A. Les fonts en forme de cuve sans support se rencontrent encore quelquefois pendant la période ogivale, mais pas audelà du xiii'^ siècle et beaucoup plus rarement que pendant la période romane. Les fonts en bronze de la cathédrale de Hildesheim, qui datent de la dernière moitié du xiii* siècle, offrent, sans contredit, le plus riche spécimen de cette forme. La cuve cylindrique, un peu évasée, mesure un mètre de diamètre, et repose sur le dos de quatre personnages accroupis, portant chacun une urne, d'où s'échappe une source abondante. Ces personnages symbolisent les quatre évangélistes ; voyez ci-dessus, I, p. 4S4. Autour de la cuve on voit, sous des arcatures trilobées, quatre basreliefs représentant : P Moïse faisant passer la mer Rouge au peuple d'Israël, 2° les Hébreux portant l'arche d'alliance et traversant le Jourdain à pied sec sous la conduite de

Josué, 3" le baptême de Notre-Seigneur, et 4° le donateur agenouillé devant la sainte Vierge assise, tenant l'Enfant Jésus sur le bras, et placée entre deux saints évêques. Les deux premiers sujets, empruntés à l'histoire de l'ancien Testament sont des figures du sacrement de baptême. Les arcatures trilobées qui encadrent les bas-reliefs reposent sur des colonnes dont la base s'appuye sur la personnification d'une vertu cardinale inscrite dans un cercle, et dont le chapiteau est surmonté d'un des quatre grands prophètes placé également dans un cercle. Les symboles ailés des quatre évangélistes se trouvent immédiatement au-dessus des prophètes. Le couvercle, de forme conique, est, comme la cuve, orné de quatre bas-reliefs figurant les sujets suivants : 1° le massacre des Innocents, 2** les œuvres de miséricorde, 3" sainte Marie Madeleine aux pieds du Sauveur, et 4° la floraison de la verge d'Aaron au milieu des onze autres verges des tribus d'Lsraël. « Je ne connais rien, dit Didron, de la base au couvercle, comme iconographie et comme texte, de plus théologique et de plus poétique que ce font de Hildesheim, et quand on songe que sur ce bronze, large de un mètre et haut de deux mètres seulement, il y a soixantedix-sept personnages, dont vingt isolés et cinquante-sept composant huit scènes diverses; en outre quarante inscriptions différentes, dont vingt-quatre vers et seize textes bibliques, le tout, figures et paroles, concourant à constituer une œuvre de métal, un font de baptême, on doit prendre en pitié les pauvres gens de notre époque qui raillent le moyen âge en général et le xrii® siècle en particulier, époque du bronze de Hildesheim. ^ Annales archéologiques, XIX, p. 187. On trouve une bonne gravure des fonts de Hildesheim dans De Caumont, Abécédaire, 5^= éd., p. 537.

B. Les fonts à cuve carrée et portée sur une jnle centrale entourée de quatre colo?i7iettes soutenant les angles de la cuve, qui étaient très communs pendant la période romane (voyez ci-dessus, I, pp. 402 et sv.), ne se rencontrent plus en Belgique après le xii^ siècle, pour autant qu'il est à

notre connaissance. En France, on trouve quelques rares exemples de fonts de l'époque ogivale, présentant cette forme, qui parait n'y avoir été abandonnée que dans le cours du XIV® siècle.

C. Les fonts monopédicidés, c'est-à-dire portés sur une seule pile, furent les plus communs pendant toute la durée de la période ogivale. Leurs cuves, au lieu d'être, comme celles des fonts romans, circulaires ou carrées à l'extérieur, sont ordinairement à six ou huit pans. Le bassin continue à présenter, comme pendant la période romane, la lorme hémisphérique ou ovalt ; il est souvent muni, dans sa partie la plus basse, d'un orifice servant à vider la cuve. Voici (figg. 1 et 2) deux exemples de fonts monopédiculés. La fig. 1

Fonts baptismaux de l'église de Dmant. (xiiie xive siècle).

représente les fonts de l'ancienne collégiale de Dinant, qui semblent dater de la fin du xiiT ou des premières années du XIV* siècle; ils offrent une disposition foit rare, en ce qu'une petite cuve, destinée à recevoir les eaux qui ont servi à baptiser, se trouve à côté du réservoir principal. La figure 2 reproduit les fonts de l'église d'Idegem, près de Ninove. Ce dernier genre de fonts a été le plus répandu

^*^' ^' pendant toute la période ogi-

vale, et l'on en rencontre de semblables dans un grand nombre d'églises.

