XL MOBILIER ECCLÉSIASTIQUE
1. Accessoires des autels. Anciennement les autels étaient surmontés d'un simple ciborium ; on n'y voyait pas ces énormes rétables qui forment Taccompagnement nécessaire de nos autels modernes. La table d'autel devait rester libre et à découvert ; et il était expressément défendu d'y déposer le moindre objet, à l'exception du livre des Evangiles et de la custode eucharistique. Plus tard seulement, c'est-àdire vers le ix^ siècle, on permit d'y placer des châsses renfermant les reliques des saints. Le pape Léon IV, monté sur le trône pontifical en 847, disait dans une de ses homélies : » On couvrira l'autel de linges très propres. On n'y déposera que des châsses contenant des reliques, les saints Evangiles ou la pixide renfermant le corps du Seigneur destiné au viatique pour les malades (i). «
(1) » Altare sit coopertum mundissimis linteis. Super altare nihil ponatur, nisi capsae cum reliquiis, sancta Dei Evangelia, aut pixis cum Corpore Domini ad viaticum proinfirmis." Labbaexjs, CokcîV/» , éd. Veneta 1729, IX, col. 1031.
L'usage de placer un crucifix ou des chandeliers sur l'autel, même pendant le Sacrifice divin, était complètement inconnu aux premiers. temps de l'Eglise. C'est ce qui explique le silence gardé à ce sujet par tous les auteurs qui ont parlé de l'ornementation des autels avant le ix^ siècle. Pendant les premiers siècles, la croix se plaçait au côté droit de l'autel. Anastase rapporte que les Souverains Pontifes Léon III et Léon IV offi'irent à la basilique de Saint - Pierre, à Rome, des croix en argent et en or pour être placées au côté droit de l'autel (i).
Dès l'origine du christianisme, les lampes et les cierges ont été employés dans les cérémonies du culte non-seulement pour éclairer les lieux où se tenaient les assemblées des fidèles, mais aussi et principalement pour rehausser, par l'éclat des lumières, la splendeur des réunions sacrées. Les saints Pères des premiers siècles confirment cette assertion en plusieurs endroits de leurs écrits (2).
Le luminaire était ou porté par desacolythesou placé aux environs de l'autel soit sur une table (comme cela se pratique encore aujourd'hui chez les Grecs) {3), soit sur des candélabres, soit sur des lustres ou couronnes de lumière. Dans les messes solennelles les acolythes étaient ordinairement au nombre de sept, et portaient des chandeliers. » Ils les déposaient à terre, derrière l'autel ou au milieu de l'église, ou sur la première marche de l'autel. Pour le chant de l'Evangile, deux d'entre eux, et quelquefois tous les sept,
(1) » Atque ibidem (ia basilica S. Petri) ejus beatitudo fecit crucifîxum ex argento purissimo, qui statjuxta altare majus, mirae maguitudinis, decoratum, pensan. libras quinquaginta duas.» Fita Leonis HT, no 389. » Obtulit et in ecclesia beat! Petri apostoli crucem ex auro purissimo, ex diversis gemmis liyacinthinis, albis et smaragdis, mirae magaitudinis, oraatam, quae stat parte dextra juxta allure majus.' Vita Leonis If , n. 526. Et Anastase ajoute immédiatement : » In qua etiam noviter renovavit rirgam et deargentavit eam, ia qua praedicta crux continetur. «
(2) Chez les Grecs on place les cierges sur une table ou petit autel qui se trouve à côté du grand. A. certains moments de l'office, les acolythes les portent devant l'officiant ou le diacre. Voyez Thiers, Diisertation sur les autels, p. 135.
(3) Voyez Mukatori, Anecdota Àmbrosiam, [, pp. 178- 18 i.
accompagnaient le diacre à l'ambon et se rangeaient tout autour pendant qu'il chantait l'Evangile ; tout cela est réglé dans le plus grand détail par les plus anciens ordres romains, et on peut voir toute cette liturgie en action dans un plan de la basilique de Saint-Clément de Rome qui se trouve dans Ciampini [Vetera monimenta, I, pi. XI) et où sont marquées les diverses places qu'occupaient successivement pendant la messe les chandeliers des acolythes, ainsi que l'ordre dans lequel ils étaient rangés. « Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes , p. 154.
