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L. Places destinées aux fidèles des deux sexes

M. Cancels.

N. Porte sainte.

P. Siège de l'évêque.

Q. Autel.

R. Bancs des prêtres.

S. Diaconicum.

T. Prothesis.

N. B. Le plan ci-joint est celui de l'église de Saint Clément telle qu'elle existe aujourd'hui. Cette église, bien qu'elle ne date que du xiie siècle, reproduit la disposition des basiliques chrétiennes. Depuis quelques années on a découvert, sous l'église actuelle, des restes considérables de la basilique primitive dont le plan est presque le même que celui de la basilique du xiie siècle.

catéchumènes du deuxième ordre G, puis celle des consistants ou quatrième degré H. Venait ensuite celle des fidèles L.

En avançant un peu plus loin dans la nef, on rencontrait les ambons, siujgesti, I et J, chaires destinées à la lecture des saintes Ecritures, aux prédications des prêtres et des diacres, et à la promulgation des lois ecclésiastiques. Ordinairement les ambons se trouvaient vers le milieu de la nef principale; on ne saurait cependant établir une règle fixe à cet égard. La place qu'ils occupaient variait aussi bien que leur forme et leur nombre. Dans quelques basiliques, il y en avait jusqu'à trois : un pour l'Evangile, un pour l'Epitre, un pour la lecture des prophéties et des autres livres de l'ancien Testament. Près de l'ambon se tenaient les clercs inférieurs et les chantres; les moines, les solitaires et les en-

fants étaient placés un peu plus avant. Près de là était aussi le senatoriuvi K, enceinte réservée aux familles sénatoriales et aux grands en général.

Enfin venait la troisième partie de la basilique, la partie la plus sainte et la plus vénérée, celle où il n'était pas permis aux laïques de pénétrer, et que l'on appelait le sanctuaire ^T,'j.t, UooL'uo-j. Elle était séparée du vaisseau, vao,-, par un grillage ou balustrade à jour M, en bois, en marbre ou en métal, xayx-W.ot, 7.i.'pj.irJt:, cancelU , et élevée de quelques degrés audessus du sol de la nef. On y pénétrait par lajyo?7e sainte^, aytat 7tj),!/.i^ qui n'était ouverte qu'à l'évêque , aux prêtres et aux diacres.

\J autel Q occupait le milieu du sanctuaire et s'élevait sur plusieurs marches.

Derrière l'autel se développait V abside, de forme semi-circulaire, bâtie en liors-d'œuvre et couverte ordinairement d'une demi-coupole. Les parois et la voûte de l'abside furent, dès l'origine, décorées avec beaucoup de luxe; on les orna d'ouvrages en mosaïque ou de revêtements en marbres de différentes couleurs.

Le mur plat, s'élevant au-dessus de la grande arcade formant l'entrée de l'abside et appelé arc triomphal, offrait aussi des peintures en mosaïque.

Le siège de l'évêque P était placé au fond de l'abside, et élevé de plusieurs degrés au-dessus du sol. A droite et à gauche du siège épiscopal se trouvaient, adossés à l'hémicycle de l'abside, les sièges ou bancs R destinés aux prêtres qui assistaient l'évêque dans lacélébration de l'office divin. L'abside s'appelait presbylerium, parce qu'elle était réservée aux prêtres, presbyieri.

A droite et à gauche du sanctuaire, il y avait deux petites places en forme d'absidioles (petites absides), portant le nom générique de pastophoria : celle de gauche S, appelée diaconicum, servait de sacristie ; on y déposait les ornements et les vases sacrés; dans celle de droite T, nommée jf3/-oMe-sz>, oblationarium ou secretariam ,Qi2ÀQni conservées les offrandes de pain et de vin faites par les fidèles pour le saint sacrifice.

