‹ Eléments d'archéologie chrétienne (volume 2)Chapitre 9 sur 30 · LL · texte numérisé non relu

LL

if.

TriruriUiii du clmiur de la cathédrale de Tournai. (Dernière moitié du xiiie siècle).

Fig. 4.

Fi?. 5.

Triforiuni du transept de l'église Triforium de l'église de Notremétropolitaine, à Malines (xiiie-xive siècle). Dame, à Huy (xive siècle).

Fig. 6.

Fig. 7.

Triforium de l'église de Saint-Pierre, Triforium de l'église de Notre-Dame à Louvain. au-delà de la Dyle, à Malines.

(Milieu du xve siècle). (xve-xvie siècle).

On voit par ces exemples que, dans les triforiiims comme dans les arcatures décoratives (ci-dessus, p. 161), les retombées des archivoltes sont reçues sur des colonnettes avec chapiteau au xiii^ siècle, et sur des nervures-meneaux pendant les siècles suivants. La disposition des arcatures du triforium offre encore une autre analogie frappante avec celle des arcatures décoratives. Celles-ci , comme nous l'avons fait remarquer ci-dessus, p. 157, forment régulièrement, à partir de la fin du xiii"^ siècle, la continuation des fenêtres des bas côtés; depuis la même époque environ, les arcatures du triforium se relient de la même manière à la

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fenêtre supérieure de la nef; voyez la fig. 3 de la page 163 et la grande gravure de la page 160.

Cette règle admet cependant un assez bon nombre d'exceptions. En Bourgogne et en Angleterre, par exemple, les fenêtres hautes de la nef se trouvent presque toujours élevées à l'aplomb du mur extérieur ou d'adossement du triforium, et non point à l'aplomb des arcatures au moyen desquelles le triforium communique avec la nef. Dans les édifices de ce genre, on donne moins d'importance aux fenêtres supérieures, et les galeries de service dont nous avons parlé ci-dessus p. 69, au lieu de se trouver à l'extérieur, sont disposées à l'intérieur de l'édifice, devant les fenêtres hautes ; voyez ci-dessous la gravure de la page 167.

Vers la fin de la période ogivale, on supprima souvent les arcatures, et l'on ne conserva qu'un simple garde-corps ; l'ornement appelé Jlamme domine régulièrement dans les dessins que forment les meneaux de ces garde-corps, comme dans l'exemple suivant (fig. 8), que l'on voit à l'église de

Fig. 8.

Triforium de l'église de Saint-Paul, à Anvers (svie siècle). N. B. On voit en A le garde-corps, et en B la coupe de la galerie.

Saint-Paul, à Anvers. Les fenêtres supérieures sont, dans ce cas, placées à l'aplomb du mur extérieur du triforium.

En Belgique, le triforium est régulièrement fermé, du côté extérieur de la nef, par un mur plein; c'est par exception que ce mur est percé, à un ou deux mètres au-dessus du pavement

de la galerie, de petites ouvertures circulaires, trilobées ou quadrilobées, remplies de grisailles ou d'ornements colorés (chœurs de Sainte-G adule à Bruxelles et de la cathédrale de Tournai). Dans les édifices français du xiii'' et du xiv® siècle, au contraire, la galerie du triforium n'est, le plus souvent, séparée de l'extérieur que par une simple claire-voie, où l'on voit de riches vitraux peints, semblables à ceux qui décorent les fenêtres.

Dans les grandes églises cathédrales et abbatiales de l'Angleterre, il n'existe généralement pas de cloison entre le comble du collatéral et la claire-voie d'arcati'.res par laquelle le triforium communique avec la nef. Le triforium s'ouvre directement sous le comble, et laisse pénétrer le regard, de l'intérieur, sous la charpente. La gravure de la page suivante (fig. 9), que nous donnons d'après Viollet-le-Duc [Dictionnaire de V architecture, art. Triforimii) fera comprendre la construction des triforiums anglais, tels qu'on en trouve, entre autres, dans l'église de Westminster abbey à Londres, et à la cathédrale de Salisbury. Cette même disposition se rencontre dans quelques rares édifices français datant des premières années de la période ogivale, par exemple dans les cathédrales de Langres, de Sens et d'Evreux; mais elle ne se généralisa jamais en France. « Le triforium s'ouvrant directement sous le comble du collatéral, dit Viollet-le-Duc, présentait des inconvénients (ju'il est facile d'apprécier. 11 donnait du froid et de l'humidité dans l'église, car les couvertures de tuiles ou d'ardoises, si bien faites quelles soient, laissent toujours passer l'air extérieur. La vue des charpentes à travers ces claires-voies n'était pas agréable. Il était difficile d'entretenir la propreté sous ces combles, et, dans les grands vents, la poussière se répandait dans l'église. Aussi on ne tarda guère (en France) à isoler le triforium du comble, c'est-à-dire à élever entre celui-ci et la claire-voie une cloison de pierre qui formait ainsi mur d'adossement. » Bictionn. de Varchiiect., IX, p. 290, — Les Anglais appellent souvent le triforium blind-story , étage aveùgte, en opposition avec le nom de cleresiory ou clear-

Fiff 9..

