Mansi, t. VIII, p
STE-MARIE-DU-TRANSTÉVÈRE. 429
d'Alexandre Sévère (}) : « Cum christiani quemdam locum qui publicus fuerat occupassent, contra propinarii dicerent sibi eum deberi, rescripsit melius esse ut quomodocumque illic Deus colatur quam propinariis dedatur. » Le fait n'aurait rien d'étonnant, dans un quartier où il y avait, d'une part, les « cellae vinariae », et d'autre part, une caserne de pompiers et les matelots de la flotte de Ravenne, dont plusieurs, après un certain temps de service, prenaient leur retraite et devenaient « emeriti ». Non seulement on identifia le « titulus Calixti » et la « taberna meritoria », mais on en rapprocha encore la légende du « fons olei » conservée par Dion Cassius (2) : une source d'huile aurait jailli en cet endroit l'an de Rome 716. S. Jérôme admet cette identification: « E taberna meritoria trans Tiberim oleum de terra erupit fluxitque tota die sine intermissione, significans Christi gratiam ex gentibus » {^). Ainsi fait Eusèbe. Au XI^ siècle, c'était une tradition tout à fait reçue.
Vraisemblablement le titre, fondé dès le II I« siècle, resta privé jusqu'au siècle suivant. La basilique de Jules 1"^, qui lui succéda, porta le nom de ce pape et celui de Calixte : c'est ainsi que nous la trouvons mentionnée dans les signatures du Concile de 594.' Un peu plus tard on distingue St-Calixte et Ste-Marie-du-Transtévère.
Au IV^ siècle, cette basilique fut le théâtre d'événements tragiques: les partisans de l'antipape Félix II, compétiteur de Libère, l'envahirent en 358; et le 22 septembre 366, on y élut Ursin pour l'opposer à S. Damase. Le pape Célestin la restaura « post ignem geticum », c'est-à-dire après les dévastations des Goths en 410. Du VI^ siècle nous connaissons une inscription, aujourd'hui perdue, qui devait être fixée sur le fronton :
HAEC DOMVS EST CHRISTI SKMPER MANSVRA PVDORI IVSTITIAE CVLTRIX PLEBI SERVAVIT HONOREM ('»).