Ce fut In, la disposition primitive des basiliques. Le changement le plus notable que l'on introduisit plus tard dans le plan des basiliques fut l'adjonction du transept, ou nef transversale entre l'abside et la nef proprement dite. Cette addition, qui fut assez rare pendant la période latine, donna au plan des églises la forme d'une croix. On trouve, dès le v^ siècle, des églises munies d'un transept. Ce fait nous est attesté par saint Grégoire de Tours. En parlant de l'église de Clermont-Perrand, élevée au v*' siècle par le saint évêque Namatius et existant encore de son temps : » Elle a, dit-il, cent cinquante pieds de long, soixante de large, et cinquante de haut dans l'intérieur de la nef jusqu'à la charpente. Audevant est une abside de forme ronde , et de chaque côté s'étendent des ailes d'une élégante structure. V édifice est en forme de croix; il a quarante-deux fenêtres, soixante-dix colonnes et huit portes. » (i).

Origine de la basilique chrétienne. Les savants ne sont pas d'accord sur la question de l'origine de la basilique chrétienne. Plusieurs la font dériver de la basilique profane; d'autres, au contraire, nient cette influence. Ceux qui défendent la première opinion sont encore divisés entre eux : les uns soutiennent que des basiliques profanes furent aff'ectées au culte et converties en églises par l'empereur Constantin; les autres rejettent cette assertion comme dénuée de preuves, et pensent que les chrétiens ont modelé, sur les basiliques profanes, les temples qu'ils élevèrent au culte du vrai Dieu.

Voyons quelle est la valeur de chacune de ces opinions. D'abord celle qui soutient la transformation des édifices civils en églises chrétiennes ne résiste pas à un examen quelque peu sérieux. En effet, cette transformation aurait eu lieu avant ou après la conversion de Constantin. L'une et l'autre de ces hypothèses nous paraît inadmissible : la première, parce que l'on ne comprend pas comment les chrétiens persécutés auraient pu faire, dans l'intérêt de leur

(1) Uistolre ecclésiastique des Francs, liv. II, cli. 16.

culte, l'acquisition d'édifices affectés à un service public ; la seconde, parce que, après comme avant la conversion de Constantin, lès basiliques profanes avaient leur destination primitive, celle de servir de palais de justice et de bourses commerciales. D'ailleurs, aucun fait, aucun témoignage historique ne peut être invoqué en faveur de cette opinion. Lorsqu'on lit les auteurs qui traitent de l'influence des basiliques profanes sur les basiliques chrétiennes, on est souvent étonné de voir comment presque tous admettent sans la moindre preuve et répètent sans cesse que Constantin, après sa conversion , transforma plusieurs basiliques profanes en églises chrétieimes. Ces écrivains citent entre autres comme exemples les basiliques de Saint-Jean-de-Latran et de Sainte- Croix-en -Jérusalem, à Rome. Or Constantin ne céda pas des basiliques, mais bien deux de ses palais, pour que, sur leur emplacement, on élevât ces deux temples chrétiens.

L'opinion, diamétralement opposée, de ceux qui nient que les basiliques profanes aient servi de modèle et de type aux basiliques chrétiennes nous paraît également dénuée de fondement. En effet, pour ne pas parler de l'identité du nom de basiliques, donné aux unes comme aux autres (i), la ressemblance que nous remarquons dans le plan et la disposition des parties de ces monuments nous oblige, en quelque -sorte, de reconnaître une imitation presque servile, et d'affirmer que la basilique chrétienne tire son origine de la basilique profane. D'ailleurs, quiconque a étudié tant soit peu l'histoire du développement des styles d'architecture aux différents âges comprendra facilement l'impossibilité de nier cette filiation, surtout s'il se rappelle qu'aux iv^ v*' et vi^ siècles l'art architectural était en pleine décadence.

11 est vrai qu'il existe quelques différences entre les basiliques profanes et les basiliques chrétiennes; mais ces différences sont peu importantes. Ainsi, par exemple, l'atrium avec sa fontaine et ses portiques, la distribution intérieure

(1) Le mot IjaMiqve dérive de l'adjectif grec ^'/TÙt/.o;, royal, regius. Au fcrr.inin cet adjcclif a la forme ^.n.iùx/:r, ; il faut donc sous-entendre un substantif du genre féminin, tel queoiz'.a, maison, ou fï-rict.^ portique.

de l'édifice obtenue au moyen de clôtures ou cancelli sont tout à fait propres aux basiliques clirétiennes. Mais ces adjonctions, faites pour les exigences et la régularité du culte, constituent des différences purement accidentelles et non pas substantielles ou exerçant une influence réelle sur les dispositions architecturales des basiliques.

