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CARACTÈRES DU STYLE BYZANTIN

I. |îlau et MôpOôittOtt ïrcs églises bt)3antilte5. Les églises byzantines présentent, dans leur plan et leur disposition, trois types distincts : la basilique couverte en charpente, semblable à la basilique latine d'Occident ; 2° la rotonde ou église circulaire; et 3^^ la basilique byzantine proprement dite, voûtée et surmontée d'une ou de plusieurs coupoles.

Le premier type est celui des églises les plus anciennes ; le second n'a été employé que rarement ; le troisième, qui constitue le véritable type byzantin, devint général en Orient pour les églises élevées à partir du VI^ siècle. « Au point de vue de la disposition, dit de Dartein, ce dernier genre d'édifices est le seul qui présente un caractère original ; car la basilique byzantine couverte en charpente ressemble exactement à la basilique latine, et la rotonde byzantine n'offre de particulier que l'appropriation de quelques nouvelles formes de détail à un type déjà ancien. Au contraire, la basilique byzantine voûtée se distingue très nettement de tous les monuments des temps antérieurs par sa coupole sur pendentifs, élevée au milieu d'un vaisseau central plus ou moins allongé. Il était naturel que cette disposition particulière, manifestée avec tant d'éclat par Sainte-Sophie de Constantinople, servît de type dans les contrées où elle avait pris naissance. L'usage s'en est même perpétué jusqu'à nos jours, non seulement dans les pays qui dépendaient de l'empire grec, mais encore en Russie, grâce à la communauté de religion. « Étude sur r architecture lombarde, I^^ partie, p. 5i.

Nous donnons (fig 267 et 268) le plan et une vue latérale de l'église de

Sainte-Sophie, monument du VI^ siècle, dans lequel le style byzantin s'est trouvé constitué. On pourra se former, par ces gravures, une idée exacte du type des églises byzantines. Sur le plan, A est le point central de la coupole principale, B le presbyterium, et C l'atrium; les pointillages indiquent les nervures des voûtes.

On connaît les architectes qui ont dirigé la construction de Sainte-Sophie : ce sont Anthémius de Tralles et Isidore de Milet.

Nous empruntons à M. de Dartein quelques réflexions très judicieuses sur le plan des édifices byzantins en général, et sur celui de Sainte-Sophie en particulier : (( Qiioique la disposition de Sainte-Sophie, dit-il, considérée en détail, semble fort compHquée, elle produit un effet d'ensemble saisissant. Les éléments si divers qui la composent, coupole, demi-voûtes sphériques , voûtes d'arête , colonnes ,

er.cuiLLon. s.c.

Plan de l'église de Sainte-Sophie à Constantinople (vi^ siècle).

piliers, contreforts, sont combinés de la manière la plus heureuse et la

Fig. 268.

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liiilliÉiiliiiiiiiiiiiriii-

Vue latérale de l'église de Sainte-Sophie.

plus originale ; et, en même temps , la forme basilicale reste parfaitement marquée. Mais, si le plan appartient au type de la basilique, il n'en est pas de même en ce qui concerne l'aspect général du monument.

La partie dominante, celle qui captive les regards et

absorbe l'attention, est la grande coupole centrale, très largement éclairée et magnifiquement décorée. L'abside n'est mise en évidence ni par sa dimension, ni par la richesse plus grande de ses ornements. Elle ne produit guère plus d'effet que l'une des quatre niches qui flanquent les hémicycles. Les bas côtés largement ouverts sur la coupole, le sont fort peu vers le sanctuaire. Tout l'intérêt se rapporte donc à la coupole, et l'abside, réduite à faire pendant à l'entrée principale, ne joue qu'un rôle secondaire. Dans les basiliques latines, au contraire, les trois nefs forment comme trois avenues dont l'ordonnance uniforme conduit le regard et la pensée jusqu'à l'abside. L'effet grandiose de l'arc triomphal, les mosaïques qui décorent ses tympans et celles qui ornent la voûte du sanctuaire, désignent celui-ci comme la partie essentielle de l'édifice : il y a harmonie parfaite entre le caractère de l'architecture et la pensée rehgieuse qu'il doit interpréter. » Étude sur larchitecture lombarde, 1^ partie, p. 34.

