‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 4)Chapitre 231 sur 365 · Lit. pontif · texte numérisé non relu

Lit. pontif

lique semble bien indiquer que les colonnes et l'architrave sont à leur place primitive et antérieures à Pascal l^^ ; les modifications apportées par ce pape auraient donc pu consister surtout à changer la position respective de la porte et de l'abside, comme on a fait à St-Paul-hors-les-Murs, et à décorer les parois: < Absidam vero ejusdem ecclesiae musivo opère exornato variis decenter coloribus decoravit. Simili modo et arcum triumphalem et oratorium S. Zenonis. > Il érigea aussi un oratoire de Ste-Âgnès dans le monastère annexé à la basilique. C'était un monastère fondé par des moines grecç qu'avait mis en fuite la persécution iconoclaste. Du monastère et de l'oratoire nous avons un souvenir dans une inscription du XII !« siècle conservée au Latran :

DEO-AD-HONO REM BEATORVM • MARTYRVM AGNETIS • VIRGINIS • ET ALEXANDRI • PP OBTVLIT PRATVM • MARCVS • ABBAS MONASTERII • HVIVS • SAN CTAE • PKAXE DIS

Innocent III donna ce monastère aux moines de Vallombreuse.

L'église fut plusieurs fois restaurée, au moyen âge, dans la seconde moitié du XVI« siècle par S. Charles Borromée, cardinal titulaire, et au XVI II» siècle. L'entrée principale est sur l'ancien € clivus Suburanus^ ; on arrive par un escalier à i l'atrium ». A l'intérieur, la basilique a encore ses colonnes diastyles, c'est-a-dire largement écartées les unes des autres, et son architrave de forme classique. Le puits situé près de la porte, dans la nef centrale, serait celui dans lequel Ste Praxède recueillait le sang des martyrs : cette légende, qui se retrouve à Ste-Pudentienne, est évidemment un souvenir des soins que les deux saintes prirent des restes des

martyrs, mais rien de plus. La plaque de marbre sur laquelle aurait reposé Ste Praxède, et qui est fixée à gauche de la porte principale, n'est pas plus authentique ; il faut seulement remarquer les colonnes dont elle est accompagnée, ce sont des débris du € ciborium > de Tancien autel.

Pascal I^^ fît dans cette église de grandes translations de reliques. Le Liber pontificalis les mentionne, et nous en avons un important monument épigraphique dans le catalogue sur marbre placé sur la face latérale d'un pilastre à droite de Tautel. Voici le texte de ce catalogue :

IN K(0MINB) d(OMI)nI SALV(aTORIS) N(oST)RI IHV XPt Sf TBMPORIBVS S(ak)c<TIS) SIMI AC TBR BBATISSIMI BT APOSTOLICI I>(0MI)NI PASCHAUS PAPAB INPRADVCTA SVNT VBNBRANDA

s(an)c:(to)rvm corpora in hanc s(an)c(t)am BT VENBRABILBM BASILICAM BEATAB xpi vir-