L'opinion qui tient que la basilique profane a servi de type à la basilique chrétienne nous paraît donc la plus probable et la mieux fondée. Les chrétiens ont construits eux-mêmes leurs basiliques. Dans cette construction ils ont pris pour modèles les basiliques profanes, dont ils ont approprié les diverses parties aux besoins du culte chrétien, en y ajoutant certaines parties accessoires, par exemple l'atrium, et en établissant à l'intérieur des séparations ou clôtures qui n'existaient pas dans les basiliques profanes. Et qu'on ne dise pas qu'il faut chercher le modèle des basiliques chrétiennes dans les oratoires des maisons pariculières et dans les chapelles souterraines des catacombes auxquelles, dans ces derniers temps, on a donné improprement le nom de basiliques. En effet, ces chapelles creusées dans le tuf n'ont, sous le rapport de l'art architectural et de la science de la construction, absolument rien de commun avec les basiliques proprement dites construites par les chrétiens à partir du iv*^ siècle. Il y a moins de ressemblance entre ces oratoires souterrains et les basiliques clirétiennes qu'entre les chambres des mai-

Coupes de la basilique chrétienne de Sainte -Agnès, à Eome.

sons particulières des Romains ou des Grecs et les basiliques profanes. Et cependant, personne jusqu'aujourd'hui n'a affirmé que ces chambres aient servi de type ou de modèle à ces basiliques.

Nous donnons, à la page précédente, deux coupes de la basilique de Sainte-Agnès, à Rome. La comparaison de ces coupes avec celles de la basilique profane des pages 146 et 147 prouve à l'évidence que la basilique profane a été le type et le modèle de la basilique chrétienne.

Orientation des basiliques chrétiennes. En archéologie, on entend par orientation la disposition particulière par laquelle l'abside des basiliques et le chevet du chœur des églises du moyen âge sont tournés vers Varient. Dans les égliles orientées l'axe longitudinal se dirige du couchant au levant de manière que l'abside forme la partie orientale de l'édifice.

La coutume d'orienter les églises date des premiers siècles de l'Eglise. Les Constitutions apostoliques (liv. II, c. 57) la consacrent, et plusieurs saints Pères en parlent comme d'un usage universellement admis (i). Pendant toute la durée du moyen âge, on a observé scrupuleusement la règle établie par l'Eglise, et l'on n'y a dérogé que dans le cas où il eût été impossible de s'y conformer.

Au iv*^ et au v'' siècle, la plupart des basiliques avaient l'abside tournée vers l'Occident. Saint Paulin de Noie, qui écrivait au commencement du v*^ siècle, nous atteste ce fait. En parlant de l'église qu'il avait fait construire en l'honneur ds saint Eélix : «La façade de cette basilique, dit-il, contrairement à la coutume générale, n'est pas tournée vers l'orient « (2). A cette époque le célébrant se plaçait derrière l'autel et avait la face tournée vers les fidèles, et, par conséquent, vers l'orient; les fidèles aussi se tournaient vers

(1) Tektullien, Apol., ch. XVI; S. Basile, De Spiritu sancto, ch. XXVII, n. 66; S. Isidore de Séville, Orig., Ijv. XV, ch. 4. Cotelerius, dans l'édition des Patres apostolici, {Consht. apost., II, c. 57) cite en note un grand nombre de témoignages des saints Pères qui ont trait à l'usage reçu par les premiers chrétiens de se tourner vers l'orient lorsqu'ils priaient.

(2) «Prospectus basilicae non, ut nsitatior mos est, orientera spectat, sed ad dominimei beati felicis basilicam pertinet, memoriamejusaspiciens.* Let, 32*.

Porient depuis l'offertoire jusqu'à la fin de la Messe. La plupart des aucienues basiliques de Rome présentent ce mode d'orientation : telles sont les basiliques de Saint-Pierre-au- Vatican,de Saint-Jean-de-Latran, de Saint-Clément, et telle était aussi la basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs avant les remaniements qu'elle a subis.