Les façades des églises byzantines proprement dites diffèrent de celles des basiliques latines. Celles-ci sont généralement terminées par un fronton ou pignon triangulaire plus ou moins élevé d'après la plus ou moins forte inclinaison de la toiture principale (voyez ci-dessus, p. 169, fig. 170); les façades des églises orientales, au contraire, se terminent presque toujours soit par une bande horizontale en forme de corniche, soit par une série de couronnements semi-circulaires. La première de ces dispositions est le résultat des toitures peu inclinées des édifices orientaux ; la deuxième, dont l'église de Tine (fig. 269) offre un exemple, est produite par les voûtes en berceau

Façade de Téglise de Tine (Archipel).

des nefs. La façade de l'église de Saint-Marc de Venise se terminait probablement d'une manière analogue avant le XIV^ siècle, époque à laquelle on plaça, à l'extrados des cintres, des arcs en accolade chargés d'ornements en style ogival. On trouve cependant aussi en Orient un petit nombre d'églises dont la façade se termine par un pignon triangulaire. Cest surtout dans les constructions byzantines de l'Italie et de la ville d'Athènes, qu'on remarque ce mode de construction, dû sans doute à l'influence des édifices occidentaux et à celle des anciens temples païens de la Grèce.

2. ^ijôtème ï>e cou^tructiint. Le système de construction des églises byzantines se distingue par les traits suivants :

lO La brique est généralement employée pour toutes les maçonneries. Même dans les contrées où la pierre de taille est abondante, les architectes byzantins ont le plus souvent préféré la brique aux matériaux de grande dimension. C'est ainsi, par exemple, que l'église de Saint-Nicolas, à Myra en Lycie, est construite en briques bien qu'il existe de riches carrières de pierres dans le voisinage de la ville.

2° Les murailles d'enceinte, formées de cloisons établies entre les piles extrêmes, sont reculées de manière à former avec celles-ci des parois unies à l'extérieur de l'édifice; on parvenait ainsi à utiliser tout l'espace couvert compris entre les supports. Aux XIII^ et XIV^ siècles, au contraire, dans les églises ogivales, les murs faisant office de cloison entre les contreforts extérieurs présentaient, à l'intérieur de l'édifice, une surface unie ou décorée d'arcatures, et les contreforts faisaient saillie à l'extérieur.

3° Le caractère distinctif des églises byzantines, au point de vue de la construction, consiste dans la présence d'une ou de plusieurs coupoles portées sur des pendentifs. La coupole est une voûte hémisphérique ou se rapprochant de la demi-sphère, généralement saillante et visible à l'extérieur. La construction des coupoles élevées sur des murs disposés en plan circulaire depuis les fondements ne présente pas de grandes difficultés ; mais il en est tout autrement lorsqu'il s'agit d'élever une coupole sur quatre piles isolées ou sur des murs affectant un plan carré ou polygone. Dans ce cas, qui est celui de toutes les églises byzantines si l'on excepte quelques anciennes rotondes de petite dimension, il est nécessaire de recourir à l'usage des pendentifs. On appelle pendentif [\) un encorbellement ou trompe se rapprochant,

()) Le mot pendentifs, encore une autre signification que nous ferons connaître plus tard.

pour sa forme, du triangle d'une voûte sphérique et destiné à faire passer une construction du carré à l'octogone ou au plan circulaire. (( Portée sur quatre piliers épais, disent les Instructiojis du Comité historique, toute calotte sphérique est soutenue en l'air par des constructions secondaires, formant un encorbellement dont la forme est variable et dont le but est de racheter les angles du plan carré de chaque travée, pour le relier à la base Fig 270. Fig. 271. circulaire de la coupole. On a donné

à cette disposition le nom de pendentif. » Style byzantin, p. 122. Les figures 270 et 271 représentant des pendentifs , feront comprendre les descriptions qui précèdent. Souvent les pendentifs sont ornés de mosaïques ou de peintures à fresque. On y voit, comme sur ceux de l'égHse de Vourcano, (fig.272 en abc et def), des figures de saints, principalement celles des quatre évangé- [istes.

Les églises byzantines sont le plus souvent couronnées de plusieurs coupoles.

Dans les grands édifices la coupole centrale est entourée, à tous les angles et à toutes les travées des collatéraux, de coupoles ou de demi-coupoles moins élevées qu'elle. L'église Panagia-Nicodimo d'Adont nous donnons le plan (fig. 273), est

Pendent'fs de l'église de Vourcano Fig. 273.

thènes,

surmontée d'un dôme central placé au milieu de douze coupoles de moindre dimension.

