‹ Eléments d'archéologie chrétienne (volume 2)Chapitre 16 sur 30 · ORATE PRO EO : CALIX ECCLESIE BEATI NICHOLAI DE OGNIES · texte numérisé non relu

ORATE PRO EO : CALIX ECCLESIE BEATI NICHOLAI DE OGNIES

AVE. Le na^ud, formé de dix côtes ciselées et niellées, se

(1) Dans notre gravure, ces personnages ont été erronément figurés par des miceaax et des feuillages.

Fig. 1.

Fig. 2.

Calice du xiiie siècle, au trésor des Sœurs-de-N.-D., à Namur.

Hauteur : 0,178.

Diamètre de la coupe : 0,148.

Diamètre du pied : 0,154.

Diamètre de la patène : 0,175.

Calice du xm° siècle, au trésor de la cathédrale de Troyes (France).

Hauteur : 0,155. Diamètre de la coupe : 0,12.

Diamètre du pied : 0,15.

Diamètre de la patène : 0,16.

trouve placé entre deux bandes de filigranes du travail le plus délicat. Le calice de Troyes (fig. 2), en argent travaillé au repoussé, a été trouvé en 1844 dans le tombeau de l'évêque Hervée, mort en 1223. Celui du trésor de Maestriclit (fig. 3), également en argent doré et repoussé, est probablement un calice de voyage, calix itinerarius.

Les calices allemands du xiii° siècle ont généralement les mêmes formes que ceux dont nous venons de parler,

Fin

Fi£

Calice du xiiie siècle, au trésor de Saint-Servais, à Maestricht.

Hauteur : 0,115.

Diamètre de la coupe : 0,00.

Diamètre du pied : 0,09.

Calice du xiii* siècle, au musée diocésain de Bruges.

Hauteur : 0,15.

Diamètre de la coupe : 0,11.

Diamètre du pied : 0,14.

avec cette dififérence toutefois que leur ornementation est souvent plus recherchée, quelquefois même excessive. L'influence de l'orfèvrerie allemande de la période romane s'y fait encore sentir; voyez ci-dessus, I, p. 413.

Outre les calices précieux et ornés, tels que ceux de Namur et de Troyes, on en trouve aussi, du xiif siècle, qui sont d'une grande simplicité. Nous citerons comme exemples le calice en cuivre doré (fig. 4) du musée diocésain de Bruges, et celui qui est figuré, entre les mains du prêtre, sur la pierre tombale de Forest reproduite ci-dessus, p. 306. La plupart des calices funéraires en plomb, découverts dans des tombes d'évêques ou de dignitaires ecclésiastiques du xii° et du XIII® siècle, présentent des formes semblables.

Au XIV* siècle, et môme déjà vers la fin du xiii*,un changement assez notable s'opère dans la forme des calices. La

coupe se rétrécit, et d'hémisphérique qu'elle était auparavant, devient conique ou infundibuliforme, c'est-à-dire ressemblant à un entonnoir, La fausse coupe, presque inconnue dans les calices du xiii* siècle, devient commune, sans cependant prendre une grande importance ; rarement elle fait défaut, comme dans l'exemple que présente notre fig. 5. La tige, qui, pendant la première moitié du xiii^ siècle, était régulièrement cylindrique, devient anguleuse et prismatique, et offre ordinairement six faces. Les côtes du nœud font place à des boutons ronds, carrés ou losanges, également au nombre de six, et presque toujours incrustés d'émaux, de nielles ou de pierres précieuses. Sur les six boutons sont quelquefois inscrites les six lettres du saint Nom de Jésus, qu'on orthographiait alors : JHESUS. Le pied est divisé en six lobes, ornés de nielles, d'émaux ou de gravures au trait, représentant des figures de saints, ou même quelquefois des sujets; ces six lobes correspondent aux six faces de la tige et aux six boutons du nœud. La plate-bande inférieure du pied est ajourée et découpée en trèfles, quatre-feuilles ou arcatures; et son diamètre, toujours moindre que dans calices romans, conserve néanmoins une assiette assez large pour obvier à tout danger de renversement. On peut dire, en résumé, que les calices du xiv*' siècle, comparés à ceux des siècles précédents, ont plus d'élévation, mais que les diamètres de leur coupe et de leur pied sont beaucoup moindres.