Parmi les basiliques primitives de Rome, on en rencontre qui ne sont pas orientées, par exemple l'église de Saint- Martin- des-Monts, qui a son abside dirigée vers le nord, et celle de Saint-Grégoire sur le mont Coelius, dont le chœur regarde le midi. Le peu d'espace dont on disposait et les accidents du terrain où l'on voulait bâtir peuvent, dans certains cas, expliquer ces anomalies; car, comme le fait remarquer le chevalier J. B. de Rossi," à peine la paix fut-elle accordée à l'Eglise que des basiliques plus ou moins étendues et somptueuses s'élevèrent au-dessus des tombeaux de plusieurs martyrs illustres. Le système que l'on suivait ordinairement dans la construction de ces basiliques était de ne déplacer, en aucune manière, le tombeau du martyr. Celui-ci était scrupuleusement respecté ; on construisait la basilique au niveau même du tombeau ou à un niveau un peu plus élevé. L'abside et l'autel se trouvaient directement au-dessus de la crypte sépulcrale. Comme tous ou presque tous les tombeaux étaient des hypogées, quelquefois placés à une très grande profondeur sous terre, il fut nécessaire, pour niveler le terrain où l'on éleva les basiliques constantiniennes, de creuser dans les flancs de la colline jusqu'au premier et même parfois jusqu'au second étage souterrain. On peut juger des destructions que cette manière de faire causa dans les galeries des cimetières souterrains et les monuments primitifs de tout genre, par les énormes déblais que l'on a dû faire pour la construction des basiliques de Saint-Pierre-au-Vatican, de Saint-Laurent-hors-les-murs, de Sainte-Agnès et de Saint- Alexandre. '/ Roma sotterranea, I, p. 212.

L'es saints Pères ont allégué plusieurs raisons mystiques de l'orientation des temples chrétiens. La principale, celle qui est le plus souvent indiquée, c'est que dans notre exil et notre pèlerinage sur la terre nous devons tourner les

regards vers le paradis terrestre ^^/c Dieu planta à Eden, vers r orient (i), pour que, nous rappelant la perte du ciel, qui est le véritable Eden, nous excitions en nous un ardent désir de le récupérer.

^11. — Églises circulaiees et polygones.

La forme basilicale fut généralement adoptée, pendant la période latine, pour les églises chrétiennes de l'Occident. Ce ne fut qu'exceptionnellement que l'on construisit des églises rondes. " Ces églises, dit de Dartein, appartiennent à deux types distincts, suivant qu'elles se composent d'une salle centrale entourée d'une galerie de circulation et séparée de celle-ci par des supports isolés, ou qu'elles consistent en une simple salle circulaire. On peut appeler les premières rotondes amudaires, et les secondes rotondes simples. Les unes et les autres étaient généralement voûtées. Dans les rotondes annulaires, il y avait quelquefois deux étages superposés de galeries, et la voûte centrale s'élevait assez haut pour qu'il y eût des jours entre sa naissance et le toit des galeries. "Etudes sur V architecture lombarde, P^ partie, p. 19. Quelquefois le mur extérieur ou d'enceinte, au lieu d'être bâti sur plan circulaire, a la forme d'un polygone régulier, ayant pour le moins huit côtés.

ïig. 1. Voici les plans de la très ancienne

église des Saints-Pierre-et-Marcellin, aujourd'hui en ruines, à Rome, rotonde simple (fig. 1); de l'église de Sainte- Constance, de la même ville, rotonde annulaire (fig. 2) ; et du dôme à' k\\la-Chapelle, /io%o;2e annulaire (fig. 3) Dans cette dernière gravure la partie noire donne le plan aurez-de-chaussée, Plan del'Lglise des Saints- gt la partie hachéc cclui de l'étage.

Pierre-etMarcellinàllome,

(1) La Vulgate {Gen., II, 8) : Plantaoerat autem Dominus Deus poradimm roJvptatif a prittcipio, ne rend pas exactement le sens du texte hébreu, qui porte : Le Seifjneur lAanta un jardin à Eden, vers l'orient.

Kg. 2.