2. Couroimes de lumières. Les cierges et les lampes, qu'on employait avec profusion dans la célébration des offices divins, étaient placés sur des candélabres aux environs de l'autel, ou, plus souvent encore, sur des lustres, en forme de couronne, suspendus dans le chœur, dans le sanctuaire et même quelquefois au milieu de l'église.
Les candélabres étaient beaucoup moins communs que les couronnes. Aussi Anastase le Bibliothécaire n'en mentionne-t-il qu'un très petit nombre parmi les dons offerts aux basiliques par les papes et les empereurs.
Le riche luminaire des églises était presque toujours porté par des lustres affectant une forme plus ou moins circulaire, et appelés, pour cette raison, couronnes de lumière.
C'étaient des cercles parfaits, ou très souvent aussi des arcs de cercle qui se joignaient les uns aux autres, et formaient des angles rentrants tout en conservant à l'ensemble une forme plus ou moins ronde. La figure ci-contre donne le plan de cette dernière disposition.
Dans les anciens inventaires et dans les Vies des Souverains Po;?^«/e5 d' Anastase, ces couronnes sont appelées ^//«ra, mz-gthara, phara coronata, phara canthara, polycandelae, coronae, etc. Les archéologues ne sont pas d'accord sur la signification exacte de ces différents termes. Les uns pensent qu'on
appelait cantliari ou canthara les couronnes portant des lam* pes à liuile, pharioxxphnra celles qui étaient destinées à recevoir des cierges, et phara canthara celles qui étaient munies de lampes et de cierges, ou appropriées indifféremment aux deux usages. Les autres avouent ne pas connaître la différence entre les phares et les couronnes, si ce n'est peut-être que les phares étaient en général de plus grande dimension que les couronnes. Jl résulte d'ailleurs d'un passage d'Anastase que pharum cantharum ne doit pas toujours s'entendre de lustres suspendus, mais quelquefois aussi d'une couronne pédiculée. On lit dans la vie de Benoît III : " Pharum cantharum argenteum sedentem in pedibus quatuor, a Saracenis olim. ablatum, in quo ad decus ipsius basilicae in diebusfestis atque dominicis lucefnae simul et cerei ponebantur, juxta lectorium mirijico opère fecit ac renovavit. » Quelquefois le nom de phare était aussi donné à des lustres s'écartant de la forme circulaire. Ainsi, par exemple, Anastase parle d'un phare énorme en forme de croix, donné à l'église de Saint- Pierre par saint Adrien, et d'un autre imitant un filet et orné de cinq lampes en forme de corbeille, que Léon III plaça dans la même église. Le premier pouvait porter 1370 cierges, le second, en argent très fin, pesait 37 V2 livres (1). Dans les descriptions qu' Anastase fait des couronnes et des lustres, il est souvent question de tours, turres, de dauphins, delphini, et de pendeloques, clamacterii o\x pendentes. Les tours dont il s'agit étaient les lanternes, en forme de tours rondes ou carrées, placées de distance en distance sur la couronne, ou plus souvent encore dans les angles rentrants formés par la jonction des segments de cercle (voyez
(1) Voici les textes qui se rapportent à ces curieux objets : « Tecit (Adrianus) pharum inajorem in eadem beati Pétri ecclesia in typum crucis, qui pendet ante presbyterium, liabentem caudelas mille trecentas et septuaginta. Et constituit, ut quatuor vicibus inannoipsum pharuiuucceudatur, idest in Nativitate Domini, in Pascba, in natali apostolorum et in natali pontilicis.» No320. — Il Fecit vero ^Leo in ecclesia beatae Mariae ad Praesepe) ante ingressutn Praesepii pharum in modum retis ex argento purissimo cum canistris quinque, pensan. simul libras trigiuta septeni et semis.» No 415. — On voit encore aujourd'hui un lustre en forme de croix dans lu nef principale de l'église de Saint-Marc, à Venise. VioUet-le-Duc l'a reproduit en gravure dans son Dictionnaire du mobilier , I, p. 150.