Les fonts de Dinant et d'Idegem sont en pierre, comme la plupart des fonts baptismaux de l'époque ogivale. Cependant, dès la fin du xiv% et surtout au xv* siècle , on rencontre , en Belgique et en Allemagne, des fonts raonopédiculés en laiton. Les plus remarquables de ce genre que nous possédions en Belgique sont ceux de l'église de Notre- Dame, à Hal, qui datent de l'année 1444; nous en donnons la gravure à la page suivante. Il en existe aussi de très beaux, du xv^ siècle, à l'église de Saint-Pierre à Louvain; leur cuve, à' huit lobes, est portée par une pile centrale, munie de contre-forts et se divisant dans la direction et à peu de distance du sol, en huit parties dont les extrémités s'appuyent sur le dos d'autant de lions couchés qui servent de supports ou de pieds à tout le monument. De minces piles, en forme de pinacle, s'élancent verticalement de la courbure de chacun de ces pieds pour soutenir les huit lobes de la cuve.

En France, les fonts en laiton ou en bronze ne se rencontrent pas pendant la période ogivale; mais on y trouve, de même qu'en Allemagne, quelque? fonts en plomb. Ces derniers sont inconnus en Belgique.

Fonts baptismaux de l'église d'Idegem.

(xive ou xve siècle).

Comme nous l'avons dit ci-dessus, I, p. 403, presque tous les fonts romans sont couverts de sculptures décoratives, symboliques ou historiées. Sur les fonts de la période

Fonts baptismaux en lailoii, à l'église de Notre-Dame, à Hal (1444).

ogivale, au contraire, les sujets historiques et légendaires, de même que les figures symboliques et fantastiques, sont très rares. Ce n'est qu'exceptionnellement qu'on y trouve encore, comme à Hildesheim, le baptême de notre Sauveur et d'autres scènes de l'ancien et du nouveau Testament, ou bien, comme à Hal, le baptême du Christ et des personnages isolés, placés sous des arcatures. Ces derniers fonts, dont nous donnons la gravure p. 331 (fig. 3), sont ornés, sur les quatre faces de la pile supportant la cuve, des statuettes des quatre docteurs de l'Église latine; à l'étage inférieur du couvercle, on voit les douze apôtres, et à l'étage supérieur saint Hubert, saint Martin, saint Georges et la donatrice des fonts. Le tout est couronné par le baptême de Notre-Seigneur. * Ce monument, dit Gailhabaud, est, à notre connaissance, le plus capital du genre, et celui qui, à l'heure présente des découvertes, peut nous donner la plus complète idée de ce que fut, vers la fin du moyen âge, la constitution de cette classe ou famille d'édicules.Rien ne saurait rendre l'impression que produit l'ensemble de l'œuvre sur l'âme du spectateur; aussi faut-il l'avoir vu pour sentir tout ce qu'il offre de vraiment monumental, de réellement artistique et de positivement religieux. « Z'arc/iiL ei les arts qui en dépendent, IV. Les ornements purement décoratiJs, tels que rinceaux, feuillages et mascarons, ne se rencontrent aussi que rarement sur les fonts des xiii*, xiv® et xv* siècles, et, lorsqu'ils sont employés, ils présentent tous les caractères de la sculpture monumentale de la période ogivale. Toute l'ornementation des fonts ogivaux, surtout au xv^ siècle, consiste ordinairement en un certain nombre de moulures que l'on voit sur la cuve et sur le pédicule qui la supporte (fig. 2).