Fig. 3.

Plan de l'église ou baptistère Plan primitif de l'église

de Sainte- Constance, àllome. d'Aix-la-Chapelle,

Nous trouvons le type des rotondes annulaires dans le Panthéon de Rome, Les plus célèbres de ces rotondes sont l'église de Saint-Etienne-le-Rond, à Rome , celle de Saint- Laurent à Milan et la rotonde de Brescia. Les églises de Saint-Vital, à Ravenne, et le dôme d'Aix-la-Chapelle sont des polygones annulaires.

Les rotondes simples ne se rencontrent que très rarement, et jamais elles n'ont de grandes dimensions.

§ III, — Baptistères.

Avant d'aborder l'étude des baptistères, nous devons faire connaître la discipline anciennement en vigueur dans l'administration du sacrement du baptême.

Les théologiens distinguent trois sortes de baptême : le baptême par wimersioii, le baptême par asjjersioîi et le baptême par infusion ou affusion. Le premier se confère en plongeant dans l'eau le corps tout entier; dans le second et le troisième, le ministre, de loin ou de près, jette ou verse de l'eau sur la tête du néophyte. Le baptême par

immersion a été généralement en usage jusqu'au xii*' siècle. A partir de cette époque, on a commencé à le remplacer, dans l'église latine, par le baptême par infusion, dont auparavant on ne se servait qu'exceptionnellement pour baptiser les malades en danger de mort. Les Grecs et les Orientaux pratiquent encore aujourd'hui la triple immersion. Quel que soit le mode employé pour baptiser, le sacrement est valide. Aux premiers siècles de l'Eglise, les juifs et les gentils qui embrassaient la religion clirétienne devaient, avant d'être admis au baptême, passer par le catéchuménat (i). Le concile d'Elvire, célébré vers le commencement duiv*' siècle, renferme, en plusieurs canons, les principaux points de la discipline ecclésiastique touchant les catéchumènes. Il y en avait de trois ordres : Les écoutants, audientes, les prosternés, f/eni/Jlectentes, et les compétents, compétentes. On appelait écoutants ceux qui, ayant manifesté le désir de se faire chrétien, recevaient l'imposition des mains et le signe de la croix sur le front ; ils pouvaient assister à la lecture et à l'explication des saintes Ecritures; on leur enseignait aussi quelquesunes des vérités fondamentales de la foi en même temps que • les obligations du chrétien. Les prosternés étaient admis à une partie des prières de la liturgie; ils s'appelaient plus particulièrement les catéchumènes ; aussi était-ce à eux que s'adressaient les injonctions que le diacre faisait pendant l'office par ces paroles : Orate catechumeni , et : Quicumque catechumeni dïscedite. Les: compétents , ainsi nommés parce qu'ils demandaient , petebant, le baptême, formaient le dernier ordre des catéchumènes ; on leur confiait plusieurs dogmes, entre autres le mystère de la Sainte-Trinité, la doctrine relative à l'Eglise du Christ et à la rémission des péchés.

La durée ordinaire du catéchuménat était de deux ans environ. Lorsque le temps de l'épreuve était écoulé, ceux qui désiraient recevoir le baptême se faisaient inscrire par les prêtres ; et dès lors ils portaient le nom à' élus, clecti.

(1) Le mot caléchvmè/ie dérive du grec v.a-r.yi',), je fais retentir, f enseigne.

Pour les préparer dignement à la réception de la grâce baptismale, on leur imposait des œuvres de pénitence. L'administration solennelle du baptême n'avait lieu que deux fois par an, le samedi- saint et la veille de la Pentecôte. Dans les Gaules, on baptisait aussi à la Noël : le baptême de Clovis eut lieu ce jour-là.

Primitivement les évêques s'étaient réservé l'administration du baptême solennel. Au jour fixé, les catéchumènes, après avoir fait les renonciations d'usage , étaient présentés à l'évêque par les diacres et les diaconesses; l'évêque les plongeait trois fois dans l'eau, et, à chaque immersion, invoquait une des personnes de la Sainte-Trinité. A la fin de la cérémonie, le néophyte était revêtu d'une robe blanche qu'il ne quittait qu'après huit jours. Ainsi, ceux qui recevaient le baptême le samedi-saint déposaient leur vêtement blanc le dimanche après Pâques. C'est pour cette raison que ce dimanche porte le nom de dimanche in albis.