La soHdité des coupoles et des autres espèces de voûtes dont les Byzantins ont fait parfois usage repose sur des principes de construction étrangers à l'art romain du haut empire. « Bien différentes des voûtes romaines, dit de Dartein, quant aux conditions de stabilité, celles de Sainte-Sophie, bâties en briques avec une faible épaisseur, ne se maintiennent point en équilibre à la façon d'un bloc de forme invariable, simplement posé sur ses appuis. Faute d'une épaisseur suffisante, elles ten-

Plan de l'église Panagia- Nicodimo à Athènes.

dent à s'effondrer en renversant au dehors leurs appuis; et ceux-ci, soumis à l'action d'une poussée oblique, remplissent la double fonction de porter la voûte et de la contre-bouter... Le problème de l'équilibre des voûtes se pose alors avec toutes ses difficultés ; et la voûte moderne, légère, appareillée, poussant au vide, formant en quelque sorte, avec son support, un système articulé, supplante à jamais, depuis l'avènement du style byzantin, les massives concrétions monolithes de l'architecture romaine. » Etude sur V architecture lombarde, 1^ partie, p. 36.

A l'extérieur, les voûtes et les coupoles sont couvertes de lames de plomb ou, quelquefois aussi, de tuiles, posées, sans l'intermédiaire de charpente, sur les parties convexes des voûtes.

Quelques coupoles, celles de l'église de Sainte-Sophie entre autres, sont percées, dans leur partie inférieure, de petites ouvertures cintrées en forme de fenêtre. La plupart, cependant, sont surélevées au moyen d'un étage vertical placé entre le sommet des pendentifs et la naissance de la coupole proprement dite; cet étage a reçu le nom de tambour. Le tambour est toujours percé de fenêtres couronnées, à leur partie supérieure, par des archivoltes en plein cintre.

La coupole était en usage dans les édifices religieux de la Syrie dès le IIF siècle de notre ère. Aussi peut-on affirmer que comme forme la coupole a été empruntée à l'Orient par les constructeurs byzantins. Cependant, bien que l'aspect des coupoles de la Syrie et de celles du Bas-Empire offre de la ressemblance et que la place qu'elles occupent dans les monuments soit la même, les procédés de construction sont entièrement différents. En effet, les architectes de l'Asie, qui avaient à leur disposition des pierres basaltiques très résistantes et de grande dimension, se sont servis, pour passer, du plan carré des piles de soutien, à la base circulaire de la coupole, non de pendentifs ou d'encorbellements, mais' de grandes dalles placées en porte-à-faux. Le véritable pendentif apparaît pour la première fois, vers le milieu du siècle, dans deux monuments de Ravenne ; voyez ci-dessus, p. 182. La coupole est donc asiatique compie forme, et italienne comme principe de construction.

Quelques églises, surtout d'une date récente, sont couvertes de voûtes en berceau. Voyez ci-dessus, p. 292, fig. 269, la vue de l'église de Tine.

3. Pef0rati0U ïree enlisée bi)3antiue0. La décoration extérieure des églises byzantines, surtout au IV^ et au siècle, était simple et peu riche. Ce n'est qu'assez tard que les byzantins commencèrent à orner plus ou moins

l'extérieur de leurs édifices re'igieux. A partir du VII^ ou du VIIF siècle, les parements extérieurs des murs et les archivoltes des baies sont assez souvent, comme ceux des édifices latins, formés d'assises de pierres alternant avec une ou plusieurs assises de briques, les archivoltes se couvrent de moulures qui se profilent en saillie les unes sur les autres, et des cordons se dessinent sur les murs au moyen de briques variées de forme et de couleur.

La décoration intérieure « consiste surtout, dit de Dartein, en revêtements de diverses natures, placages en marbre ou mosaïques, appliqués sur les piliers, les murailles et les voûtes. Les archivoltes et les arcs, appareillés en petits matériaux, sont décorés souvent de la même manière, en sorte que le rôle de la sculpture se réduit à orner les parties de la construction qu'une destination spéciale obhge à exécuter en blocs de pierre isolés ou saillants, telles que les bases, chapiteaux et sommiers des colonnes, les linteaux des portes et les meneaux des fenêtres, les bandeaux et les corniches, enfin les appuis ou parapets des galeries supérieures. Par cela même qu'il est très amoindri, le rôle de la sculpture se trouve accommodé au caractère superficiel de l'ensemble de la décoration. En outre, son mode d'expression répond bien à ce caractère. C'est ainsi que le chapiteau, offrant habituellement la forme d'une corbeille, fut couvert en général d'un réseau d'ornements capricieux et délicats, qui paraissent envelopper ses massives parois de la même façon que les placages et les mosaïques tapissent les murailles et les voûtes. Parfois même on refouilla ces ornements, au point de les détacher presque de la masse du chapiteau. Cette décoration, qui ne fait que revêtir les membres des édifices, convient sans doute parfaitement pour orner de grandes masses, de vastes surfaces lisses, formées de matériaux petits et grossiers (i), mais elle n'exprime en rien le but utile de ces masses; et, faute de détails expressifs, ce but n'est indiqué qu'à grands traits par des proportions d'ensemble et des contours. » Etude sur t architecture lombarde, I''^ partie, p. 56.

