Calig,, XXII
ST-THÊODORE. 245
pièces de monnaie. Rapprochant ces deux phrases, on en a conclu que le temple d'Auguste se trouvait dans la grande salle du Palatin voisine de S. Maria Antiqua, et que le pont passait sur la basilique JuHa, puis se dirigeait vers le Capitole. Un tel détour est peu vraisemblable, et c'est tout à fait arbitrairement qu'on rapproche deux textes qui n'ont aucun rapport. Il est plus naturel de croire que le pont allait directement du Palatin au Capitole. Le Temple Auguste pourrait alors avoir été situé sur l'emplacement de l'église de St- Théodore, d'autant mieux qu'une monnaie de Tibère nous le représente sous une forme assez semblable à celle du Panthéon. C'est une question encore discutée.
La transformation du monument en église chrétienne eut lieu à l'époque byzantine, vers le VII« siècle. Le titulaire, S. Théodore (*), fut martyrisé dans le Pont sous Dioclétien. Il était soldat, comme S.Sébastien et S. Georges^ et ce n'est pas sans intention qu'on leur a dédié des églises près du Palatin,en un temps où était établie dans le voisinage la milice impériale.Suivant unelégende recueillie parTorrigio, S. Théodore aurait apparu, dans une guerre, à un général byzantin et à ses troupes pour leur venir en aide : l'analogie entre ce rôle et celui qu'on attribuait anciennement aux Dioscures, honorés tout près de là,n'entreraît-elle pas aussi pour quelque chose dans l'explication du choix du titulaire?
L'église devait exister au VI^ siècle ; S. Grégoire établit une diaconie de St-Théodore qui peut-être s'y rattachait. Elle fut en tout cas restaurée par Léon II (682), Hadrien I^*", Grégoire IV. Le nom de Nicolas V sur la façade (N.PP. V.) montre que ce pape y a fait exécuter d'autres travaux à la Renaissance. Dans son étatactuel,elle n'a d'intéressant que la mosaïque byzantine de l'abside. C'est une composition de même caractère que celle desSts-Côme-et-Damien,seulement un peu plus grossière, par conséquent un peu plus récente. L'image du Sauveur assis sur le monde, tenant sa croix de la main gauche et bénissant de la droite, en occupe le centre ; à