Cf. Snpr. , p. 61 «q
§ IX. St- Alexis.
L'origine de Téglise de St- Alexis se rattache à une histoire légendaire sur laquelle on a beaucoup écrit ('). Cette église s'appela d'abord < ecclesia S. Bonifacii > ; de diaconie Sixte V réleva à la dignité de titre presbytéral. D'après les Actes de S. Boniface, ce personnage aurait fait partie de la maison d'Aglaé, matrone romaine, avec laquelle il aurait mené une vie peu édifiante. Tous deux s'étant convertis, Aglaé l'envoya en Orient chercher des reliques des martyrs de la persécution de Dioclétien ; elle avait l'intention de leur bâtir une église sur l'Aventin où elle demeurait. Arrivé à Tarse en Cilicie, Boniface fut saisi par les païens, jeté en prison et mis à mort comme chrétien. Son corps, rapporté à Aglaé, fut par elle déposé sur la voie Latine, à 5 stades de la ville (le chiffre de 50 serait plus vraisemblable). Mais cette sépulture n'était que provisoire ; bientôt Aglaé transféra les reliques du martyr dans l'église qu'elle avait bâtie en son honneur sur l'Aventin.
Toute cette histoire est bien difficile à admettre. Sans doute, du fait que le tombeau de S. Boniface n'a pas été retrouvé sur la voie Latine, on ne peut conclure qu'il n'y était pas, car les cimetières de cette voie sont encore très peu con> nus. On ne peut non plus tirer une conclusion trop absolue du silence des Itinéraires, car ils n'ont pas relevé tous les souvenirs chrétiens. Mais comment croire qu'une grande église fut bâtie à Rome sous le règne de Dioclétien et qu'il se fit dès le temps de Constantin des translations de corps saints ? Il est vrai que le Liber pontificalis, dans la vie de Sixte III, dit que Ste-Sabine est € juxta monasterium S. Bonifacii in quo S. Alexius jacet >. Mais cela prouve seulement qu'au
I. Cf. ^tx\vi\. De templo et coenobio Ss. Bonifacii et Alexii, Roma, 175a; — Duchesne, Les légendes chrétiennes de t Aventin^ dans les Mélanges de t École française, l. X, el le Bulletin critique, 1889, p. 263 ; — Lugari, S. Bonifatio e S. Alessio suir Aventino, dans les Atti délia pontificia Accademia di archeolo^a, 1893 ; — Dufourcq, Étude sur les f Gesta martyrum » romains, 1900, et la critique qu'en fait P. Franchi de' Cavalieri dans le Nuov. bullett,, 1900, p. 205-234.