ST-PIERRE-IN-CARCERE
et Martînien était universellement admise. L'erreur (ce n'est pas la seule dans l'Itiaéraire) peut s'expliquer par une transposition, résultat d'une faute de copiste (').
Nous ignorons ce qu'était la prison Mamertiue au VIII' siècle. MaSeo Veggio, au XV^ siècle, est le premier auteur qui en parle comme d'une église ; elle s'appelait déjà « S. Petrus in Carcere > ("). Après l'époque byzantine, la prison avait été transférée au c forum olitorium > (place MoDtanara). 1,'église de St-Nicolas in Carcere est bâtie sur
LA PRISON MAMERTINR.
les fondations de cette nouvelle prison. C'est ce qui a induit en erreur d'anciens archéologues et Baronius lui-même, au point qu'ils mettaient à cet endroit le Forum romain, au Heu de le placer à l'endioit qui était alors le « Campo vaccino» (3).
I. Cf. Manicchi, S. Pielro i S. Paolo in Roma. p. 148 sq. ; — Duchesne, li Fommthrélitit, p. 19 sq.
a. Aeta SS., juin. VII, p. 63.
3. Cf. Canoellieri, Noiisiedtl Carctre Tulliano ora Stamtriino, 1855.
§ X. L»Ara caeli (0-
Sur le Capitule les anciennes légendes nous montrent un petit village dont la fondation était attribuée à Saturne, ce qui lui fit donner le nom de Saturnia, et à la colline celui de € Mons Saturnins > (s). Le temple de cette divinité, au pied du Capitole (nous voyons encore dans les huit colonnes ioniques des ruines de celui du IIP siècle ap. J.-C), aurait donc été le premier élevé à Rome. Le Capitole était occupé par les Sabins, tandis que les Latins habitaient sur le Palatin, et les Étrusques sur TEsquilin. Étymologiquement le nom de Capitole doit dériver, non de i caput Oli >, comme on Ta pensé autrefois, mais de 4:capitalis>, et ce nom lui fut donné parce que le sanctuaire de Jupiter Capitolin, dédié aux trois grandes divinités, Jupiter des Latins, Junon des Sabins et Minerve des Étrusques, en faisait la principale colline de Rome. Il faut distinguer sur le Capitole les deux sommets et la partie centrale ; sur celle-ci étaient un petit bois sacré, le temple de Jupiter Feretrius et le i tabularium > ou palais des archives. On a beaucoup discuté sur l'emplacement du temple de Jupiter Capitolin. Le P. Donato (XVII® siècle) le mettait sur le sommet méridional, ob est maintenant le palais CaffarelH. Après lui, l'opinion générale des topographes fut qu'il se trouvait sur l'autre sommet. Aujourd'hui, surtout après les travaux de M. Lanciani, on est revenu à l'opinion du P. Donato. De fait Tite-Livenous rapporte qu'une pierre, s'étant détachée du Capitole, tomba sur le < viens Jugarius> et tua plusieurs personnes : or le i vicus Jugarius > était au midi de la colline. Le fclivus Capitolinus>, par lequel montaient les triomphateurs, et dont on a reconnu la direction, partait du temple de Saturne et se dirigeait vers le Monte Caprino. Un document du XII® siècle, parlant du temple de Jupiter, l'appelle « templum majus quod respicit super elephantum > :
I. Cf. Casimiro, Memorie istoriche délia thiem € convtnio di S, Maria in Ara caeli ^ Roma, 1845.
a. Aeneid., VIII.
LARA CAELI. 239
or cet éléphant se dressait sur le < Forum oiitorium > (place Montanara). Enfin les découvertes faites au palais Caffarelli concordent avec ce que nous disent de. ce temple et de ses décorations les auteurs classiques, notamment Ovide :
Jupiter angusta vix totus stabat in aede Iiique Jovis dextra fictile fulmen erat.
L'Acropole s'élevait sur l'autre sommet, et à côté le temple de Junon Moneta, ainsi appelé (de <inonere>) parce que Junon aurait averti les Romains de l'arrivée des Gaulois. En construisant le monument de Victor-Emmanuel, on a découvert des restes de ces édifices. Un escalier, auquel Ovide fait allusion, les reliait au Forum.
L'église de Ste-Marie Ara caeli doit se trouver à côté de l'emplacement du temple de Junon. Son nom ancien était €S. Maria in Capitolio >. Les annales des Bénédictins en attribuent la fondation à S. Grégoire ; il est possible que le saint pape y ait seulement établi des moines et que l'église remonte jusqu'au V* siècle, car au VI« on n'aurait pas craint de transformer en église le temple lui-même ou celui de Jupiter, qui en fait ont été détruits. L'étymologie du nom actuel est assez difficile à établir. Les Mirabilia le rattachaient à une légende, dont de Rossi a retrouvé le noyau dès le VP siècle, suivant laquelle Auguste aurait érigé un autel au Fils de Dieu : € Ara filii Dei > (').
D'autres y ont vu un souvenir de l* <L arx Capîtolîna >. Il est plusj vraisemblable qu'il rappelle un petit temple de la f dea caelestis>, dont le culte avait été apporté de Carthage à Rome et établi près du temple de Junon : M. Gatti a publié (2) une inscription de l'an 259 après J..C.(3) qui nomme cette divinité :
1. ce Urlichs, Codex iopogr.^ p. 95-96; — de Rossi. BulleU,^ 1894, p. 85 sq.
2. Atti dtlla poHtif. Accad. rom, tTarckiol., 1896. p. 348 sq.