Couvercles des fonts haptismaux . Pour empêcher la poussière et les immondices de pénétrer dans le réservoir des fonts et le mettre à l'abri de toute profanation, les évéques et les synodes prescrivirent de bonne heure qu'on le fermât avec soin et qu'il fût muni d'une serrure.

Les couvercles des fonts en pierre étaient généralement

d'une grande simplicité ; ils consistaient d'ordinaire dans un panneau de bois ou une mince table de pierre, sans la moindre ornementation. Dans quelques églises de la Flandre on voit encore les anciens couvercles des fonts ; ils sont en pierre et munis de deux anneaux afin de pouvoir les soulever facilement. Presque partout ces objets sont maintenant hors d'usage et remplacés par des couvercles en laiton ou en autre métal.

Dèê la période romane, les fonts en métal furent munis de couvercles richement ornés de statuettes, de bas-reliefs et d'autres motifs de décoration. C'est ainsi, par exemple, que les fonts en bronze de Saint- Barthélemi, à Liège, se fermaient autrefois au moyen d'un couvercle où l'on admirait les figures des apôtres et des prophètes ; voyez ci-dessus, I, p. 405. Pendant l'époque ogivale, le même luxe d'ornementation resta en usage pour les couvercles des fonts en métal. Nous avons décrit ci-dessus, pp. 328 et 332, ceux des fonts de Hildesheim (xiii* siècle) et de Hal (xv^ siècle). Ces couronnements ont ordinairement la forme conique ou pyramidale, et sont décorés, surtout à partir du xiv* siècle, d'arcatures, de dais, de crêtages, de statuettes; et, lorsqu'ils ont la forme d'un pinacle, les arêtiers de leur flèche portent des crochets. En Angleterre, les fonts en pierre furent aussi quelquefois munis de couvercles de laiton ou de bronze, en forme de clocheton.

A cause de leur poids considérable et de la délicatesse de leur ornementation, ces couvercles métalliques nécessitèrent l'emploi d'appareils spéciaux lorsqu'ils devaient être déplacés. Au commencement de la période ogivale, on eut souvent recours à l'emploi combiné de la poulie et du contre-poids. Mais, au xv* siècle, ce système primitif, dans lequel le couvercle monte ou descend verticalement, fut généralement remplacé par la potence en fer forgé, au moyen de laquelle le couvercle se déplace horizontalement par un simple mouvement de pivot. Le système du pivot est suffisant, lorsque le couvercle et les fonts out des bords entièrement plats et

unis, qui, par conséquent, ne s'emboîtent pas l'un dans l'autre. Mais il arrive souvent que, pour mieux clore les fonts, leur bord supérieur est muni d'une moulure saillante, un peu en retraite, et le couvercle d'une feuillure intérieure destinée à former une sorte d'encastrement. Dans ce cas, le système du pivot seul est insuffisant, et il est nécessaire de le combiner avec celui du levier, si l'on veut déplacer le couvercle ; en effet, il faut alors, au moyen de la potence, faire deux actions successives : d'abord, produire un mouvement de levier pour soulever verticalement le couvercle; puis imprimer à celui-ci une impulsion horizontale pour l'éloigner de dessus les fonts. La potence des fonts de Notre-Dame, à Hal, offre un des plus beaux et des plus curieux exemples de l'application du double système du levier et du pivot. L'examen attentif de la gravure de la page 331 (fig. 3), qui reproduit cette potence, suffit pour faire comprendre la manière simple et ingénieuse dont le ferronier a combiné le levier et le pivot. En exerçant, d'abord,- une pression de haut en bas sur la tige mobile on fait basculer le levier et l'on élève le couvercle ; on imprime ensuite au moyen de la même tige un mouvement horizontal à la potence pour découvrir la cuve.

^ 15. — Bénitiees.

Il y a deux sortes de bénitiers : les bénitiers fixes et les bénitiers portatifs.