Après ces observations, il sera facile de comprendre tout ce qui se rapporte aux baptistères des premiers siècles.

Le Divin Sauveur fut baptisé par saint Jean Baptiste dans les eaux du Jourdain. Les apôtres, qui avaient reçu de Jésus-Christ la mission d'enseigner et de baptiser les peuples, n'eurent d'autres baptistères que les rivières et les fontaines; ils administraient le sacrement de baptême partout où ils trouvaient de l'eau. Voyez les Actes des apôtres, VIII, 38, et XVI, 15. — TertuUien atteste que saint Pierre conféra le baptême dans le Tibre [De baptismo, ch. IV). L'usage de baptiser dans la mer, les fleuves et les fontaines se conserva assez longtemps dans certains endroits. Nous lisons dans les écrits du vénérable Bède que, vers le commencement du vi^ siècle, saint Paulin, le compagnon de saint Augustin l'apôtre de l'Angleterre, baptisait dans des rivières ceux qui se convertissaient à la foi chrétienne {Hist. eccL gentis Anglorum, liv. II, ch. 14 et 16).

Cependant, dès le commencement, il y eut des lieux spécialement destinés à la collation du baptême. On rencontre dans les catacombes plusieurs baptistères qui datent de l'ère

— IGl —

des persécutions. Un des plus remarquables est celui du cimetièrede Saint-Pontien ; il remonte certainement au iii'^ siècle ; car, en l'année 259, le prêtre Eusèbe y baptisa un jeune paralytique qui récupéra miraculeusement la santé. Les parois de ce baptistère sont couvertes de peintures dont la principale représente Notre-Seigneur bai)ùsé par saint Jean.

Après la conversion de Constantin, l'usage de conférer le baptême solennel dans des édifices particuliers, attenants aux églises principales et spécialement aux cathédrales, devint presque général dans toute la chrétienté. Les baptistères affectaient le plus souvent la forme circulaire ou octogone ; quelquefois mais rarement ils étaient carrés ou en forme de croix grecque (i). Les cuves baptismales, qui occupaient le centre du baptistère, reproduisaient en petit le plan de l'édifice.

Les baptistères primitifs consistaient dans de larges bassins recouverts d'un dôme. Plus tard ils prirent parfois des développements si considérables que, au témoignage de Du Cange et de Suicer, on y célébra des conciles. Presque toujours dédiés à saint Jean Baptiste, ils étaient ordinairement connus sous le nom QVecclcsia sancti Joannis in fonte ou ad fontes. Des peintures représentant le baptême de Xotre- Seigneur dans le Jourdain et des inscriptions relatives au sacrement de baptême recouvraient les murailles.

Aussi longtemps que les évêques se réservèrent l'administration solennelle du baptême, il n'y eut dans chaque diocèse qu'un seul baptistère, situé près de l'église cathédrale. Plus tard, lorsque la discipline fut changée sur ce point, et que les paroisses rurales eurent été érigées, le nombre des baptistères devint plus considérable; on en établit un auprès de chaque église paroissiale, appelée pour cette raison ecc7e.5/« matrix; car c'est par les eaux du baptême que les chrétiens naissent à la vie surnaturelle. Vers la même époque, on commença à transporter le baptistère d'abord dans l'atrium, puis dans le narthox, et enfin dans

M) On appelle croix grecque celle qui a les quatre bras d'égale longueur-}-, et latine celle qui a la partie inférieure plus longue que les trois autres f .

l'intérieur de l'église. Cet usage cependant ne devint pas général. Quelques villes d'Italie, telles que Padoue, Ravenue, Florence, Pise et Asti, possèdent encore de nos jours des baptistères isolés, de forme circulaire ou polygoiie, où l'on baptise tous les enfants de la ville. La plupart de ces monuments datent de la période romane.

