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Coupes des galeries aux différents étages.
Loeuli ou tombeaux.
a Arcosulia OU tombeâ arquées.
6 Luminaire aboutissant au 2* étage.
c Entrées de galeries et de chambres sépulcrales.
d Escalier conduisant au premier plan.
e — — — — — au 2" plan.
/ — — — — — du 2' aa 3* plan.
g — — — — — du 3* au l' plan.
h — — — — — du ■!■ au 5' plan.
V Voie Appienne.
T Ruines d'un tombeau païen sur la voie Appienne.
Les fossoyeurs chrétiens (i) rencontraient-ils par hasard des veines de tuf lithoïde ou friable, ils rétrécissaient aussitôt les galeries; celles-ci ne reprennent leurs dimensions habi-
(1) On appelait fossoyeurs, fossores, ceux qui étaient cliargcs du soin des sépultures dans les catacombes. L'opinion de certains auteurs qui croient que, dans la primitive Eglise, les fossoyeurs formaient ua ordre à part, comme les acolythes et les exorcistes, ne manque pas d'arguments solides.
tuelles, qu'après avoir traversé ces gisements de pierre ou de sable. Ils n'émoussaient jamais les angles résultant de rintersection des galeries, comme cela se pratiquait dans les sablonnières pour faciliter l'exploitation; et afin de ne pas nuire à la solidité des voûtes, ils se contentaient de creuser, en cet endroit, de petites niches destinées à recevoir des tombes d'enfants.
Lorsque, dans des cas exceptionnels, les chrétiens ont utilisé d'anciennes arenariae, ils y ont fait, au moyen de constructions en briques, des parois verticales pour y placer les tombeaux. On pourra se convaincre de la vérité de cette assertion par deux gra- ^^'^ \ , „ , . vures qui représentent en coupe
Coupe transversale d une galerie n i i •
à la catacombe de Saiut-Hermès. Une allée de sablonnière transformée en galerie sépulcrale par les chrétiens. Elle a été découverte , il y a quelques années, dans la catacombe de Saint- Hermès par Michel de Rossi.
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Coupe, selon l'axe, de la même galerie.
Les formes architectoniques des cimetières chrétiens et celles des sablonnières sont tellement caractéristiques qu'il est impossible de les confondre. Pour bien saisir cette différence, il suffira de jeter les yeux sur les deux plans des pages 55 et 56. Le premier est celui d'une ancienne sablonnière transformée en cimetière ; le second celui d'une partie de catacombe creusée par les chrétiens. Sur le plan de Varenaria (pag. 55) l'œil le moins exercé distingue parfaitement entre les anciennes allées creusées dans un but mercantile
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Plan d'une sablonnière convertie en cimetière chrétien, à la catacombe de Sainte-Priscille.
A Galeries de la sablonnière.
B Galeries creusées par les chrétiens dans le tuf granulaire.
^ C Constructions en briques faites par les chrétiens.
D Puits pour l'extraction de la pouzzolane, transformé en luminaire.
et les nouvelles excavations pratiquées par les fidèles pour y trouver des lieux de sépulture. Le contraste est plus frappant encore, lorsqu'on compare entre elles les ichnograpliies des deux souterrains.
Plan d'une partie du deuxième étage de la catacombe de Saint- Calliste.
g Galeries.
c Chambres sépulcr;iles et oratoires.
e Escaliers.
A Tombtaux des Papes.
]{ Tombeau de Sainie-Cecile.
C Entrée pr.ncipale.
Avant d'aller pius loin, il nous reste à répondre aux difficultés qu'on nous oppose.
1° On nous demande e/i vertu de quel droit ou, de quelle tolérance les chrétiens des trois premiers siècles ont pu posséder des sépultures communes? Les chrétiens étaient persécutés par les païens; ils constituaient une communauté défendue et proscrite par les lois de l'empire. Comment s'est-il fait qu'ils aient pu se créer des lieux d'inhumation qui leur appartinssent en propre ?
Voici, en substance, comment le chevalier J.-B. de Rossi
résout cette difficulté. 11 fait d'abord observer avec beaucoup de justesse qu'il ue peut être question que de l'existence des cimetières communs, parce que, en vertu des lois romaines, les chrétiens, comme les païens, avaient la faculté de se faire ériger dans leur propriété un tombeau ou un monument, ou de s'y faire creuser un hypogée. La difficulté se rapporte donc uniquement aux cimetières possédés par la société entière des fidèles, par l'Eglise elle-même, et dont l'existence ne pouvait être ignorée des gentils.
