PENDANT LES TROIS PREMIERS SIÈCLES
Avant la conversion de Constantin , les réunions des fidèles avaient ordinairement lieu dans les maisons des plus riches chrétiens. Nous savons, par les témoignages historiques, que le sénateur Pudens et ses deux filles sainte Praxède et sainte Pudentienne, la famille de saint Clément, la pieuse matrone Lucine et plusieurs autres personnages fortunés avaient dans leurs palais des oratoires où les Souverains Pontifes venaient célébrer les saints ^lystères en présence de la foule des fidèles. Plusieurs de ces oratoires furent remplacés, après la conversion de Constantin, par des basiliques, auxquelles on donna le nom des personnes pieuses qui en avaient cédé la propriété à l'église; et, si ces personnes étaient portées plus tard au nombre des saints, ces basiliques leur étaient dédiées. Telle fut à Rome l'origine des églises de Saint-Clément, Sainte-Pudentienne, Sainte- Praxède, Sainte-Cécile, Saint-Laurent-in-Lucina, etc.
Mais ce n'étaient pas là des églises proprement dites. La plus ancienne mention d'un temple chrétien, dans la rigoureuse acception du mot, ne date que du temps d'Alexandre Sévère , qui fut empereur de 222 à 235. Sous le règne de ce prince, une contestation s'éleva entre des chrétiens et des cabaretiers, popinarii, au sujet d'un emplacement où les premiers voulaient bâtir une église. Le prince, pour terminer le diff'érend, prononça cette admirable sentence : « Il vaut mieux que la Divinité soit adorée en ce lieu d'une manière quelconque que le livrer à des débitants de vin. » Environ trente ans après, Gallien rendit aux évoques l'usage, nonseulement des anciens cimetières, mais encore des temples qui avaient été envahis par les païens. Dans la seule ville de Rome il y avait à cette époque quarante-six églises ou oratoires. Plus tard Dioclétien ordonna de détruire ces mêmes églises, dont les chrétiens avaient joui paisiblement depuis le décret de Gallien porté en 200, jusqu'en 303, où fut rendu celui de Dioclétien.
On lie connaît rien touchant la forme et la distribution intérieure de ces églises primitives. L'historien Eusèbe, qui rapporte le fait de leur existence et de leur destruction, ne nous fournit aucun renseignement sur leur forme. Les Condituf ions apostoliques, qui datent du iii^ siècle, prescrivent que l'édifice sacré soit plus long que large, imitant la figure d'un vaisseau, navis.
Pendant les premiers siècles ces églises portaient le nom de dominicuvn , c'est-à-dire maiso7i du Seigneur.
Les seul? monuments apparents des trois premiers siècles qui soient parvenus jusqu'à nous sont les cellae des cimetières, auxquelles on a aussi donné plus tard le nom de lasiliques. Ces petits édifices étaient construits dans les cimetières et servaient de lieu de réunion pour les fidèles.
Les plans de deux ceî-
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^ \m^ cimetière de Saint-Cal- ^ ^\ liste, à Home, que nous
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I I ront bien comprendre
la disposition ordinaire
Ancienncsr(?//fltf au cimetière de Saint-Calliste. i , • n^ •
de ces oratoires. Irois faces se terminent par une abside semi-circulaire; dans la quatrième face s'ouvre la porte d'entrée. » Les cellae, dit le chevalier de Rossi, sont ces petits édifices que les anciens Pèi-es, et notamment les Pères africains, et souvent aussi le Liber pontifcalis, appellent memoriae martyrum. Les fidèles s'y réunissaient pour prier et célébrer les divins Mystères. Ces cellae changèrent insensiblement leur nom primitif en celui de basiliques. Les somptueuses basiliques, érigées sur les tombeaux des martyrs, après que la paix eut été accordée à l'Eglise, ne sont donc que des amplifications des cellae et des memoriae érigées, dans les commencements, comme édifices sépulcraux à la surface du sol des cimetières. " Borna sotterranea, ], p. 9G.