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La fiche ^ nommée Siussi perceoir parce qu'on croyait que

les Francs se servaient de cet instrument pour percer ou forer des

trous dans certains objets, a la forme d'un clou terminé par Framées

découvertes On fichait probablement ce clou dans les arbres pour y

à Spontin. accrocher les armes et les habits au moment du repos.

7. Les ciseaux étaient suspendus à la ceinture des guerriers; on les rencontre très souvent dans les tombes franques.

8. Le briquet^ accompagné d'un silex quelquefois encore intact et sans trace de percussion, fait aussi partie des objets fixés au ceinturon.

9. Les boucles, qu'on trouve en si grand nombre dans les sépultures franques, avaient un double usage.

Les plus grandes servaient à fermer le baudrier en cuir auquel on suspendait le scramasaxe. La plupart sont en fer, parfois damasquiné d'argent ou revêtu de plaques d'argent découpées à jour de manière à tracer des rinceaux ou des figures. Il y en a aussi en bronze, et ce sont généralement les plus belles. En voici deux de cette dernière espèce, extrêmement soignées, qui permettront de se former une idée exacte de la superbe décoration de certaines boucles de baudrier. La première (fig.2i5), qui provient de Florennes,

Fig. 215.

Boucle en bronze, trouvée à Florennes (Namur).

porte, sur chacune de ses parties, deux serpents affrontés et enlacés; la deuxième (fig. 216), découverte à Resteigne, est ornée d'un motif qui rappelle évidemment les méandres grecs. L'une et l'autre étaient rivées sur le baudrier au moyen de clous à tête hémisphérique.

Fig. 216.

Boucle en bronze, trouvée à Resteigne (Namur).

Des boucles de moindre dimension, ordinairement en bronze, plus rarement en fer, servaient à attacher la ceinture autour des reins chez les personnes des deux sexes. Elles étaient généralement décorées plus sobrement que les boucles de baudrier. On en rencontre toutefois, mais exceptionnellement, de richement travaillées ; telle est, par exemple, la boucle en or toute couverte de pierreries et de grenats cloisonnés, conservée au trésor de Tongres, que nous reproduisons ci-dessous p. 228, fig. 234.

10. Les agrafes, broches ou fibules, destinées à réunir sur l'épaule ou la poitrine les deux bords du vêtement, sont sans contredit les objets les plus intéressants que nous fournissent les fouilles des cimetières francs. Elles sont en or, en argent ou en bronze, et se rencontrent principalement dans les tombes de femme. Un grand nombre se distinguent non seulement par la Fig. 217. richesse de la matière, mais aussi par la per-

fection et le fini du travail.

La plupart, de forme circulaire, se composent de deux plaques rivées ensemble : l'une et l'autre, ou du moins la supérieure, en or battu. Des mordants, fixés à la plaque inférieure, maintenaient les lisières du vêtement. La face supérieure, souvent bombée vers son milieu, porte des sertissures de pierreries et de grenats ou verres rouges façonnés en table; Agrafe ou broche circulaire, et le champ resté libre entre les bâtes des sertrouvéeàFranchimont(Namur). ^.g^^^^,^^ ^^^^^^^ filigranes, ordinaire-

ment tordus, souvent disposés en petits cercles, d'un travail fin et délicat. La fig. 217 reproduit une de ces broches circulaires, trouvée à Franchimont (Namur); les bâtes triangulaires sertissent des verroteries rouges, les carrées des morceaux de nacre. Nous donnons aussi ci-dessous, p. 221, fig. 23o, un autre exemple de broche circulaire, découverte à Vedrin (Namur).

Fig. 218.

Fig. 21Q.

Voici (fig. 2 18 et 219) deux agrafes ou attaches de manteau, en bronze, formées d'un simple disque ajouré. La première (fig. 218), découverte à Franchimont, est ornée de trois Agrafes ou attaches de manteau. serpents enlacés qui

s'entremordent ; l'appendice rectangulaire qui y est accollé servait à accrocher des mordants fixés sur le bord opposé du manteau. L'autre (fig. 219), trouvée à Florennes, se compose de deux cercles concentriques : dans le plus petit est inscrite une croix pattée; des œils pour passer des lanières sont ménagés près du cercle extérieur. Dans quelques agrafes de cette catégorie la forme du médaillon s'éloigne plus ou moins sensiblement du cercle.