le plan de la page 212). D'abord, cela résulte clairement de divers passages d'Anastase et d'autres écrivains anciens, où il est parlé, comme dans le texte suivant extrait du Chronicon Cassinense, de couronnes portant un grand nombre de tours : « Fecit (Desiderius) et pharmn, id est coronam maximam de argento, librariim cir citer centum, habens in circuitu cubitos vigmti, cum dicodecim turribus extrinsecus projninentibiis , sex et triginta ex ea lavipadibiis dependentibus . I' Chronicon Cassinense, éd. de 1668, p. 362. Ensuite, il existe encore aujourd'hui, à Aix-la-Chapelle et à Hildesheim, de grandes couronnes de lumière garnies de tours, qui ne sont postérieures que de deux ou trois siècles à l'époque dont nous nous occupons. — Les dauphins, delphini, étaient probablement des lampes imitant plus ou moins la forme du dauphin. C'est de cette manière qu'il faut comprendre ce mot dans les phrases suivantes de Y Histoire d'Anastase, et autres semblables: Farum ex auro purissimo ,
cum delphinis quinquaginta (n° 36). Corona ex auro
purissimo, quae est pharus cantharus cum delphinis centum et viginti (n» 44). — Les pendeloques , en latin clamacterii^ clamasterii ou pendentes, étaient, comme leur nom l'indique, des ornements suspendus au cercle principal de la couronne. Elles consistaient en de lourdes pierreries plus ou moins bien taillées, ou en des appendices métalliques assez grossièrement travaillés. Voici deux passages d'Anastase qui font mention de cet ornement : Fecit (Stephanus V) coronam de argento c&î/;? pendentibus suis (n°429). Fecit (sanctus Léo IV) coronas ex argento purissi?nn miro compositas opère duas, pendentes in catenulis argenteis cum gemmis et bullis deauratis, pensan. una îibras centum triginta et duas, et alia centum et triginta, habentes una clamacterios argenteos subter pendentes triginta et septem (n° 501). Souvent ces couronnes à pendeloques n'étaient pas destinées à porter des cierges ou des lampes ; on les suspendait, uniquement pour l'ornementation, dans les églises et sous les ciboires des autels. Telles sont les couronnes en or, du "vii® siècle, trouvées en 1858 à Guarrazar en Espagne, et conservées au musée de Cluny, à Paris.
Si d'un côté ces lustres et ces couronnes se distinguaient par l'or, l'argent et les pierreries qui y étaient prodigués, d'un autre côté ils laissaient beaucoup à désirer pour lé fini du travail. "Ces couronnes dans leurs détails, dit très bien le P. Cahier, suivent naturellement la même marche que le goût du temps ; souvent massives et plus riches de matière que de forme avant le xii® siècle, elles ne furent guère ornées, sans doute, alors que par les grosses pierreries et les appendices un peu lourds qu'on y adjoignait en manière d'embellissements. " Mèhaiffes d'archéologie , III, p. 26. Nous verrons que, pendant les siècles suivants, les couronnes furent travaillées avec plus de soin, et que leur usage s'est perpétué, en plusieurs endroits, jusqu'à la fin du siècle dernier.
3. Calices et patènes. Le calice occupe le premier rang parmi les vases sacrés. Les apôtres se servaient de calices pour la célébration des saints Mystères : Le calice de bénédiction que nous ôénissons, dit l'apôtre saint Paul, n est-il pas la communication du sang du Christ? \ Cor., X, 16.
Aux premiers siècles de l'Eglise, les calices étaient de bois, de verre ou même quelquefois de corne. Tertullien fait mention de calices de verre ornés de peintures ; et il cite, entre autres, l'image du bon Pasteur comme faisant souvent partie de la décoration. C'est à ces calices de matières de vil prix que saint Boniface, évêque de Mayence au viii® siècle, faisait allusion, lorsqu'il disait au clergé de son temps : « Autrefois des prêtres d'or se servaient de calices de bois ; maintenant, au contraire, des prêtres de bois se servent de calices d'or. " Il y eut cependant aussi, même au temps des persécutions, des calices en or, en argent et en ivoire, ornés de pierres précieuses.
On attribue assez généralement à saint Zéphyrin, qui gouverna l'Eglise au commencement du m® siècle, d'avoir proscrit l'usage des calices de bois et ordonné aux prêtres de se servir dorénavant de calices de verre (i).
(1) Voyez Pellicia, De christianae ecclesiae politia, éd. Bass. 17S2, 1, p. 103. — Du Saussay, Panoplia sacerdotalis, p. 1, lib, Y III, cap. IV, nie l'existence du décret attribué à Zéphyrin,
Après la conversion cle Constantin, l'nsage des calices en or et en argent se généralisa insensiblement ; cle sorte que nous voyons au commencement clu ix'^ siècle, des conciles particuliers (comme celui de Reims célébré en 803) interdire l'usage des calices de bois, de cuivre et d'airain, et le Souverain Pontife Léon IV donner peu après à leur défense la valeur d'une loi universelle de l'Eglise : Niillus in lif/neo, dit ce Pape, plumheo mit vitreo calice audeat missam artère (i). Les calices en or étaient souvent ornés de pierreries. Aussi Anastase mentionne-t-il souvent des calices cum (jemmis. "L'empereur Justin, dit-il, donna une patène d'or, ornée de pierres précieuses, du poids de 20 livres, et un calice d'or enrichi de pierreries, du poids de 5 livres.» Vies des Souverains Pontifes, n^ 89.