La forme générale des calices du xv^ siècle est à peu près la même que celle des calices du XIV^ Toutefois, dans certaines contrées, par exemple en Belgique, on constate que les lobes du pied, les faces de la tige et les boutons du nœud sont souvent au nombre de huit au lieu de six (fig. 9). Ce changement fut introduit vers le milieu du xv^ siècle. Les calices allemands du xv^ siècle présentent une autre particularité : les boutons du nœud y sont souvent remplacés par des arcatures finement ouvragées, avec ou sans statuettes. Ces arcatures, ornées de gables à crochets, et même quelquefois de pinacles, rendent le maniement de ces calices très difficile (fig. 8).

Voici une série de calices du xiv* et du xv^ siècle Fig. 5. Fig. 6.

Calice du xive siècle, à Kloster Neuburg.

Fis. 7.

Calice du xve siècle, au trésor de Dantzig.

Fig. 8.

Calice du xve siècle, au trésor d'Aix-la-Chapelle.

Calice allemand du xv*' siècle, au trésor de Dantzig.

Calice du xve siècle, provenant du couvent des Frères-Cellites, à Anvers.

hes patènes de la période ogivale ont, comme celles de la période romane, la forme d'un petit plateau présentant au milieu un enfoncement circulaire. Le fond du plateau porte assez souvent, niellé ou gravé au trait, un cercle ou un quadrilobe inscrivant soit l'Agneau divin, soit la main nimbée qui symbolise la Divinité (fig. 2), soit tout autre sujet. Une petite croix est quelquefois figurée sur le bord du plateau (fig. 1). Le calice du frère Hugo d'Oignies, décrit et figuré ci-dessus, p. 346, est muni d'une belle patène qu'on peut proposer aux orfèvres comme un excellent modèle à imiter. Son bord est orné d'une petite croix niellée, et son fond d'une charmante nielle, représentant la très sainte Trinité, que nous avons donnée sur grande échelle dans notre tome I, p. 457. Voici (fig. 10) la patène du calice de Maestricht reproduit ci-dessus p. 347 (fig. 3).

Patène du xiiie siècle, au trésor de Saint-Servais, à Maestricht.

Diamètre : 0,123.

2. Burettes. Il ne nous reste que de rares spécimens de burettes remontant à l'époque ogivale. En voici cependant quelques exemples, au moyen desquels on pourra se faire une idée des formes variées qu'elles présentaient.

Deux de ces burettes appartiennent au xiii® siècle; ce sont celles que reproduisent les figg. 1 et 3. I.a première Fig. 1. Fig. 2. Fig. 3.

Burette du xiiie siècle, Burette du xive siècle. Burette du xiiie siècle, à la Bibliothèque nationale, au trésor de Notre-Dame, provenant de l'abbaye

(tig. 1), en cuivre émaillé, se conserve à la Bibliothèque nationale, à Paris ; la deuxième (fig. 3), en cristal de roche orné d'une figure d'aigle assez grossièrement taillée, a une monture en argent ciselé, gravé et niellé, et provient de l'ancienne abbaye de Grandmont (France).

Les trois autres exemples de burettes que nous donnons (tigg. 2, 4 et 5) sont du xiv® et du xv® siècle. Celle en forme d'ange (fig. 2) date des dernières années du xiv® ou du commencement du xv® siècle et se voit dans le trésor de Notre-Dame, à Aix-la-Chapelle, Le vin et l'eau étaient contenus dans le corps de l'ange, et en sortaient par un petit goulot placé au sommet de la poitrine, que nous avons marqué de la lettre A. Les ailes de l'ange, en se rapprochant, faisaient fonction d'anse. La lettre V est répétée sur chacun des six lobes du pied sur lequel pose l'ange au vin, et la lettre A sur les lobes du pied de l'ange à l'eau. C'est au XIV® siècle seulement qu'on commença à marquer la burette du vin de la lettre V {vinum) et celle de l'eau de la lettre A [aqua).

Les figg. 4 et 5 reproduisent des burettes du xiv^-xv* sîè- Fig, 4. Fig. 5. cle, d'une forme plus simple.

t Celle de la fig. 4, en cristal

et à pied hexagone en vermeil, est munie d'une anse en serpent et d'un goulot dont le bec se termine en gueule le lion ; elle fait partie de la collection du prince de HohenzoUern - Sigmarin-

Harette du xive-xvc Burette du xive-xveo-en. Celle de la fig. 5, éga- ^iècle, dans la collée- siècle, »" trésor de j^^^^g^j. ^^ vermeil, est d'une lion du prince de Notre-Dame à Aix- . ^• •., . •,

ifohenzoUeru-Sigma- la-Chapelle, gî^ande Simplicité, et pourrait r^ringen. avantageusement servir de

•nodèle pour des burettes en style du xiv^ et du xv^ siècle; 8a hauteur totale est de 14 centimètres.

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