On trouve encore des agrafes ou fibules ayant d'autres formes que nous devons indiquer ici. Il en est par exemple — et elles ne sont pas rares — qui sont composées d'une bande en or décorée de ciselures et de verroterie rouge cloisonnée ; d'un côté elles se terminent par une tête d'animal fantastique avec des yeux de grenat, et de l'autre, par une patte semi-circulaire munie, sur sa circonférence, de quatre ou cinq petits boutons en or massif

Fig. 220.

Fibule ou agrafe en or, trouvée à Fallais (De la collection de M. Eug. Poswick; grandeur de l'original).

(fig. 220) ou quelquefois aussi d'un nombre égal d'appendices aplatis incrustés de grenats.

La fig. 220 donne, dans la grandeur de l'original, une belle fibule en or recouverte, sur son axe longitudinal, d'une

étroite bande d'argent, qui appartient à cette classe; les yeux de l'animal sont seuls en grenat. Cette fibule, qui a été trouvée à Fallais (Liège), fait partie de la collection de notre ami M. Eugène Poswick.

D'autres fibules consistent en deux pattes ou deux portions de disque réunies par un arc assez relevé; une épingle ou broche mobile, soudée sous l'une des pattes, emprisonne, en s'introduisant dans un œil fixé sous l'autre patte, les bords du vêtement logés sous l'arc relevé. L'agrafe de cette dernière espèce que nous reproduisons fig. 221 et 222, est en or et

Fig. 221.

Profil de la même fibule.

couverte, comme la précédente, d'une bande d'argent décorée de zigzags que l'on reconnaît facilement dans notre gravure (fig. 221). Elle a été découverte à Lede près d'Alost, et fait actuellement partie du musée royal d'antiquités, dit de la porte de Hal, à Bruxelles.

Dans toutes ces fibules, les petits appendices sphériques ou aplatis, de même que les crochets placés au revers et qui retiennent l'épingle ne sont pas l'apportés ; on n'y trouve ni soudures, ni filigranes ; tout, à l'exception de l'épingle, est fondu d'une seule pièce. Parfois l'objet est retouché au ciseau.

On rencontre des agrafes semblables, non seulement en Belgique et en France, mais aussi sur les bords du Rhin, en Bavière, en Autriche et même

en Hongrie. Le musée national de Buda-Pesth en possède plusieurs. Nous avons vu, au musée national de Munich, une fibule allongée, analogue à celles que nous venons de décrire, de dimensions extraordinaires et toute couverte de verroterie rouge cloisonnée ; elle mesure 1 5 centimètres de longueur sur 6 de largeur.

II. Les épingles à cheveux ne sont pas rares dans les tombes de femme; leurs têtes présentent souvent une grande perfection de travail. Il y en a d'or, d'argent et de bronze. Notre fig. 223 reproduit quelques-unes des formes les plus fréquentes. L'épingle A, en argent ciselé et doré, dont la tête affecte la forme d'un oiseau à bec recourbé, est ornée de trois grenats en table. Celle en B, également en argent doré, a sa tête décorée de filigranes et de quatre grenats losangés sertis dans des bâtes surhaussées. Enfin, celle en G est de bronze, et présente la forme d'une francisque.

Fig. 223.

Épingles à cheveux trouvées : A à Namur, B à La Plante lez Namur, C à Éprave (Namur), D. Collier d'olives d'or et de verroteries vertes, trouvé à Samson (Namur).

Les deux plus belles épingles à cheveux de l'époque franque que nous connaissions, sont conservées au musée diocésain de Liège, et furent découvertes il y a trois ans, à Seny, petit village du Condroz, situé non loin de Huy. La tête de la première, en or battu, est de forme fuselée et toute cou-

verte de filigranes granulés du travail le plus délicat, disposés en rinceaux; au milieu des filigranes sont semés de petits triangles de grenat façonné en table sertis dans des bâtes surhaussées. La tête de la deuxième, également en or, a la forme d'une fleur dont le pistil est figuré par un grenat hémisphérique, et la corolle par des feuilles d'or terminées par des bâtes vides qui sertissaient, sans doute, autrefois des perles ou de la verroterie de couleur.

