VI. — OBJETS TROUVÉS DANS LES CATACOMBES
On a trouvé dans les catacombes une multitude d'objets, grands et petits, dont l'origine remonte aux premiers siècles de l'Eglise. Parmi ces objets les uns se rapportent plus particulièrement à la sépulture des fidèles, les autres à la célébration des saints Mystères et aux réunions des chrétiens.
Quelques-uns même , par exemple les lampes et les verres dorés, ont servi à ce double usage.
Il est parfois assez difficile de déterminer d'une manière certaine Tâge de ces objets ; car il en est qui datent de la période d'excavation, c'est-à-dire des quatre premiers siècles, tandis que d'autres ne remontent qu'à la période des visites pieuses qui s'étend du quatrième au neuvième siècle.
1. Sarcophages chrétiens. On appelle sarcophages (dérivé de aapî, chair, et yayw, je mange) des tombeaux en marbre ou en porphyre, plus ou moins ornes de sculptures. Dans les catacombes les sarcophages se trouvaient ordinairement sous les cintres des arcosolia. Ils étaient quelquefois diviséa à l'intérieur en deux, trois et jusqu'à quatre compartiments, et portaient alors le nom de bisoniuSy irisomm ou quadrisomuSy selon le nombre des corps qu'on pouvait y déposer. On peut les classer en simples, riches et miœtes a) Les sarcophages simples consistaient quelquefois dans une auge ou coffre rectangulaire, sans ornementation aucune. Voici (fig. 1) un sarcophage d'une grande simplicité, trouvé à la catacombe de Saint-Calliste. Le couvercle porte l'inscription moitié grecque, moitié latine : irene et p[ax].
Fig. 1.
Sarcophage chrétien, trouvé au cimetière de Saint Calliste.
Le plus souvent cependant les sarcophages simples étaient décorés d'ornements sculptés que l'on nomme strigiles. Les strigiles sont des cannelures faiblement sinuées, imitant l'étrille ou racloir, strigilis, instrument dont les anciens se servaient pour enlever, en grattant, l'humidité et les corps étrangers , répandus à la surface de la peau par la chaleur du bain de vapeur ou les exercices fatigants de la palestre. Les païens se servaient aussi très fréquemment de sarco.
phages strigilés. De nos jours on trouve encore, surtout à Rome, un grand nombre de ces sarcophages anciens affectés à des usages profanes. Le sarcophage (fig 2) du cimetière de Saint-Calliste a la face antérieure ornée de strigilés.
Sarcophage chrétien strigilc, trouvé au cimetière dé Suiut-Cailiste.
bj Les sarcophages riches ont les quatre faces, ou au moins trois d'entre elles, décorées de sculptures en bas-, demi- ou haut-relief. Lorsque, comme cela arrive le plus souvent, on reproduit sur une niênie face ptusieurs scènes ou statues, celles-ci sont tantôt simplement juxtaposées (fig. 3), tantôt
Fig. 3.
Sarcophîigo chrcticn du ive siècle, au musée de Latrau à Rome.
SUJETS EEPKÉSENTÉS.
UM>m. Bi7F«.iiir.. : Lu création de 1. femme. - L'hommo condamné au trarail après le péché d Adam. - Le. bustet des époui. - Le ml.acle de Can». - La multiplicaUon miraculeuse des poiMODs et des pains. - La résurrection de Lazare. «.«eu.» tiea
«a UoDs. - La prédiction du renIcmcLt de Saini-Pierre. - Saint Pierre conduit en prison. - Moïse frsppant.le rocher. f ■vi*.
séparées par des colonnes ornées de pampres et de petits génies cueillant des Iruits (fig. 4). Quelques sarcophages
Fig 4.
Sarcophage chrétien de Juiiius Bassus, trouvé au cimetière du Vatican (ive siècle).