Aux premiers temps du christianisme, les cimetières chrétiens purent certainement exister paisiblement sous la tutelle des lois romaines et du droit privé. Dans le^principe, ce n'étaient que des lieux de sépulture existant légalement sous le nom de tombeaux de famille ou de tombeaux d'un particulier. Les propriétaires légaux y admettaient les restes mortels des martyrs et des chrétiens pauvres. C'est pour cette raison que les plus anciens cimetières portent presque tous le nom des personnes pieuses qui en ont cédé l'usage à la conimunauté chrétienne, ou qui, comme nous l'attestent les Actes des marti^rs, recherchaient avec avidité les corps des saints martyrs et des fidèles pour les inhumer dans leurs propriétés. Ensuite, il existait une loi romaine qui autorisait les associations dont le but était de se procurer en commun une sépulture convenable au moyen d'une contribution mensuelle de chacun des membres. Enfin, nous savons par les témoignages des auteurs contemporains qu'au troisième siècle l'existence des cimetières chrétiens n'était un secret pour personne dans la ville de Rome. Aussi les chrétiens furent-ils souvent molestés à cette occasion par les édits des empereurs, et plusieurs fidèles trouvèrent la mort dans les catacombes après qu'ils s'y étaient réfugiés pour se soustraire à la rage des persécuteurs. Tout le monde connaît le cri féroce : Coemeteria claudanlur, rapporté par Tertullien, et qui marquait toujours une recrudescence dans les poursuites dirigées contre les chrétiens.
2» Comment, nous dit-on encore, les chrétiens proscrits et 'persécutés pouvaient-ils creuser les catacombes sous les fonds de 'propriétaires païens ?
Nous ne nions pas qu'une grande partie de la nécropole chrétienne, telle que nous la connaissons aujourd'hui, ne se trouve sous des terrains qui autrefois appartenaient probablement à des païens. Mais de ce fait on ne peut en aucune manière conclure que ces galeries souterraines aient été creusées du temps où les terrains de la surface étaient la propriété des gentils. Dans son mémoire sur les catacombes, Michel-Etienne de Rossi soumet à un examen approfondi la grave question du développement des cimetières chrétiens, en étayant de preuves solides les assertions qu'il émet. Ce sont ces assertions et ces preuves que nous allons résumer succinctement.
Les lois romaines, en déclarant les sépultures sacrées et inviolables, en assuraient la possession perpétuelle soit aux familles, soit aux communautés. Elles regardaient les tombeaux comme des choses inaliénables et retirées du commerce. Les monuments funéraires étaient ordinairement entourés d'un espace de terrain plus ou moins grand, qui portait le nom à'area adjecta ; ils avaient des galeries souterraines, constituant une sorte de petit hypogée; enfin ils étaient souvent entourés de l'habitation d'un gardien, et d'autres édifices, d'une cour, de jardins et de champs qui, selon la formule consacrée, cedehant monumento , c'est-à-dire faisaient partie intégrante du monument.
A Rome, les cimetières chrétiens étaient souterrains et avaient leur entrée dans les maisons, dans les jardins ou dans les vignes appartenant à des fidèles. On pourrait donc, au besoin, supposer que les chrétiens, à la faveur des ténèbres et à l'insu des païens, donnèrent un grand développement à des galeries cachées; mais cette conjecture nous parait inadmissible. D'abord, les chrétiens, en creusant sous les fonds appartenant à des païens, eussent exposé leurs sépultures à la profanation, si l'on fût parvenu à les découvrir; ensuite le respect pour le bien d'autrui les eût également empêchés de porter atteinte aux droits des propriétaires; enfin ils n'avaient nullement besoin de recourir à ce moyen condamnable. La liberté que la loi garantissait aux chré-
tiens, comme à tous les autres citoyens, leur était plus que suffisante pour atteindre le but qu'ils poursuivaient. En effet, cette loi leur accordait la faculté d'avoir des monuments funéraires avec toutes les dépendances nécessaires. Sans aucun doute, ils ont profité de ces dispositions légales pour acquérir des cimetières. D'ailleurs, dans les commencements, au premier et au deuxième siècle, il ne leur fallait pas un grand nombre d'hypogées; car un lieu de sépulture avec les terrains adjacents pouvait renfermer une multitude de tombes (i). Il est donc vraisemblable que, pendant bien longtemps, les chrétiens n'ont eu que des cimetières d'une étendue médiocre, ne dépassant guère les limites de leurs propriétés. Au quatrième siècle, lorsque Constantin, par l'édit de Milan et d'autres lois postérieures, eut confirmé solennellement les chrétiens dans la possession de leurs cimetières, et accordé des privilèges bien grands à leurs lieux de sépulture, un développement extraordinaire se manifesta; les galeries furent prolongées indéfiniment, et, en se rencontrant en plusieurs endroits , finirent par ne plus former qu'un seul hypogée ayant des entrées et des niveaux différents.