12. Les pendants d oreilles sont souvent, comme les épingles à cheveux, de petits chefs-d'œuvre d'orfèvrerie. Ils se composent généralement d'un anneau de grand diamètre, auquel est attaché un petit bouton d'or chargé de filigranes et de verroteries cloisonnées.

Fig. 224. Fig. 225. Voici quelques exemples

de pendants d'oreilles :

ceux de la fig. 224 et celui de la fig. 225, en B, sont d'argent doré, et incrustés de verroterie rouge en table; celui de la fig. 225 en A est Pendants d'oreilles, trouvés d'or et couvert de filigra-

à Franchimont à Samson et à Namur nés tordus.

13. Des peignes ont été extraits plus d'une fois des tombeaux francs. Il y en a de rectangulaires, à deux séries de dents, presque semblables à celui que nous avons reproduit ci-dessus, p. 127, fig. 142; et de triangulaires, à une seule rangée de dents très fines. De beaux spécimens de cette dernière espèce ont été découverts à Furfooz (Namur) ; ils sont décorés de figures d'animaux fantastiques et ont conservé la gaine qui servait à protéger leurs dents. M. Bequet en a publié de très bonnes gravures dans le tome XIV des Annales de la Société archéologique de Namur, p. 899, où il fait observer très à propos (p. 413) que « le Franc entretenait avec grand soin sa chevelure, dont l'abondance et la beauté étaient un signe de race noble. Aussi, portait-il à la ceinture le peigne, accessoire indispensable de sa toilette. »

14. Les colliers, qu'on retire fréquemment des sépultures de femme, se composent de grains de matière, de forme et de dimensions différentes, enfilés sur un cordonnet. Les grains sont en verre et en pâte céramique diversement colorés, en ambre rouge brut ou régularisé au tour; on en rencontre même, mais très rarement, qui sont en or battu. Ceux en verre et en pâte céramique ont souvent plusieurs couches éclatantes de couleurs, juxtaposées et rendues adhérentes par la cuisson, et dessinant des zigzags et diverses

autres figures striées. Les couleurs qui dominent sont le rouge, le jaune, le vert, le brun, le bleu, le blanc et le noir.

Les dimensions des grains sont extrêmement variables ; on en trouve de très gros, tandis que d'autres ont à peine la grandeur d'un pois. On remarque parfois au collier une bulle en cristal ou un grain beaucoup plus volumineux que les autres : il est possible qu'il y ait eu, dans l'emploi de cette bulle ou de ce grain, une intention superstitieuse des Francs encore païens, par exemple de s'en servir comme amulette.

Sous le rapport de la forme, la diversité des grains est plus grande encore. Il en est de sphériques, d'aplatis, de cylindriques, de cubiques, d'oblongs, et en forme de polyèdre régulier ou irrégulier. On en trouve même qui sont fabriqués en guise de petits bâtons dorés et colorés, imitant quatre ou cinq petites perles enfilées, perles qui d'ailleurs se séparent aisément.

Les grains en or battu ou en verre recouvert d'une mince feuille d'or ont reçu le nom d'olives d'o?% parce que leur forme habituelle offre une certaine analogie avec celle du fruit de l'olivier. Nous donnons (fig. 223, en D), un collier composé d'olives d'or, alternant avec des polyèdres en verre de couleur verte foncée. Cet intéressant objet provient des fouilles de Samson.

15. Les bracelets, ordinairement d'argent ou de bronze, plus rarement de verre, consistent régulièrement en un simple bandeau cylindrique aplati, ou, quelquefois aussi, contourné en torsade. Les uns sont entièrement fermés et présentent la forme d'un grand anneau ; les autres, ouverts, ont assez souvent leurs extrémités terminées par une tête d'animal chimérique. On rencontre aussi des bracelets en ambre, en verroterie et en pâte céramique dont l'aspect ne diffère pas de celui des colliers.