On distingue plusieurs espèces de calices : 1° Les calices ordinaires, dans lesquels les évoques et les prêtres offraient le saint Sacrifice. Si nous pouvons juger de la forme de ces calices par les rares monuments de ce genre qui nous ont été conservés soit en réalité soit par la gravure, nous dirons que ces calices, composés, comme ceux de tous les âges postérieurs, d'une coupe, d'un nœud et d'un pied,
avaient généralement la coupe de forme cylindri(!Jue plus ou moins évasée, très étroite et très profonde . Voici, d'après Seroux-d'Agincourt {Histoire de Vart par les monuments) , les gravures de deux calices très anciens. Ils sont en verre, et pourraient bien remonter, par conséquent, aux premiers siècles du christianisme. Il y avait cependant aussi des calices dont la coupe, au lieu d'être cylindrique, était à plusieurs pans. Léon III offrit un calice carré à la basilique de Saint-Pierre; et Grégoire IV
Calices en verre blanc. en verre bleu.
(1) Labbeus, Collection concilionmt éd. Veneta, 1729, IX, col. 1031.
un calice octogone à l'église de Saint-Marc, à Rome (i). Quelques-uns des calices ordinaires étaient munis de deux anses.
2° Les calices de la seconde espèce étaient les calices ministériels, ministeriaîes , qui servaient à distribuer aux fidèles le précieux sang, lorsque la communion sous les deux espèces était en usage dans l'Eglise. Cet usage fut aboli au XIII® siècle, à cause des graves inconvénients qui en résultaient. Les calices viimstériels , souvent de très grande dimension, avaient ordinairement deux anses, destinées à rendre leur maniement par les diacres plus facile.
La figure suivante qui reproduit le calice de saint Gozlin, évêque de Toul de 922 à 002, peut donner une bonne idée
Calice de saint Gozlin, dans le trésor de la cathédrale de Nancy.
(1) Fecit (Léo III) » beato Petro apostolo, nutritori suo, caliccm aureum praecipumn tetragonum, spanoclystum, diversii ornatum prctiosis lapidibus, peusan. libras triginta et duas. Anast., De vitis Pont., no 416. — «Fecit (Gregorius IV) in ecclesia beati Marci, confessons Christi atque pontificis,
de la forme de ces calices à anses, des dix premiers siècles. La coupe de ce calice, qui est conservé dans le trésor de la cathédrale de Nancy, est hémisphérique, et repose sur un pied circulaire par l'intermédiaire d'un simple noeud. La coupe et le pied sont couverts de cabochons, de filigranes et d'émaux cloisonnés.
Ces calices . étaient fréquemment ornés d'inscriptions pour rappeler le nom du donateur et la destination du vase sacré. Voici une inscription de ce genre gravée par saint Rémi, archevêque de Reims de 461 à 533 ;
Haukiat hinc popuLrrs vitam de sanguine sacro Injecto aeternus quem fudit vulnere christus. Remtgius reddit domino sua vota sacerdos (1).
Les calices ordinaires sont souvent appelés minores parce qu'ils n'étaient pas aussi grands que les calices ministériels. Il est cependant très probable que ceux-ci portaient également le nom de majeurs ou mineurs selon leur plus ou moins de capacité. L'épithète de 'sanctus, donnée parfois aux calices, désignait sans doute ceux dans lesquels on consacrait le vin, et dont, au moment de la communion, on versait le contenu dans les calices ministériels pour être distribué aux fidèles.
3° Outre ces espèces de calices, qui servaient immédiatement au Sacrifice, il y avait encore les calices aux offrandes, calices ojfertorii, dans lesquels les diacres recevaient les oblations de vin ; les calices baptismaux, calices haptismi^ dont on se servait pour présenter aux nouveaux baptisés un mélange de lait et de miel (2); et les calices d'ornement, calices jjendentiles, qui, aux jours solennels, étaient suspendus dans l'église aux environs de l'autel ou placés sur le tref. Ces derniers étaient munis d'anses et avaient quelquefois un
patenam oclogoni exauratam, habentem in medio vultum Domini nostri, et a duobus lateribus vultura ipsius beati Marci atque ejusdem praesulis, peiisan. libras sex. Simili modo et caliccm octo(/oni fuudatum cum foliis exauratum ibidem obtulit pensan. libras sex. Ibid. « N. 4:66.