La conjecture que nous venons d'émettre n'est nullement gratuite ; elle est basée sur des observations faites en différents cimetières. Nous nous contenterons d'en citer une seule. Lorsqu'on examine avec attention le plan de la catacombe de Saint- Calliste , on reconnaît immédiatement plusieurs noyaux d'excavations primitives, reliés entre eux par des escaliers et des galeries à forte pente (2).
(1) Gruter rapporte l'inscription suivante placée sur un monument funéraire : Huic monumenio cedvnt agri jmri jugera decem, c'est-à dire : Ce monument a une sujjerjicie de dix arpents. Dix arpents romains valent un peu plus de huit hectares et demi. On peut juger, par cette citation, de l'importance et de l'étendue qu'avaient certains mausolées. De Rossi a calculé que sous un espace carré qui aurait 48 mètres à chaque côté, on peut creuser de 250 à 300 mètres de galeries ; ce nombre sera doublé ou triplé, si l'on superpose différents étages.
(2) Sur le plan d'une partie du cimetière de Saint-Calliste que nous avons reproduit à la page 56, on distingue très bien, aux lettres A et B, un monument primitif avec une vaste area de forme rectangulaire, qui remonte jusqu'au milieu de la gravure.
3° Une autre question qu'on nous pose est la suivante : Quels moyens les chrétiens em ployaient -ils pour que la terre, provenant de V excavation des souterrains, ne trahit pas V existence des cimetières chrétiens ?
La réponse à cette question est plus facile qu'elle ne le parait au premier abord. La difficulté est déjà résolue en partie par ce que nous avons dit ci-dessus, p. 57, de la liberté que les lois romaines accordaient à tout citoyen de se faire enterrer dans ses propriétés, et de partager ce lieu d'inhumation avec ceux qu'il voulait y admettre. En effet, si la loi garantissait à chacun la faculté d'établir des cimetières communs, les chrétiens pouvaient en faire usage aussi bien que les païens; ils pouvaient, sous la tutelle des lois, au vu et au su de tout le monde, se creuser des hypogées, ayant une certaine grandeur. D'ailleurs, dans les commencements, comme nous l'avons fait remarquer, leurs cimetières étaient bien loin d'avoir l'étendue qu'ils ont acquise plus tard.
Si la réponse que nous venons de donner à la question proposée paraissait insuffisante, on pourrait avoir recours, pour expliquer le fait, à une autre conjecture. On pourrait, comme le font quelques auteurs , supposer que , après avoir broyé et réduit en poudre le tuf granulaire, on le vendait, bien moins dans des vues mercantiles, que pour voiler sous les apparences d'un trafic la véritable cause des excavations. Ce qui est certain, c'est que quelquefois, lorsque toutes les parois d'une galerie ou d'un cubiculum qui ne renfermaient pas de tombeaux de martyrs illustres étaient remplies de sépultures, on y transportait la terre provenant des nouvelles excavations. Boldetti atteste avoir constaté ce fait, en 1716, au cimetière de Sainte- Agnès. 11 découvrit des galeries comblées de terre depuis le bas jusqu'au haut, ayant dans chacune de leurs parois douze rangs de loculi fermés par des tablettes de marbre et des briques avec des épitaphes.
Enfin, on ne doit pas oublier qu'au moins depuis la moitié du troisième siècle les païens connaissaient l'existence des cimetières chrétiens.