Les deux plus anciens baptistères connus se trouvent à Rome. Ils ont été élevés tous les deux par Constantin : l'un est une dépendance de la basilique de Saint-Jean-de-Latran et a la forme d'un octogone annulaire; l'autre, situé près de la basilique de Sainte-Agnès-hors-les-murs et connu sous le nom d'église de Sainte-Constance, est une rotonde annulaire. Ce dernier a été construit par l'empereur Constantin pour y faire baptiser les deux Constance, sa sœur et sa fille. On j voit encore aujourd'hui des mosaïques attribuées au lY'^ siècle. Voyez ci-dessus, p. 158, le plan de ce monument.

La ville de Ravenne possède deux baptistères anciens qui ont la même forme. L'un, construit par les catholiques et encore employé aujourd'hui , date du commencement du v^ siècle ; l'autre, élevé par les ariens pendant la première moitié du vi*" siècle, est maintenant hors d'usage. Lear plan (lig. 2) forme un octogone ayant, au rez-de-chaussée, des niches semi-circulaires sur les quatre petits côtés. La fig. 1 donne l'élévation géométrale, et la fig. 3 la coupe

Vio- 1

Ik

Fig. 3.

Elévation

Plan

Coupe

du baptistère fS. Maria in Cosmedin), à Ravenne.

d'un de ces baptistères. Les murailles et les voûtes de ces deux monuments sont ornées de mosaïques. Au centre des

voûtes, dans un médaillon circulaire, on voit le baptême de

Notre-Seigneur dans le Jourdain, et tout autour les images

en pied des douze apôtres.

En France, il existe aussi un baptistère qui date du vi^ ou

du vii« siècle. C'est l'église de Saint-Jean à Poitiers.

En Belgique il existait , avant 1806, près de l'église de Notre- Dame de Tongres, une chapelle circulaire, qui était l'ancien baptistère de la catlié-

Cuve da baptistère de Ravenne (ve siècle). drale. Il est à re-

Cuve baptismale de Cividale-en-Frioul (viio siècle).

gretter qu'on n'ait pas, avant de le démolir, fait une description exacte ou pris un dessin de ce curieux édifice.

Les cuves baptismales étaient très grandes, parce que le baptême s'administrait par immersion, et souvent à des adultes. Elles se trouvaient presque à fleur du pavement, et l'on y descendait par des marches. Voyez, à -la page précédente, la vue perspective de la cuve octogone en marbre du baptistère de Ravenne, dont nous avons donné le plan à la page 162, au centre du plan du baptistère (fig. 2). Sur une des faces de l'octogone on a pratiqué une niche semi-circulaire où se plaçait le pontife qui administrait le baptême.

Quelquefois, comme à Cividale-en-Frioul , la cuve était surmontée d'une espèce de baldaquin porté par des colonnes; voyez la gravure de la page précédente. La cuve du baptistère d'Aquilée avait un dais semblable.

§ IV. — Cryptes.

La plupart des basiliques primitives furent élevées à l'endroit même où étaient ensevelis les restes mortels d'un martyr ou de quelque autre saint illustre. Nous trouvons dans cet usage la raison pour laquelle un grand nombre de basiliques très importantes furent construites hors de l'enceinte des villes. A Rome, les basiliques de Saint-Sébastien, de saint Paul-hors-les-murs et de Sainte-Agnès se trouvent dans la campagne romaine. L'église de Saint-Pierre-au-Vatican elle-même est une basilique cinietériale, située primitivement hors de la Ville Eternelle. A Milan, sur onze églises principales qui existaient au commencement du xii'^ siècle, huit se trouvaient en dehors de l'enceinte des murs. La même remarque s'applique aux basiliques de presque toutes les autres villes de l'Italie.