Les bénitiers fixes consistent dans des cuvettes cylindriques ou polygones, avec réservoir hémisphérique, et placées près de l'entrée de l'église, à l'intérieur ou à Textérieur de l'édifice. Les uns sont isolés et portés sur un pied, les autres dépourvus de support. Ces derniers, qui font toujours corps avec la construction, se trouvent soit dans des niches (ce qui se voit le plus souvent en Angleterre), soit en saillie sur le nu d'un mur ou d'un pilier, dans lequel ils sont encastrés. On en rencontre du xiii® siècle qui sont couronnés de dais; tel est celui de Villeneuve-le-Roy (France),

dont on voit de bonnes gravures dans De Caumont, Abécédaire, ff éd., p. 539, et Viollet-le-Duc, Dictionnaire de V architecture, II, p. 202. Bien que les bénitiers pédicules fussent déjà en usage au xm« siècle, et peut-être môme beaucoup plus tôt, ce ne fut cependant qu'au xiv" et au XY* qu'ils devinrent très communs. Ils présentent la plus grande analogie avec les fonts baptismaux contemporains, à tel point qu il est souvent difficile de distinguer, à la Fig. 1. première vue, si l'objet qu'on a

devant soi servait primitivement de bénitier ou de fonts. La capacité restreinte du réservoir et l'absence de l'orifice destiné à l'écoulement des eaux baptismales fournissent souvent un indice suffisant pour déterminer que c'est un bénitier et non pas une cuve baptismale. Voici (fig. 1) un bénitier datant probablement du XV* siècle, que l'on trouve à l'église de Bilsen (Limbourg); il est octogone, orné de têtes sur quatre de ses faces, et mesure 0"'95de hauteur.

La plupart des bénitiers fixes de la période ogivale qui existent encore de nos jours sont en pierre.

Il y en avait cependant aussi autre- Bénitier pédicule, du xve siècle, fois un certain nombre en bronze à l'église de Bilsen (Limbourg). et en laiton. Le souvenir de quelques-uns de ces bénitiers en métal nous est conservé soit par des dessins et des gravures, soit par le témoignage d'écrivains anciens. On en trouve même quelques rares exemples qui ont échappé à la destruction. Nous citerons entre autres ceux, en laiton, des églises de Saint-Jacques et de Saint- Michel à Louvain. Ils datent, l'un et l'autre, de la dernière moitié du xv* siècle, et servent actuellement de fonts baptismaux. Ils se composent d'un bassin hémisphérique, porté par une colonne cylindrique, et sont ornés d'inscriptions qui

^'^ ^- déterminent le symbo-

lisme de l'eau bénite.

Nous transcrivons ici ces inscriptions à cause de l'intérêt qu'elles présentent. Autour du bénitier de Saint-Jacques, dont nous donnons une gravure (fig. 2), on lit :

f Sex. operatur. aqua.

per. presbitrum. benedicta. Cor. mundat.fugat. accidiam. venialeque. tollit. Au g et. openi.

removet .hostem.fantasmaque.pellif.. (i); et sur le bénitier de Saint Michel : f Nempt hier water. ghebenedijt . dat gliy . moet . werden nwer. sonden. quijt. Nempt. hier, ghebenedijt . loater. dat God. u. sonden. iville. verlaten.i^. Deux autres inscriptions, placées sur le pied de ces bénitiers, nous apprennent que celui de Saint-Jacques est un don fait par sire Jean Pynnock en 1467, et que celui de Saint-Michel date de 1473 (h). Un bénitier presque semblable et datant de la fin du xv^ ou du commencement du xvi® siècle se trouve à l'église de Notre- Dame, à Hal; il a conservé sa destination primitive. A l'église de Saint-Léonard, à Léau, on voit un bénitier de l'année 1468, dont le pédicule est en pierre, et la cuve en laiton et munie d'anneaux.

(1) «L'eau qui a été bénite parle prêtre opère six effets : elle purifie le cœur, chasse la tiédeur et remet le péché véniel. Elle augmente la grâce, met l'ennemi en fuite et dissipe les fantômes. »

(2) «Prenez ici de l'eau bénite afin que Dieu vous remette vos péchés. Prenez ici de l'eau bénite afin que soyez délivré de vos péchés. »

(3) Voici ces deux inscriptions : f BU. vnjwatervat . hee/é. doen. tnaken. Jan. Pijnnoc. naturlijk, int. jaer. on», Heren. m.cccc. ende. Ixvij. et : f Dit, wijwaiervat. was. voldaen. int. jaer, m.ceee, Ixxiij. ait. ment. nier. liet. ttaen.

