Le phénix. Dans sa première épître aux Corinthiens
ch. 25, saint Clément de Rome nous enseigne que le phénix est le symbole de la résurrection, et explique la signification mystique de cet oiseau fabuleux. Le phénix porte quelquefois le nimbe radié, d'autres fois il est sans nimbe. Dans ce dernier cas on le reconnaît à la palme qu'il tient dans son bec. Ce symbole se rencontre aussi dans les épitaphes des catacombes.
Phare.
8. Le navire et le pliarc.Les premiers chrétiens comparaient souvent la vie humaine à une périlleuse navigation qui doit nous mener au port du salut éternel. Le navire
symbolisait cette pensée et rappelait aux fidèles les dangers auxquels l'homme est exposé sur la mer du monde. Le port est parfois indiqué par un phare. Très souvent aussi le navire était le symbole de l'Eglise du Christ, ballotée par les tempêtes. Les mâts du navire, par l'antenne qui y était attachée transversalement, fournissaient des représentations dissimulées de la croix. Quelquefois même on arborait, sans dissimulation aucune, une croix sur la poupe du navire figurant l'Eglise. Le navire de la scène de Jonas jeté à la mer,
reproduit ci-dessus page 88, porte une croix qui n'est cachée
par aucun accessoire.
L'usage d'employer le navire comme symbole, très fréquent dans les épitaphes jusqu'au milieu du m*' siècle, se perd insensiblement à partir de cette époque.
9. La palme. Chez les anciens comme chez les modernes, la palme a toujours été regardée comme le symbole du triomphe ; aussi les premiers chrétiens l'ont-iîs souvent
placée sur leurs tombeaux pour rappeler la victoire du défunt sur les ennemis de la foi.
Dans les catacombes la palme se rencontre sur les tombeaux de tous les fidèles indistinctement. Quelques savants cependant, surtout
au xvir siècle, ont vu dans ce signe un emblème du martyre.
Mais il est prouvé maintenant que la palme seule ne fournit
pas un indice certain du martyre.
Palmes, au cimetière de Saint-Calliste.
10. Le vase de sang. Parmi les signes certains du martyre le principal est sans contredit le vase de verre ou d'argile ayant servi à recueillir le sang du martyr et placé à rintérieur du tombeau ou scellé à l'extérieur dans la paroi voisine. Ces vases ont différentes formes. En voici deux exemples :
Fioles ayant servi à conserver le sang des martyrs.
Les premiers chrétiens recueillaient soigneusement le sang des martyrs soit avec des linges, soit avec des éponges, qu'on exprimait ensuite dans des vases destinés à être conservés dans l'endroit même où le corps était enseveli. Quelquefois les éponges et les linges imprégnés de sang ont été, après plusieurs siècles, retrouvés intacts dans les vases fixés aux tombeaux.
La présence de la fiole de sang est une preuve certaine que le chrétien, enseveli dans le tombeau auquel elle est fixée, a subi le martyre. C'est sur cette preuve qu'on se fonde danâ" la reconnaissance des corps des martyrs extraits des catacombes.
Par un décret du 10 avril 1668, la sacrée Congrégation des Indulgences et des Reliques déclara que la palme et la fiole teinte de sang sont des indices certains du martyre. La palme seule, comme nous Tavons dit, n'est pas un indice suffisant. I\Iais en est-il de même de la fiole? — Les savants ne sont pas d'accord sur la réponse à donner à cette question. Quelques-uns évoquent presque entièrement
en doute la valeur de ce signe; d'autres, comme Mabillon , pensent que, dans le cas où il est bien constaté, que les vases ont servi à renfermer, non pas des essences, de l'eau bénite ou autres choses semblables , mais du véritable sang, ils fournissent une preuve certaine du martyre; enfin, il en est qui disent que la présence du vase indique toujours la sépulture d'un martyr. Benoît XIV affirme " que de '/ son temps ceux qui présidaient aux fouilles des cimetières " se basaient, dans la récognition des corps des martyrs, // non sur la présence de la palme, mais uniquement sur celle " du vase teint de sang. « Après Benoît XIV la même pratique a été constamment observée par les personnes chargées successivement par le Saint-Siège de présider aux exhumations des corps dans les catacombes.
La publication d'un traité intitulé : De phialis rubricatis (i) donna occasion, en 1855, à une controverse assez animée sur la valeur des ampoules scellées dans les parois des tombeaux chrétien^ des catacombes. Vivement ému par ces discussions. Sa Sainteté Pie IX chargea une commission spéciale de l'examen de cette controverse, qui est d'une si haute importance pour la reconnaissance des reliques des martyrs. Sur l'avis de cette commission, composée d'hommes versés dans les antiquités chrétiennes, la sacrée Congrégation des Rites publia, le 10 décembre 1863 , un décret approuvé par le Souverain Pontife, où elle déclare que les foies de verre ou les vases en terre, teints de sang , que Von trouve dans les iiiches sépulcrales des catacombes, doivent être regardées comme un signe de martyre.
il. Iiisti'umeuts et emblèmes de profession. Surlesépi-
taphes des païens on voit souvent figurer comme symboles les instruments de la profession du défunt. Les chrétiens des premiers siècles adoptèrent également cet usage. Ainsi, par exemple, un marteau, un ciseau et un coin indiquent la
(1) Cet opuscule, sorti de la plume d'un savant boUandiste, a été imprimé à Bruxelles en iS55. L'auteur ne nie pas que le vase de sang soit un indice certain du martyre, mais il s'attache à prouver qu'on trouve dans les catacombes un grand nombre de vases ayant servi à d'autres usages, et qu'il est difficile de ne pas les confondre avec les fioles ensanglantées.
sépulture d'uu sculpteur; une pioche ou une lampe, celle d'un fossoyeur; des tablettes de cire, un style et un faisceau de roseaux (fig. 1), celle d'un écrivain public; une trousse, celle d'un chirurgien. Quelquefois aussi le personnage luimême est représenté dans l'exercice de sa profession, comme dans l'exemple suivant (fig. 2), emprunté à une épitaphe du
Fis. J
Fig. 2.
Emblèmes de profession.
cimetière de Saint-Calliste, où l'on voit un forç-erou chauffant le fer qu'il va battre sur l'enclume.
On rencontre fréqueuinicnt dans les catacoud)es des peintures représentant des fossoyeurs (i). Tout le monde connaît la fresque de Diogéne le fossoyeur, (pii a été reproduite dans
un grand nombre d'ouvrages traitant des catacombes,entre autres dans Fablola , roman historique du cardinal AViseman.Nousdonnons ci -contre
Fossoyeur au cimetière de Saint-CalHste. ^^ exemple 06
fossoyeur qu'on voit au cimetière de Saint-Calliste.