16. Les bagues en or, en argent ou en bronze, sont le plus souvent de petit diamètre et formées d'un anneau muni parfois d'un chaton avec verroteries ou pierreries en cabochon.

17. Les vases en terre cuite constituent le complément obligé de toute tombe franque. Il s'en trouve réguHèrement un ou deux aux pieds du sque-

Fig. 226. lette. Ces vases servaient, paraît-il, chez les Francs païens à contenir l'eau lustrale. Après leur conversion à la vraie foi, les Francs chrétiens continuèrent à renfermer des vases dans les tombeaux, mais ils changèrent la signification de cette cérémonie funèbre en remplaçant l'eau lustrale par l'eau bénite.

Parmi ces vases les uns, et c'est le plus grand nombre,

Urns funéraire, ^ . , tm •

trouvée à Strée terre nou'e, les autres en terre rouge. Plusieurs

ont la forme d'une petite urne et portent, sur la partie supérieure de la panse, des ornements d'un style tout à fait rudimentaire, imprimés à la roulette ou obtenus au moyen de la pointe d'un instrument tranchant. Nous en donnons (fîg. 226) un exemple. On trouve aussi des vases en forme de cruche, d'écuelle et de plateau.

18. Les vases en verre aux formes élégantes et variées qu'on trouve dans les sépultures franques près de la téte ou des pieds du squelette prouvent

que l'art du verrier était arrivé chez ce peuple à un haut degré de perfection. La plupart sont en verre d'un jaune verdâtre, soufflé ou moulé; quelques-uns portent, comme ornements, de minces fi- ■^ets blancs ou colorés, posés après le soufflage ou mêlés à la pate vitreuse.

Vase en verre trouvé près de la cathédrale Une des formes les plus coma Narnur. munes est celle d'une jatte évasée

(fig, 227). Il n'est pas rare de rencontrer des vases sans pied et qu'il est impossible de déposer si ce n'est à l'envers ; l'usage des vases de cette espèce a été conservé jusqu'à nos jours en certaines contrées de l'Allemagne.

19. Des vases en bronze, des marmites, des écuelles, des plateaux et des bassins du même métal sont renfermés dans quelques tombeaux. On y trouve aussi des sceaux dont l'anse et les cercles sont de bronze et les douves de bois. Celles-ci sont presque toujours consumées.

Grâce aux fouilles que la Société archéologique de Namur fait faire depuis plusieurs années dans différentes localités de la province, sous l'intelligente direction de M. Bequet, un grand nombre de cimetières francs ont été explorés avec soin. Les produits de ces fouilles, déposés au musée de la Société, à Namur, constituent actuellement la collection la plus riche et la plus variée d'antiquités franques et mérovingiennes qui existe dans le monde entier. La plupart des objets mentionnés ci-dessus ou reproduits par la gravure font partie du musée de Namur.

Objets avec symboles chrétiens trouvés dans les sépultures franques. L'introduction du christianisme chez les Francs date de la fin du siècle. Comme nous l'avons déjà dit, la conversion de Clovis, en 496, fut suivie de

celle de la majeure partie des tribus franques. Peut-être même le christianisme avait-il déjà, avant ce grand événement, fait quelques disciples dans nos contrées, principalement aux environs des grandes villes de cette époque, où, grâce à la civilisation romaine qui ne s'y était jamais perdue entièrement, l'Évangile, implanté dès les premiers siècles, ne cessa jamais de fleurir nonobstant les invasions des barbares. Il ne faut donc pas s'étonner si l'on rencontre dans les tombeaux francs, particulièrement du VI^ et du VIF siècle, des objets décorés de symboles chrétiens.

Nous nous contenterons de signaler quelques-uns de ces symboles d'après les intéressants travaux sur les antiquités^ franques de la province de Namur, publiés par M. A. Bequet dans différ nts volumes des Annales de la Société archéologique de cette ville. Nous sommes redevables à l'obligeance de notre savant et excellent ami, non seulement de la substance des notes qui vont suivre, mais aussi de la plupart des gravures et parfois même du texte qui les accompagne. Nous lui en témoignons ici publiquement toute notre gratitude.

