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STE-AGNÈS

S. Ambroise, S. Damase et Prudence ont puise à la même source, à un écrit aujourd'hui perdu, et que chacun amis en relief les détails qui le touchaient davantage. Au reste la divergence n'est pas si grande qu'on le voudrait dire. S. Ambroise ne parle pas de l'exposition dans un lieu infâme, mais il y fait sans doute allusion quand il mentionne le « duplex martyrium pudoris et religionis », et on pourrait peut-être trouver ailleurs une allusion au supplice du feu. S. Damase rappelle aussi ces deux supplices :

VRERE CVM FLAMMIS VOLVISSET NOBILE CORPVS-.. NVDAQVE PROFVSVM CRINEiM PER MEMBRA DEDISSE.

Prudence parle du glaive, mais sans exclure le feu ; l'expression « duris excruciatibus » s'entend même proprement de la souffrance par le feu. Ses autres expressions, « in flexu plateae », « ephebus » montrent peut-être un souvenir d'un édifice de spectacles et les jeunes gens qui se préparaient aux luttes publiques C-).

M. Armellini pensait qu'après avoir subi là le martyre du feu, Agnès fut mise à mort sur l'Esquilin. Mais le récit de Prudence ne laisse soupçonner aucun délai entre les deux supplices ; et la présence près de Ste-Marie-Majeure d'une petite église dédiée à sainte Agnès s'explique assez par la grande vénération que les Romains professaient envers cette martyre.

Dès le Ville siècle il y avait sur la place Navona un souvenir de Ste Agnès. Après avoir nommé les Thermes d'Alexandre, l'Itinérare d'Einsiedeln donne l'indication suivante: « Circus Flaminius. Ibi sca Agnes. » Il y a erreur sur le nom du stade de Domitien, mais elle s'explique d'autant mieux que la région s'appelait précisément « Circus Flaminius ». Le petit oratoire qui devait alors exister fut remplacé par une église sous Calixte II (1123). A la fin du même siècle, une bulle d'Urbain II (1186) parle des « cryptae agonis ».

I. Sur ce point, aussi bien que relativement au martyre de S. Laurent, il m'est impossible d'accepter la critique trop avancée de mon ami Franchi de' Cavalieri, qui ne tient pas assez compte de la haute antiquité de la tradition par rapport aux circonstances du supplice de ces deux martyres.

4l8 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE

CRYPTE DE l'Église de ste-agnès récemment restaurée ET décorée de peintures MODERNES. (Place Navona.)

Cette église avait son pavé au niveau des cryptes actuelles, et son entrée du côté de la Via deU'Anima. L'édifice actuel fut bâti par Innocent X (Pamfili), dont la famille possédait et possède encore le grand palais voisin. Le célèbre architecte Borromini construisit la fontaine de la place en même temps que l'église. Elle a depuis été restaurée. Les peintures de style byzantin des cryptes sont modernes.

L'obélisque qui orne la fontaine principale pro\-ient peutêtre du stade même de Domitien. C'est une simple imitation d'obélisque égyptien. Le P. Kircher a donné une interprétation fantaisiste de l'inscription, dans laquelle il prétendait trouver un hymne au soleil; il écriNnt même un volume sur ce sujet (^). Depuis les découvertes de Champollion, on y a lu avec certitude simplement les noms de Domitien et Titus transformés à l'égyptienne. Cet obélisque fut transporté dès le IV^ siècle dans le cirque de }^Iaxence, sur la voie Appienne; Innocent X ne pensa pas, en le faisant dresser sur la place Xavona, qu'il le remettait précisément à son ancienne place. Le sommet de l'obélisque est moderne; le sommet primitif se trouve au \'atican (-;.

§ IV. Sl-Laurent-in-Damaso (3).

La basilique de St-Laurent-in-Damaso se trouve au milieu d'un groupe monumental formé par le théâtre de Pompée, le temple de A'^énus et le portique aux cent colonnes. La loi romaine défendant de bâtir des théâtres à l'intérieur de la ville, Pompée déclarait qu'il avait seulement voulu construire un temple et qu'il y avait ajouté des degrés pour assister de là aux spectacles. En fait c'était un grand théâtre, le premier théâtre en pierres, en marbre, malgré le sénatus-consulte de

1. Obeliscus Painphilius, hoc est interpretatio obelisci hitroglyphici quem non ita priJet?i ex veleri hippodromo Antonini Caracallae Caesaris in agonaU fo~ rtim transttilit Innocentius A", Rome, 1650.

2. Cf. O. Marucchi, Gli obelischi egiziani di Ronia, p. 125 ; — CancellierJ, // mercato, il lago dilF Acqtia Vergine ed il palazzo Panfiliano ne/ circo Agonale, Roma, 1 8 1 1 .

3. Cf. Fonseca, Di bàsilica S. Laurentii in Damaso, Fano, 1745 ; — Bovio, La pietà trionfaute su le distrutte grandezze fiel gentilesimo nella magnifica ondazione delC insigne bàsilica da S. Lorenzo in Damaso, Roma, 1729.

Scipion Nasica (^). On voit les ruines de sa «cavea» sous le palais del Biscione, dans la Via di Grotta pinta, près du Campo de' Fiori. Un grand portique s'étendait derrière (-), jusqu'au théâtre actuel de l'Argentina, et mettait le théâtre en communication avec le cirque Flaminien. Le Sénat avait là une curie spéciale, où fut assassiné Jules César, le 15 mars 710. Le plan de Septime-Sévère mentionne le (theatr)VM POMPEI. La curie de Pompée devait être vers St-André-della- Valle. Le portique hécatostyle s'étendait vers les Thermes d' Agrippa; il fut restauré par Arcadius et Honorius, ainsi que le rappelait une inscription copiée par l'Itinéraire d'Einsiedeln (^).

Le Liber pontificalis (*) rapporte que le pape Damase construisit trois basiliques: l'une « juxta theatrum », l'autre «in catacumbis », une autre « via Ardentina ubi requiescit ». La première est certainement St-Laurent in Damaso; et le théâtre nommé, celui de Pompée. Il y avait là, au IV^ siècle, les archives de l'Église romaine, qui furent transportées ensuite au Latran, puis à Avignon, enfin au Vatican, et dont parlait une inscription locale (°). Damase agrandit le bâtiment de ces archives et y ajouta une basilique dédiée au martyr S. Laurent. Il y plaça aussi une inscription dans laquelle on disait que là son père avait été notaire, lecteur et diacre, qu'après il devant évêque et que dans ce même endroit lui-même, Damase, avait passé sa jeunesse. — Voici le texte de cette inscription que nous connaissons par les manuscrits. On peut en voir une copie en marbre sur la paroi à gauche.

« Hinc pater exceptor lector levita sacerdos Creverat hinc meritis quoniam melioribus actis Hinc mihi provecto Christus cui summa potestas Sedis apostolicae voluit concedere honorem Archivis fateor volui nova condere tecta

1. Mon. anryr., IV, 9 ; — Velleius, 36, 48, 130; — Plin., vill, 20 ; — Sueton, Aiig., 31 ; Tib., 47 ; Ca/., 21 ; Clatid., 21.

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