Voici (fig. 274) un chapiteau de Sainte-Sophie à Constantinople, exemple typique qui montre le caractère essentiellement superficiel de la sculpture byzantine ; celle-ci consiste régulièrement en rinceaux plats à feuillage aigu.

(1) « La décoration orientale est plutôt riche que réellement belle, mais il faut dire qu'elle se prête admirablement à l'ornementation de vastes surfaces comme celles qu'elle était appelée à traiter, et qu'en négligeant la forme pour s'emparer de la couleur, elle a obéi à la nécessité de position. A l'Orient la couleur, à l'Occident la forme; cette division est fondamentale; elle tient à l'état des esprits : elle subsiste encore dans toute sa force, et son origine se perd dans la nuit des temps. » L. Reynaud, Traité d'architecture, II, p. 233.

Fig. 274.

Chapiteau de Sainte-Sophie à Constantinople (vi" siècle).

Fig. 275

Les chapiteaux (fig. 275 et 276) de l'église de Saint-Vital à Ravenne portent également le cachet byzantin ; toutefois les extrémités des feuilles qui terminent les rinceaux sont moins maigres que sur le chapiteau de Sainte-Sophie de Constantinople.

Les ornements que les byzantins aimaient à sculpter sur les panneaux de marbre dont ils décoraient l'intérieur de leurs églises étaient des enlacements de lignes droites et courbes auxquelles se joignaient des croix pattées, des rosaces et parfois

des représentations d'animaux réels ou chimériques.

A partir du VI IF siècle, les peintures à fresque furent assez souvent substituées aux mosaïques et aux placages en stuc des églises byzantines ; elles finirent même dans la suite, par les remplacer complètement. Encore en usage aujourd'hui dans les éghses grecques elles conservent toujours le même type et le même caractère, parce qu'elles sont exé- Chapiteau de l'église de Saint-Vital à Ravenne (vi^ siècle). cutées d'après les règles invariables renfermées dans V'Epiirjvsix rrjç W^aty^r.;, Guide de la peinture, espèce de code ou manuel dans lequel sont consignées minutieuse-

ment les règles que le peintre doit suivre dans la disposition et l'exécution des fresques (i).

La description suivante de la décoration intérieure de Sainte- Sophie à Gonstantinople, que nous empruntons à de Dartein, achèvera de donner une idée exacte de la nature de la décoration byzanune. (( L'ensemble, dit l'auteur, en est grandiose et largement entendu. Dans la nef principale,une corniche en marbre règne sur toute la longueur, à la naissance des voûtes :

au-dessous, la décoration est en marbre, audessus elle est en mosaïque : les parties qui supportent se distin- Chapiteau à l'église de Saint-Vital à Ravenne (vi^ siècle). guent nettement ainsi

de celles qui sont portées. Il en est de même aux deux étages de galeries. Les Grecs ont excellé dans l'appropriation des mosaïques en petits cubes de verre de couleur à la décoration des grandes surfaces lisses et particulièrement à celle des voûtes. Ils paraissent avoir inauguré l'usage des fonds d'or, dont l'éclat métallique et changeant produit des effets si intenses et si variés. Sur le fond se détachent des bandes vivement coloriées, tracées suivant des lignes de division simples et régulières. Les compartiments qu'elles dessinent sont occupés, soit par des rinceaux, soit par des figures traitées dans un style très calme et sans la moindre apparence de relief. La mosaïque ainsi entendue, loin de dissimuler les formes des voûtes, les fait au contraire ressortir davan-

(i) Voyez au sujet de ce manuel : i» Didron, Annales archéologiques, II, p. 23 et sv.; 2° Labarte, Histoire des arts industriels, 2^ édition, I. p. 59.