Voici d'abord (fig. 228) un monogramme

du Christ que l'on voit sur le fond d'un vase

en verre, découvert, en 1879, à la place de

Saint-Aubain à Namur, que nous avons

reproduit à la page précédente. Le musée de

^/^\>. <^qP 1^ Société archéologique de Namur possède

- ^ encore deux autres vases en verre de l'époque

franque à peu près semblables, sur le fond

desquels figure le même monogramme con-

stantinien. Ils proviennent l'un et l'autre du

, r . , cimetière franc de Samson.

Monogramme moule sur le rond du

vase reproduit ci-dessus fig. 227. La croix aussi n'est pas rare dans les sépul- Fig. 229. tures franques. Nous donnons (fig. 229) une petite croix en plomb, trouvée à Franchimont. Elle est pattée et à branches égales. La branche supérieure porte, à son extrémité, un appendice percé d'un trou pour passer un cordon qui doit la suspendre au cou. A Belvaux, sous Resteigne, on a retiré également des tombeaux francs des objets ornés d'une croix pattée.

Croix de plomb, Cette croix figure aussi sur un grand nombre d'agrafes

trouvée a fibules circulaires en or battu, mentionnées ci-dessus,

rrancnimont. '

trouve a Franchimont.

Broche ou agrafe trouvée à Vedrin Fig. 232.

Chaînettes avec petites croix.

p. 21 3. Voici (fig. 23o), sur une de ces broches, une croix pattée ; cet objet a été trouvé, il y a plus de trente ans, à Vedrin, près de Namur. Les Chaton de bague^^^,^.^^^^,.^ au lieu d'être avec

monogramme, rouges, comme c'est lordinaire, sont blanches et vertes. La broche que reproduit notre fig. 219 est également ornée d'une croix pattée.

(( Plusieurs croix et monogrammes chrétiens, dit M. Bequet, sont gravés sur des chatons de bagues en bronze trouvées à Franchimont. Nous donnons (fig. 23 1) le dessin d'un de ces monogrammes qui, probablement, a dû servir de scel; on remarquera qu'il est surmonté d'une croix. Ces mêmes lettres ont été rencontrées plusieurs fois sur des bagues de l'époque mérovingienne : il est difficile d'en donner une signification exacte. » Nos fouilles en i883, p. i3.

« Un objet de parure bien curieux, continue encore M. Bequet, fut trouvé aussi, à Franchimont, à la ceinture d'une femme; il nous rappelle ces petites chaînes auxquelles les dames de nos jours suspendent, à leur côté, les instruments de couture et les clefs. Ainsi qu'on peut le voir par le dessin ci-contre (fig. 232), il est formé d'une plaque d'attache en bronze, qui était fixée à la ceinture par des lanières de cuir. A cette plaque étaient attachées trois chaînettes de soixante centimètres de longueur, faites de douze boudins ou spirales en fil de laiton. Chacune de ces chaînettes porte, à son extrémité, une petite croix en bronze. M. Lindenschmit, le savant directeur du Musée germanique de Mayence, a donné, dans les Allerthiimer unserer heidnischen Vor^eit , deux objets semblables; seulement le dessin de l'attache est un peu différent, et aux petites chaînes sont suspendues des amulettes païennes et des monnaies romaines. Il est assez probable qu'à Franchimont la croix avait remplacé les talismans, après la conversion de cette femme au christianisme. » Nos fouilles en 1880, pp. 13-14.

Une plaque en argent, trouvée à Éprave, est décorée, en relief, d'une représentation symbolique très commune pendant les premiers siècles qui ont suivi la conversion de Constantin. On y voit (fig. 233) deux paons affrontés becquetant un objet dont les contours sont un peu vagues, mais dans lequel des monuments similaires permettent de voir une grappe de raisins. Nous parlerons de cette représentation, ci-dessous, en traitant de l'iconographie chrétienne pendant la période latino-byzantine.

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