‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 2)Chapitre 169 sur 384 · C. I. Z., VI, 1048. 91S · texte numérisé non relu

C. I. Z., VI, 1048. 91S

Hippolyte d'Esté découvTit 1" « atrium », où gisaient encore des diplômes de bronze et des bases de statues. La maison renfermait des traces de christianisme, qui font penser qu'au IV*^ siècle il y eut là un oratoire chrétien. Santé Bartoli y a recueilli une belle lampe chrétienne de cette époque, représentant un vaisseau, avec la figure de Xotre-Seigneur

et l'inscription: DOMINVS LEGEM DAT VALERIO SEVERO

EVTROPI VIVAS. Elle est aujourd'hui au musée de Florence. D'autres objets furent trouvés sous Benoît XR'. Dans cette maison il y eut un monastère grec dès le \'II'^ siècle, peutêtre même au \'I^ (V).

C'est par une autre maison chrétienne, transformée ensuite en église, la maison des SS. Jean et Paul, que nous devons commencer la description des édifices chrétiens du CoeUus.

§ IL Sts-Jean-et-Paul {').

D'après les Actes et les martyrologes, Jean et Paul étaient deux officiers de la maison de Constance, qui furent martyrisés sous Julien l'Apostat. Ces indications s'accordent bien avec ce que nous dit le panégyriste même de cet empereur, Ammien Marcellin, que Julien poursuivit spécialement les hommes qui avaient servi Constance (^). Jean et Paul furent considérés comme frères, seulement à une époque postérieure. D'après leur légende ils furent tués dans leur maison, tandis qu'on les déclarait exilés ; des chrétiens cherchèrent et retrouvèrent leurs corps. Après la persécution, Byzante,

1. Cf. Lia. fontif, édit. Duchesne, t. I, p. 347, note 6 ; — de Rossi, La basilica de S. Ste/ano roionao, il monastero di S. Erasmo e la casa Jet Valerii sut Celio, 1SS6.

2. Cf. P. Germano di S. Stanislao, La casa celirnontana aei SS. Martiri Giovanni e Paolo scoperta ed illustrata, Roma, 1894 ; — P. Allard, La maison des martyrs dans ses Études d'histoire et d'archéologie, p. 159 sq.

3. Lib. XXII, c. 3. — Tillemont (Hist. ecclés., VII, p. 352), suivi par quelques critiques, avance de quelques années la mort des deux mart\TS et la place sous Dioclétien. Cf. de Rossi, Bullett., 1890, p. 45, qui combat cette opinion.

Tout récemment, M. Pio Franchi de Cavalieri a présenté l'opinion que Jean et Paul ne seraient pas martsTs de Tépoque de Julien mais d'une persécution antérieure et que peut-être leurs reliques auraient été transportées de l'Orient à Rome. (Cf. Hagiographia in Sttidi e Testi délia Biblioteca vaticana, n. 19 (Rome, 1908).

père de Pammachius, transforma cette maison en église : c'était alors la seule église de la ville qui eût des tombeaux de martyrs (0. La- tradition conserva le souvenir des deux martyrs ; mais pendant très longtemps il n'y eut pour la fixer que l'inscription encore visible au milieu de la nef. C'est seulement en 1887 qu'ont été commencées, par le P. Germano, les fouilles qui ont amené la découverte de la maison primitive au-dessous de l'église.

Un important résultat de cette découverte fut de prouver que la maison même n'avait pas été détruite, mais convertie en basilique ; que par conséquent le mur qui s'élève sur le « Clivus Scauri », au lieu d'être, comme on l'avait cru, une construction du moyen-âge, est proprement la façade latérale

de l'habitation des SS. Jean et ^sj:=-— =-———==— z^izz^^^ Paul. Cette maison, haute d'environ 19 mètres, était fort belle.

C'est un des rares exemples qui nous aient été conservés d'une maison romaine à plusieurs étages : généralement on se contentait d'un étage. Il y avait cependant des maisons élevées ; Pétrone (-) y fait allusion : « Aedif icant auro sedesque ad sidéra mittunt. » Les peintures de la maison dite de Livie, au Palatin, représentent des maisons à plusieurs étages ; et nous savons que les soldats de Vitellius arrivèrent jusqu'au Capitole par les toits des maisons, ce qui suppose qu'elles étaient très hautes. Les fenêtres étaient généralement petites : Cicéron {^) parle des « fenestrarum angustiae » et Juvénal (*) emploie ironiquement « conducere tenebras » comme synonyme de « conducere domum ». Dans la maison des SS. Jean et Paul, au contraire, elles sont remarquablement grandes et belles. La maison avait deux entrées : la principale du côté du

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