‹ Eléments d'archéologie chrétienne (volume 2)Chapitre 20 sur 30 · Observations préliminaires. Les parties principales · texte numérisé non relu

Observations préliminaires. Les parties principales

dont se composent les abbayes et les monastères du moyen âge sont : l'église, le cloître, le réfectoire, la salle capitulaire, le chauffoir, le dortoir, le logement de l'abbé, les appartements pour les étrangers, les granges, le cellier, la prison et les bâtiments de service. Ces différentes parties se trouvent ordinairement placées de la même manière, surtout dans les maisons qui suivent la même règle. Le plan de l'abbaye de Saint-Gall, qui date du ix® siècle et que nous avons reproduit ci-dessus, I, p. 446, présente déjà la plupart des dispositions générales que l'on observe dans presque toutes les abbayes élevées pendant le moyen âge.

L'église est toujours orientée, c'est-à-dire qu'elle a le chevet du chœur tourné vers l'orient. Au bas côté méridional de la nef se trouve adossé le cloître, duquel on entre dans l'église par deux portes placées aux extrémités de la galerie longeant l'église : l'une près du porche, l'autre dans le voisinage du transept. La galerie opposée, qui forme le côté méridional du cloître, donne accès au réfectoire. La salle capitulaire et le chaufi'oir occupent le rez-de-chaussée le long de la galerie orientale, qui touche d'un côté au transept de l'église; et au-dessus, à l'étage, est le dortoir, qui commu-

nique avec l'église au moyen d'un escalier conduisant du dortoir dans le transept. Les constructions qui s'élèvent à l'occident du cloître servaient primitivement aux frères convers, qui, au xu* et au xiii® siècle, étaient très nombreux dans les grandes abbayes. Mais, lorsque plus tard, cette institution eut été supprimée et les frères convers réduits au nombre strictement nécessaire pour le service des religieux proprement dits, ces bâtiments furent atFectés à d'autres usages. Assez souvent on y établit le logement des hôtes, et une partie fut transformée en celliers et magasins.

Les différents ordres religieux montraient chacun des préférences bien marquées dans le choix de l'emplacement lorsqu'il s'agissait de fonder une nouvelle abbaye ; chacun avait ses sites favoris. Les Bénédictins choisissaient ordinairement les lieux élevés et les montagnes. Les Cisterciens, au contraire, aimaient à s'établir dans les vallons sur les bords d'un ruisseau (i). La ressemblance dans la disposition de leurs différentes parties qu'offrent la plupart des abbayes cisterciennes est particulièrement frappante; presque toutes, lorsque les accidents du terrain le permettent, reproduisent pour ainsi dire servilement le plan des abbayes-mères de Clairvaux et de Citeaux. Voici (fig. 1) le plan primitif de l'abbayê de Villers (Brabant), reconstitué d'après les données fournies par des fouilles consciencieuses, faites récemment dans les ruines pittoresques du célèbre monastère. Ce plan offre cela de remarquable qu'il est en quelque sorte une des reproductions les plus fidèles du plan-type adopté par les constructeurs d'abbayes cisterciennes dans l'Europe occidentale au xii^ et au xiii^ siècle.

L'église, très vaste, se trouve en A; à son bas côté méridional est adossé le cloître B avec ses galeries ou promenoirs M ; à l'est du cloître, il y a en G la salle capitulaire,

(1) On connaît les deux vers plus ou moins satyriques qui expriment en peu de mots les préférences manifestées autrefois par quatre grands ordres religieux dauB le choix de leurs emplacements :

Bernardus valles, montes Benedictus amabat, Oppida Franciscus, magnas Ignatius urbes.

Fig. 1.

Est.

OUEBT.

Plan primitif de l'abbaye cistercienne de Villers (Brabant), fondée vers le milieu du xiie siècle.

A. Église.

B. Préaa du cloître.

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