Bénitier en laiton, de 1467, à l'église de Saint- Jacques, à Louvain.

Une particularité assez grotesque et dont on n'a pas encore fourni une explication satisfaisante se remarque dans quelques bénitiers français du xv* siècle. « Quelquefois, dit Viollet-le-Diic, les sculpteurs se sont plu à figurer, au fond des cuves des bénitiers, des serpents, des grenouilles, des poissons, puérilités d'assez mauvais goût et qui font l'admiration de beaucoup de gens. Si ces fantaisies avaient pour but de rappeler aux fidèles qu'ils doivent prendre de l'eau bénite en entrant dans l'église, il faut avouer que cette singulière façon d'attirer l'attention eut un plein succès. A l'époque où le zèle religieux se refroidissait, les artistes s'ingéniaient souvent à exciter la curiosité, à défaut d'autre sentiment. Nous pensons qu'il faut classer ces sculptures d'animaux au fond des cuves des bénitiers parmi les fantaisies, parfois burlesques, des sculpteurs du xv* siècle, quoiqu'on ait voulu trouver à ces figures un sens symbolique. y> Dictionnaire de V architecture, II, p. 203.

Les bénitiers portatifs sont des vases, avec anse, destinés à contenir l'eau bénite dont on se sert pour les aspersions prescrites par la liturgie. L'usage de commencer la messe solennelle du dimanche par une procession à l'intérieur de l'église,pendant laquelle on asperge le peuple avec l'eau bénite, remonte aux premiers siècle du christianisme. Les capitulaires de Charlemagne confirment déjà cet usage, et un concile tenu à Nantes en 901 enjoint aux curés de faire l'eau bénite le dimanche, dans un vase net et convenable, pour que le peuple en soit aspergé et que le prêtre puisse la porter chez les malades et les en asperger eux et leur maison.

Les bénitiers portatifs sont habituellement en métal ; on en trouve cependant aussi, surtout parmi les plus anciens, qui sont en ivoire ou en pierre dure et précieuse. Les deux plus célèbres en ivoire sont ceux de Notre-Dame, à Aix-la- Chapelle, et de la cathédrale de Milan. Ils sont ornés, l'un et l'autre, de bas-reliefs ; le premier est du x*, et le second du xii^ siècle. Au trésor de l'église de Saint-Marc, à Venise, on conserve un bénitier très ancien, taillé dans un grenat, H. -^2

Fiî

et, à la cathédrale de Spire, un du xii'' siècle, en bronze. Tous ces bénitiers sont, comparativement à ceux en usage depuis le xv® siècle, de très petite dimension; ils ne mesurent que 20 centimètres plus ou moins de hauteur, avec un diamètre qui varie entre 10 et 13 centimètres.

Lorsque, au xv° siècle, les bénitiers portatifs en métal devinrent d'un usage général, on commença aussi à leur donner des dimensions plus grandes. On en rencontre

cependant encore plusieurs de cette époque qui sont très petits; tel est celui en laiton de l'église de Sainte- Gertrude, à Louvain, dont nous donnons ici (fig.

3) la gravure ; il date du xv® siècle, et n'a que 12 centimètres de hauteur, et 15 centimètres de diamètre.Un bénitier entièrement semblable fait partie du trésor d'Aixla-Chapelle.

La plupart des bénitiers anciens ont la forme d'un seau ; quelquesuns présentent un renflement considérable sous le bord supérieur et s'évasent sensiblement vers la base. On en trouve qui portent une inscription faisant, comme sur les bénitiers fixes, allusion au symbolisme de l'eau bénite.

Bénitier portatif, du xve siècle, à l'église de Sainte- Gertrude, à Louvain.

Fie. 1.

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§ 16. ■ — Grilles et clôtures.

