I. — BASILIQUES CHRÉTIENNES ET AUTRES ÉDIFICES RELIGIEUX
I . (iFormc ïrcs basiliquca. Pour bien comprendre les questions qui ont trait aux basiliques chrétiennes, il est indispensable de posséder des notions exactes sur les basiliques profanes des anciens.
Les basiliques profanes étaient de vastes édifices élevés sur le forum ou aux environs des places publiques. Elles servaient de lieu de réunion aux marchands ainsi qu'aux personnes s'occupant d'affaires, et les magistrats y rendaient la justice ; en un mot, elles avaient la même destination que nos
bourses commerciales et nos palais de justice. La basilique profane avait en plan (fig. 144^ la forme d'un rectangle fermé par des murs sur les quatre côtés et régulièrement divisé en trois nefs par deux rangées de colonnes. La largeur totale de l'édifice était, autant que possible, comprise entre la moitié et le tiers de la longueur, et la largeur de la nef principale F devait avoir trois fois celle de chacune des nefs latérales E et G, à moins que la conformation du terrain dont on disposait n'obligeât d'abandonner ces proportions. Trois portes, correspondantes aux nefs, étaient ouvertes dans la façade. L'extrémité de la nef principale opposée à la façade était le plus souvent terminée par un hémicycle ou abside semi-circulaire, portant le nom de tribune (i), où, sur des bancs Plan d une basilique ^^^^^és à la muraille, siégeaient les juges pour entendre profane. les plaidoiries et prononcer la sentence. Cette partie était séparée du reste de l'édifice par une clôture à claire-voie, appelée cancellum.
Les basiliques moins considérables, et parfois même d'assez grandes, par exemple celle de Trêves, se composaient d'une seule nef (2). Quelques-unes aussi avaient jusqu'à cinq nefs, formées par quatre rangs de colonnes ; la basilique Ulpienne, élevée par Trajan, et dont les ruines existent encore à Rome, était de ce nombre.
Dans les basiliques à trois ou à cinq nefs, les nefs latérales étaient souvent surmontées de galeries, séparées de la nef du milieu par un deuxième ordre de colonnes superposé à l'entablement de l'ordre inférieur. D'après les règles établies par Vitruve, les colonnes de l'ordre supérieur ne pouvaient avoir que les trois quarts de la longueur de celles de l'ordre inférieur. Entre les colonnes supérieures se trouvait une cloison, appelée pluteum, devant mesurer, selon le même auteur, les trois quarts de la hauteur des colonnes. Cette cloison était Coupe de la basilique profane sur BD. destinée à isoler les galeries supérieures,
(1) Du mot tribune est dérivé le nom de tribunal donné aux cours de justice.
(2) Voyez le plan et différentes vues de la basilique de Trêves dans Schayes, Histoire de l'architecture en Belgique, 22 édit., 1, p. 85 et suiv.
Fig. 145.
afin que les personnes qui s'y trouvaient n^ fussent pas exposées à la vue des marchands occupant le rez-de-chaussée.
Nous donnons (fig. 144) le plan, et (fig. 146 et 146) deux coupes d'une basilique profane, d'après la description que nous a laissée l'architecte Vitruve, qui vivait à Rome du temps de l'empereur Auguste.
Fig. .46.
Coupe cle la basilique profane sur ABC.
La couverture de toutes les basiliques, grandes ou petites, consistait en une simple charpente, posée à nu ou revêtue à l'intérieur d'un plafond divisé en caissons décorés de rosaces ou d'autres ornements sculptés. A l'extérieur, la charpente était couverte de tuiles, de plaques de marbre ou de bronze.
Les basiliques chrétiennes furent construites sur le modèle des basiliques profanes; seulement, au lieu de les élever le long des places publiques, on les fit précéder d'une cour carrée, afin de les éloigner du bruit et du tumulte de la rue. Elles avaient, comme les basiliques profanes, la forme d'un rectangle plus ou moins allongé, et se composaient de trois parties principales : la cour ou atrium, le vaisseau ou nef, vaô,-, et le sanctuaire, p-^pa ou Uocl-zIov,
En entrant dans la basihque chrétienne, la première partie qu'on rencontrait était V atrium, appelé aussi paradisus ou impluvium. atrium consistait en une cour entourée de galeries couvertes C (voyez le plan fig. 147); les entre-colonnements des portiques étaient clos par des cancels peu élevés pour que, comme nous l'apprend saint Paulin de Noie, « chacun pût facilement s'y appuyer et contempler les eaux qui jaillissaient de la fontaine pratiquée au milieu du cloître » (Natal. S. Felicis). En effet, au centre de l'atrium se trouvait une fontaine ou réservoir, canthariis, labrum, nymphaeum, phiala.
A. Porche ou vestibule.
B. Fontaine.