Dans les basiliques primitives, l'autel était placé immédiatement au-dessus du tombeau, que l'on respectait toujours scrupuleusement. Lorsqu'on construisait une basilique sur une catacombe, l'entrée des galeries souterraines était

Fis. 1.

conservée dans une place favorable, voisine du sanctuaire. C'est ainsi, par exemple, que, selon le témoignage d'Anastase le Bibliothécaire, l'empereur Constantin, en élevant la basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs, à Rome, fit établir un escalier pour descendre jusqu'au tombeau du martyr. Si la basilique s'élevait sur une sépulture faite à fleur de terre dans un cimetière, des escaliers et des corridors conduisant au tombeau étaient pratiqués sous le presbyterium, élevé de quelques degrés au-dessus du pavement des nefs. Ces galeries, et les chapelles souterraines par lesquelles celles-ci furent remplacées dans la suite, ont reçu le nom de cryptes, du mot grec ■f.o-jv.-v.-j , cacher. Les cryptes des églises

de Saint - Apolli-

naire-in-Classe, à

Ravenne (fig. 1),

et des Quatre-

Saints-Couronnés

à Rome, qui sont

disposées à peu

^p près de la même

manière, offrent le

type des cryptes

primitives. Celles

des églises de

Sainte - Praxède

(fig. 2) et de Saint-Sabas, à Rome,

reproduisent à peu près les mêmes

dispositions. Ce sont des galeries

conduisant au tombeau du saint.

Ces galeries voûtées se transformèrent plus tard en véritables chapelles ou églises souterraines, s'étendant sous tout \q presbyterium et assez vastes pour nécessiter l'emploi de' colonnes qui, recevant les Plan fie la crypte retombées des voûtes, formaient

deSainte-Praxède, à Rome, alors ])!usieurs nefs.

Plan de la crypte de S;iintApolliiiairo-in-Classc, à Ravenne.

Fis. 2.

Souvent , pour faire voir facilement le tombeau aux Mêles sans qu'ils descendissent dans la crypte, on ouvrit un conduit ou soupirail à travers les voûtes de la crypte. Cette ouverture reçut le nom àQfe/iesira, cataracta, ju^ulum, lorsque le grillage qui la fermait se trouvait dans une position verticale , et celui à'iimbiliciis, lorsque la clôture était posée liorizontalement et faisait partie du pavement du chœur ou de la nef. On se plaçait devant cette ouverture pour prier ou faire descendre des hrandea jusqu'au tombeau du saint.

Dans les églises sans crypte, on établit quelquefois sous l'autel, pour y déposer des reliques, une espèce de caveau

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I en maçonnerie, ne i présentant com-

munément qu'une it\ seule ouverture !rrz pratiquée du côté

YT de la nef princi- J^ pale et fermée par n des grilles en mé-

Martyrium de l'église des Saints-Nérée-et Acbillée, à Rome.

1__ tal ou des clôtures en marbre évidées à jour. Ces caveaux, de même que les cryptes, portent le nom de confessio et martyrium. Voici la vue extérieure du martyrium ou caveau placé sous l'autel de l'église des Saints-Nérée-et- Achillée, à Rome.

Décoration des cryptes. » L'ornementation des cryptes latines, dit Lenoir, suivait la marche qu'on observe dans celle des basiliques elles-mêmes : emploi de riches matières , marbres et porphyres, arrachés par les premiers chrétiens aux temples des idoles; peintures dans le style de celles des catacombes, mosaïques analogues à celles qui se voient dans les églises. La sculpture d'ornement y est rare : la crypte de Saint-Marc de Rome a l'immense intérêt, pour l'histoire de l'art chrétien, de présenter des sculptures dans lesquelles on reconnaît l'influence antique moditiée par l'abandon de

la pratique du dessin et du ciseau. Le luxe de la matière vint remplacer dans ces réduits souterrains ce qu'en d'autres temps l'art seul devait faire. On lit dans Anastase {Viia Silvestri, § 17, Leonis III, et Adriani I) que les colonnes et les arcs de la crypte de Saint-Pierre-au-Vatican étaient ornés de tentures précieuses et de chérubins d'or ; le tombeau, en bronze doré, portait une croix d'or massif pesant cent cinquante livres, donnée par ('onstantin ; une autre croix d'or pesant cent livres avait été offerte par Bélisaire : on y voyait la représentation de ses victoires. Les grilles du tombeau, les candélabres étaient en argent. Plus tard le pape Léon III couvrit toutes les parois de la crypte de Inmes d'or. » Architecture mo}iast ique , I, p. 215 et suiv.

Caractères du stïle latin.

Tig.

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