A. Grilles en fer. Les grilles du xiii" siècle présentent à peu près le même aspect générai que celles de la période romane; voyez ci-desstis, I, p. 407. Ce sont, comme précédemment, des montants verticaux compris dans un châssis et réunis par des ornements en forme de j;, composés au moyen de brindilles en fer à section variée. Cependant, lorsque les grilles étaient destinées pour des cathédrales ou

des édifices importants, les brindilles à extrémités simplement enroulées et ne portant pour tout ornement que quelques traits gravés au burin ou quelques coups de poinçon , semblèrent trop pauvres aux artistes du XIII' siècle. Ils cherchèrent donc d'abord des combinaisons d'ornements autres que celles en forme ^' de .'-, en réunissant @^' plusieurs panneaux de manière à composer un grand dessin,par exemple un bouquet (fig. 1).

Souvent aussi, on remplaça les extrémités enroulées des brindilles par des ornements étam-

Fragment de grille, du xiiie siècle.

Fragment de grille du xiiie siècle, à Téglise de Saint- Denis, près de Paris.

pés , c'est-à-dire enlevés à chaud dans une étampe ou matrice d'acier; voyez ci-dessus, II, p .'5 1. Voici (fig. 2) un fragment en forme de œ, emprunté à une grille du XIII® siècle que l'on voit à l'église de Saint-Denis près de Paris. Cette curieuse grille étampée offre, en outre, cette particularité qu'elle est dépour- \ ue de montants verticaux. La suppression des montants jicut se faire sans inconvénient dans des clôtures de petite dimension, légères et délicates; mais, pour des grilles plus grandes et exposées constamment aux poussées de la foule, le système de panneaux d'ornements compris entre des montants et des traverses est le seul qui puisse donner la solidité nécessaire, sans nuire à l'asjjcct de légèreté.

Les cénotaphes élevés dans des endroits fréquentés de l'église, les châsses exposées publiquement à la vénération des fidèles et les armoires des trésors étaient souvent protégés par des grilles richement travaillées. Ces grilles, décorées d'ordinaire de brindilles étarapées du côté extérieur seulement, sont parfois armées de grandes pointes et de «bardons en fer qui en empêchent l'escalade.

Dans les grilles du xiv* et du xv^ siècle, les montants et les traverses continuent à être employés ; mais, les brindilles contournées et étampées des grilles du xiii^ siècle sont vrniplacées par des ornements obtenus au moyen de plaques <;n fer battu, découpées en fleurons ou en feuillages. Ensuite, au lieu d'être attachés, comme précédemment, aux montants

Ti?.. 3.

par des embrasses non soudées, ces ornements y sont fixés par des clous ou rivets. Les châssis sont souvent supprimés, et les montants, après avoir passé à travers tous les œils des traverses, se terminent ordinairement, à leur souiuiet, par des couronnements plus ou moins riches, consistant en fleurs de lis ou fleurons de tôle soudée, semblables à ceux de la potence des fonts baptismaux de Hal, que nous avons reproduits ci-dessus, p. 331.

Les gpilles donnantes (c'est-à-dire fixées à demeure et ne s'ouvrant pasi, qu'on plaçait devant les fenêtres dans les trésors d'église, les salles capitulaires, les dépôts d'archives, les châteaux et môme dans les maisons privées, sont souvent munies de pointes en ter disposées en épi aux deux extrémités des montants. Quelquefois ces grilles épineuses ont, en outre, leurs montants et leurs traverses assemblés de façon qu'il est impossible de faire mouvoir les montants dans les œils des traverses, ou les traverses dans les œils des montants, ces œils étant alternativement pratiqués dans les traverses

Grille a œils pratiqués alternativement et dans les montants, COmme dans les montants et les traverses. j'i^flique notre fig. 3.