(1) » Que le peuple vienne puiser ici la vie dans le sang sacré que, de son flanc ouvert., répandit le Christ éternel. Le prêtre Rémi accomplit son vœu. «
(2) Cette cérémonie était destinée à rappeler aux néopliytesleur entrée, par la régénération spirituelle, dans la terre promise, cette terre où coulent des ruisseaux de lait et de »«eW. ExoD,, III, 8.
poids considérable. Anastase le Bibliothécaire fait plusieurs fois mention de calices suspendus (i).
L'usage de suspendre des calices et même des ornements de tout genre s'est conservé en quelques endroits jusqu'à une époque assez rapprochée de nous. Les anciennes Coutumes de Saint-Béniffîie de Dijon prescrivaient de mettre , aux principales fêtes , des calices sur l'autel : Calices aurei super altare ponant ur ad ornatum ; et Du Saussay (né en ]5S9, mort en 1675) nous raconte que, dans sa jeunesse, passant à Toul (France), le jour de la fête de la Sainte-Trinité, il a vu suspendus dans l'église de Saint-Etienne, en guise de décoration, les objets d'orfèvrerie du trésor, les chasubles, en un mot, tous les ornements sacerdotaux. Panopîia sacerdotalis, part. I, lib. A III, cap. XIV, art. II, § 4.
JjQ, patène, ainsi appelée du verbe \diim patere , être ouvert, à raison de sa forme large et peu profonde, est un disque aplati de métal, de verre ou de toute autre matière, sur lequel on dépose l'espèce du pain pendant la Messe. Son usage est aussi ancien que celui du calice. De même qu'autrefois on distinguait plusieurs espèces de calices, on distinguait aussi plusieurs espèces de patènes. Il y en avait d'abord à l'usage du prêtre qui offrait le saint sacrifice; il y en avait d'autres servant pour distribuer aux fidèles la sainte Eucharistie sous l'espèce du pain. Ces dernières, qui étaient ordinairement très grandes, portaient le nom de patènes ministérielles, winisteriales. 11 y avait encore des patènes appelées chrismales , sur lesquelles on versait le saint chrême
(1) Dans la vie de Léon III, il en parle à plusieurs reprises : «Fecit, dit-il, in basilica doctoris mundi beati Pauli apostoli, calices majores fundatos es argento purissimo ex ipsius apostoli donis, qui pendent in arcu majore, numéro undecim, et alios, qui pendent inter columuas majores dextra laevaque numéro quadraginta, peman. simul libras ducenfcas sexaginta et septem.« No b'JO. — » fecit... in J^asilica beati Pétri apostoli calices majores ex argento mundissimo qui sedent super trabes argenteas , numéro decem et octo, penscan. simul libras centum octuaginta duas.iNo 397. — <■ Fecit calices fundatos ex argento, qui pendent inter coiumnas majores dextra laevaque basilicae numéro sexaginta quatuor, pentan. pariter libras quadringentas sexaginta et unan^.« N» 400. Voyez aussi les nos 410, 507, 528 et 553.
pour rendre faciles les onctions usitées dans l'administration des sacrements de baptême et de confirmation.
Les patènes étaient rondes, carrées ou polygones, et munies d'un rebord qui leur donnait la forme d'un plateau. Elles étaient faites de la même matière que les calices, recevaient souvent comme eux des inscriptions, et étaient enrichies de pierreries et décorées d'images et de figures symbolique?. Leur poids variait ordinairement entre 5 et 30 livres; il y en eut même de 50 livres. Voyez le passage des Vies d'Anastase que nous avons cité ci-dessus, p. 217, note.
On appelait amula, cana ou hama, le vase dans lequel les diacres recevaient les oblations de vin que les fidèles avaient coutume de faire avant le sacrifice. Le vin était versé dans les calices au moyen du colum vinarium ou colatorimn, espèce de passoire percée au fond de trous très petits et très rapprochés, afin de lui enlever toute matière étrangère. Anastase fait souvent mention de ces instruments.