Triforium de l'église de Lincoln (Angleterre), (xiiie siècle).

8iory, étage clair ^ qu'ils donnent à la rangée des fenêtres supérieures qui se trouvent au-dessus du triforium. Nous avons indiqué ci-dessus, en marge de la gravure de la page 135, la place du ckar-stori/ et du triforium ou ^/zWstory dans les églises ogivales.

Dans les monuments ogivaux italiens, le triforium fait presque toujours défaut ; il y est remplacé par une galerie saillante, dépourvue de gardecorps, et qui a la forme d'une corniche (cathédrale de Florence).

19. Corniches. Les corniches du style ogival ont généralement peu d'importance. Dans les édifices qui appartiennent à la période de transition et même, en Belgique, dans quelques-uns qui datent des premières années de la période ogivale, le larmier ou tablette supérieure de la corniche repose encore souvent, de distance en distan<?e, comme pendant l'époque romane, sur des modillons ou corbeaux très saillants et d'une grande simplicité. Voici

quelques exemples de ces modillons. Les deux premiers (figg. 1 et 2) sont empruntés au chœur de l'ancienne collégiale de Notre-Dame, à Dinant, et le troisième (fig. 3) à l'église d'Hastière près de Dinant.

Kg. 1. Fig. 2.

Corbeaux de corniche (xue-xiiie siècle) à l'église de Notre-Dame, à Diuaut. à l'église d'Hastière.

Eig. 4.

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La fig. 4 donne l'ensemble d'une partie de la corniche à corbeaux que l'on voit à l'église de Notre- Dame- aux-Dominicains à Louvain.

En France , les corniches des monuments

^^i'::Mlii:iiiii[»i!iii.!i:iii:.i;ii',m':',iiiiiiii!!;ii;i!i:, Corniche de l'église de Notre-Dame-aux- Dominicains' à Louvain.

(Milieu du xiiie siècle).

de premier ordre se composent, le plus souvent, de deux assises de pierre. L'assise inférieure est ornée de crochets végétaux au xiii^ siècle, de feuillage ondulé au xiv^ et de choux frisés au xv^ Quelquefois on rencontre aussi, parmi ces sculptures, des modillons en forme de têtes humaines ou de figures grimaçantes. L'assise supérieure forme une saillie ou larmier pour éloigner du parement des murs les eaux pluviales qui descendent des combles ; au xiii*' et au XIV® siècle, cette saillie est assez faible ; ce n'est que vers le milieu du xv^ siècle qu'elle devient plus forte. Il faut remarquer, d'ailleurs, que la nature des matériaux employés a exercé, pendant la période ogivale, une très grande influence sur la forme des corniches; celles-ci prennent d'autant plus d'importance et présentent des saillies d'autant plus prononcées qu'elles appartiennent à des monuments étevés dans des contrées plus riches en matériaux durs et se débitant par tranches de grandes dimensions.

Les corniches des grands édifices belges présentent les

mêmes formes générales que les corniches françaises, mais les sculptures y font ordinairement défaut ou y sont remplacées par des arcatures ogivales simples (fig.5) ou trilobées (fig. 6). Ces arcatures se rencontrent principalement dans

Fig. 5. Fig. 6.

Arcatures d'ornement de corniche (1).

les contrées où, pendant la période romane, les arcatures d'ornement empruntées au style lombard ont été employées pour décorer certaines parties des édifices ; voyez ci-dessus, I, p. 348. Elles sont très communes en Angleterre, en Allemagne et dans la partie orientale de la Belgique ; on en trouve, par exemple, à la plupart des églises ogivales de Liège.

A partir de la dernière moitié du xiif siècle jusqu'à la fin du x\•^ les édifices de second ordre et, en Belgique, souvent même ceux de premier ordre ont des corniches composées de simples profils, formés par un petit nombre de moulures

peu importantes (fig. 7). Les églises de Saint- Pierre et du béguinage, à Louvain , ont des corniches de ce genre.

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