tage. A Sainte-Sophie, la décoration la plus riche est réservée pour la coupole, pour ses pendentifs et pour la surface des grands arcs cintrés du nord et du midi. On voit que c'est toujours sur la coupole qu'est concentré l'effet. Au-dessous de la corniche de couronnement, les parois sont revêtues de placages en marbre. Il y en a de deux espèces : de grandes dalles unies ou veinées sur les parements des supports, et des mosaïques en marbre de couleur dans les tympans des arcs et dans les frises. Ici encore, le parti de la décoration se rapporte parfaitement à celui de la construction. Les mosaïques en marbre représentent d'élégantes arabesques et des enroulements de feuillages finement découpés : elles sont encadrées dans les tympans par des archivoltes à moulures très fines ou des bordures en mosaïque qui se détachent peu du motif central. Il en résulte une apparence comparable à celle d'un riche et ample vêtement qui indiquerait seulement, sans les accuser, les formes qu'il enveloppe. Toute la décoration de Sainte-Sophie offre ce même caractère. Partout les lignes sont réduites presque à des contours pour ne rien ôter à l'effet des surfaces. Les sculptures des chapiteaux et des corniches sont en harmonie parfaite avec l'ensemble de la décoration. Ces sculptures, fines et délicates, n'offrent ni reliefs prononcés, ni motifs accentués. Comme les revêtements en marbre et en mosaïque, elles sont purement superficielles. Les chapiteaux (voyez ci-dessus p. 297, fig. 274) méritent de fixer l'attention par l'originalité de leur type. Leur corps présente la forme d'une corbeille évasée, presque aussi haute que large, circulaire à la base et carrée au sommet, avec de petites volutes ioniques très peu saillantes aux angles du carré. Il repose sur le fût de la colonne par une épaisse astragale, et il est surmonté d'un tailloir vigoureusement accusé dont la saillie augmente la surface d'appui des arcs qui viennent y retomber. La forme massive de ce chapiteau convient au genre de construction qu'il supporte : son évasement considérable relie bien la maçonnerie grossière des arcs avec le fût de la colonne. Le tailloir surtout joue un rôle spécial au point de vue de la stabilité. Aussi verrons-nous que, dans les constructions byzantines, on l'a séparé en général du corps du chapiteau. Il forme alors un membre particuHer de la colonne que l'on appelle sommier ou dosseret. w Archit. lombarde, 1^^ partie, p. 87.

La forme particulière de quelques parties de V ameublement contribuait aussi à donner à l'intérieur des églises byzantines un aspect différent de celui des basiliques latines. L'autel des Grecs était, comme celui des Latins, surmonté d'un ciborium ; mais ce ciborium consistait dans une coupole, non dans un dais. Ensuite, la cloison qui séparait le sanctuaire de la nef princi-

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pale était décorée de mosaïques ou de peintures sur fond d'or, représentant des images de saints. C'est pour cette raison que, dans les églises grecques et byzantines, cette clôture a reçu le nom d'iconostase, mot dérivé du grec skwv, image, et o-TaTtr, place ou étalage. Dans les églises les plus riches, l'iconostase était souvent formée de plaques d'or ou d'argent travaillées en relief. Les Grecs, tant orthodoxes que schismatiques, ont conservé jusqu'à nos jours l'usage de ces clôtures imagées. L'église grecque de Livourne possède une iconostase entièrement d'argent, sur laquelle les représentations des personnages sont plus grandes que nature.

Édifices religieux élevés en Occident sous l'influence du style byzantin. On trouve, dans l'Europe occidentale, plusieurs églises construites d'après les données du style byzantin. L'Italie en possède un assez grand nombre. Les églises de Saint-Vital, à Ravenne, et de Saint-Marc, à Venise, sont byzantines par leur plan et par leur décoration ; celles de Saint- Apollinaire in classe et de Saint-Apollinaire in città, à Ravenne, sont latines par leur plan et byzantines par leur décoration.

En-deça des Alpes, l'influence byzantine s'est fait sentir d'abord, au commencement du IX<^ siècle, à Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle, bâtie sur le plan de Saint-Vital de Ravenne par des ouvriers venus de l'Italie orientale; ensuite, vers la fin du siècle, dans Saint-Front de Périgueux, qui est une copie presque servile de Saint-Marc de Venise. L'église d'Aix-la-Chapelle n'est byzantine que par son plan et ses dispositions d'ensemble; les détails et l'ornementation appartiennent au style latin. Plusieurs églises ont été construites, dans les provinces rhénanes et dans le Périgord, sous l'influence byzantine des monuments types d'Aix-la-Chapelle et de Périgueux.

Il est à remarquer que les églises byzantines de l'Europe occidentale surmontées de plusieurs coupoles n'ont pas, comme en Orient, une coupole dominante au centre de la nef ; toutes leurs coupoles sont du même diamètre et de la même élévation.

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