B. Clôtures eu bois. Au lieu de grilles en fer, on s'est aussi servi de clôtures en bois pour isoler des chapelles. Ces clôtures, œuvres remarcpiables de menuiserie, présentent la même forme que les screens anglais dont nous avons parlé ci-dessus, pp. 290 et svv. h:iles sont régulièrement pleines jusqu'à un mètre environ de hauteur, et ajourées dans leur partie supérieure. Presque toujours en chêne, elles doivent leur bonne conservation non-seulement à l'art bien entendu avec lequel elles sont travaillées, mais aussi à l'excellent choix et à la sécheresse des bois mis en œuvre. A partir du

ris. 4.

Clnfnrp pn hn

Clôture en bois, provenant de la chapelle du Val-des-Écoliers, à Mons,

actuellement au musée royal d'antiquités, à Bruxelles.

(Commencement du xvie siècle).

XIV* siècle, leur partie basse est formée de deux ou plusieurs rangées superposées de panneaux pleins, compris ou embrevés entre des montants et des traverses. Ces panneaux sont souvent sculptés et décorés d'ornements figurant soit des meneaux de fenêtre (figg. 4 et 5), soit des feuilles de parî^'g '^- chemin pliées (tig. 6). La

partie supérieure de ces clôtures se compose ordinairement d'arcatures ajourées. Nous donnons (figg. 4 et 5) deux beaux spécimens de ces clôtures en bois. La première (fig.

4), que l'on voit à l'église de Notre-Dame à Hal, est de 1480 environ, et se trouve à l'entrée de la chapelle renfermant les beaux fonts en cuivre que nous avons décrits précédemment. Les ogives des arcatures ajourées sont

Panneau à feuille de parchemin (xve siècle), en ter. La lig. O reproduit une clôture de la fin du xv*" ou du commencement du xvi^ siècle, faisant partie du musée royal d'antiquités (porte de Hal) à Bruxelles, et provenant de l'ancienne abbaye du Val-des-Ecoliers, à Mons.

Nous ferons remarquer, en terminant, que, pendant le moyen âge, l'art de la ferronnerie et celui de la menuiserie étaient bien mieux cultivés et plus prospères dans le nord de l'Europe que dans le midi. Aussi est-ce dans les contrées septentrionales qu'on l'on trouve encore aujourd'hui les plus belles grilles anciennes en fer forgé et les clôtures en bois les plus soignées.

, . JL

^ 17. — Mobilier religieux.

1. Calices et patènes. La communion des fidèles sous l'espèce du vin ayant été abolie dans l'église latine vers la fin du xn* siècle, les calices ministériels à anses, dont nous avons parlé ci-dessus, I, p. 414, cessèrent d'être employés en Occident, et leur fabrication y fut complètement abandonnée. Aussi, tous les calices ministériels d'origine occidentale 'sont-ils antérieurs à la période ogivale. En Grèce et en Orient, au contraire, où la communion s'administre encore aux laïques sous les espèces du pain et du vin, l'usage des calices ministériels s'est maintenu jusqu'à nos jours.

Les calices ordinaires, c'est-à-dire ceux à l'usage du prêtre qui célèbre le saint sacrifice de la Messe, ont généralement au XIII* siècle, comme aux deux siècles précédents, la coupe très large et peu profonde, le pied rond et de grand diamètre, la tige courte et ornée d'un nœud épais, muni souvent de côtes saillantes, plus rarement de médaillons circulaires. Voici (figg. 1, 2 et 3) des exemples de calices du XIII® siècle, qui, mieux que de longues descriptions, donneront une idée exacte de la forme des calices de cette époque. Le premier (fig. 1), en vermeil, fait partie du trésor des Sœurs-de-Notre-Dame, à Namur, et provient de l'ancienne abbaye d'Oignies. Il est l'œuvre du célèbre moine Hugo, qui vivait au commencement du xiii® siècle. Son pied est rond et orné de dix plaques niellées présentant la forme de feuilles lancéolées, sur lesquelles sont représentés le Christ en croix, la sainte Vierge, saint Jean-Baptiste, saint Jean l'Evangéliste et six apôtres (i). Les écoinçons formés par les extrémités de ces plaques sont couverts de ciselures imitant des feuillages et des fruits. L'inscription suivante court le long de la plate-bande du pied : f Hvgo me fecit :

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