GINIS PRAXSOIS QVAE PRAEDICTVS PONTIFBX DIRVTA BX CYMITERIIS SEV CRYPTIS lACENTIA AVFBRBNS BT SVB HOC SACROS(an)c(t)o ALTARB SVMMA CVM DILIGBNTIA PROPRIIS MANIBVS CONUIDIT IN HBNSE IVLIO DIE XX INDICTIONB DECIMA 0 NOMINA VERO PONTIPICVM HABC SVNT VRBANl STBPHANI ANTBRI MBLTIADIS PAVIANI IVLII PONTIANI SIRICII LVCII XYSTl FSLtCIS ANASTASII BT COBLBSTINI fî? ITBM NOMINA EPISCOPORVM. STRATONICI LVCII Vt OPTATI B5 QVAMQVAM PRBSBYTBRORVM BT LBVITARV NICOMEDIS ARCHIKRBS)b(YTB)RI IVSTINI ET CVKINI CYRIACI DIACONI NBMESII ATQVB lACHBI 0 BTIAM KT MARTYRVM NOMINA UTA SVNT ZOTICI MKRENBI lACHINTI AMANTI MARI AVDIPAX ABBACV AC s(an)c(t)ORVM OCTINCENTORVM QVORVM NOMINA SCIT OM(ni)KoTEN)s CASTVLI FBLICIS MILITIS GORDIANI SPIMACHI SERVILIANI SVLPICIl DIOGKKIS BASTI BT ALII LXII MARCBLLIANI MARCI PBSTI ET ALII Z>VO TERTVLLINI PAVSTI BONOSI MAVRI CALVMNIOSI lOIIANNIS EXSVPBRANTU CASTI CVRILLI BT SEPTBM GBRMANOS HONORATI THEODORI BASILII CRESCBNTII LARGI SMARAGDI CRBSCBNTIONIS lASONIS MAVRI VPPOLITI PONTIANI CHRYSANTI ET ALII LXVI SIMVL QVB ET ALII MILLE CBNTVM BT VIGINTIQVATVOR QVORVM NOMINA SVNT IN LIBRO VITAB MAVRI ARTHRMII POLIOKIS BT ALII SBXAGINTA DVO MARTYRES ^ NOMINA QVOQVB VIRGINVM SCILICET BT VIDVAKVM PRAXEDIS PVDBNTIANAB IVLIANAE SYNPHOROSAB FBLICVLAE MARINAB CANDIUAB PAVLINAR DARIAE BASILLAE PAVLINAB MBMMIAE MARTHAE EMBRk.NTIANAB ZOE El TIBVR* TIADIS 0 QVOCIRCA BT IN IPSO INGRESSV BASILICAB MANV DBXTRA VBI VTIQVE BSNIGKISSI* MAB SVAB GBNITRICIS SCILICET DOMNAR THEODORAB BPISCOPAB CORPVS QVIBSCIT CONDIDIT LAM DICTVS PBABSVL CORPORA VENBRABILIVM HABC ZENONIS PRBSBITBRI ET ALIORVM DVORVM £| PARITBRQVE BT IN ORATORIO BEATI lOHANNIS BAPTISTAB MANV LEVA PRAENOMINATAB BASILICAB QVI BT 8BCRBTARIVM ESSE DINOSCITVR CONDIDIT CORPORA SCILICET MAVNI ET ALIO- KVM QVADRAGINTA MARTYRVM ^ SIMILI MODO ET IN ORATORIO BRATAE XPI VIRGINIS AGNBTIS QVOD SVRSVM IN MONASTERIO SITVM EST IPSE PASTOR EXIMIVS POSVIT CORPORA PIORVM MARTYRVM VIDBLICBT ALBXANDRI PAPAE ATQVB EVBNTII ET THBODVLI PRESBVTERI& ^ HOSOMNBS o(b)i BLBCTOS FKBQVENTIVS DBPRECANS QVATBNVS PER BORVM VALSAT PRKCES SVAB POST PVNBKA GARNIS AD CAELI CONSCBNDBRB CVLMEN AMEN ï^ FIVNT ETIAM INSIMVL OMMES s(an)c(t)I DVO MILIA CCC (').

I . Les deux aatres catalogues fixés aux pilastres de chaque côté de l'autel sont roodernes.

Ainsi cette grande translation eut lieu le 20 juillet 818, la veille de la fête de Ste Praxède. Le pape avait fait préparer sous r^utel un souterrain rappelant les catacombes : c'est ce qui a donné lieu à l'erreur du moyen-âge nommant cime* tières cette confession et plusieurs autres, et leur attribuant une étendue fantastique. La crypte n'est pas très grande» il était bien impossible d'y déposer 2300 corps, d'autant plus qu'à cette époque (IX« siècle) on ne partageait pas encore les ossements. Il est donc permis de penser que Ste- Praxède fut en quelque sorte un dépôt provisoire d'où on envoya des reliques à d'autres églises. De fait plusieurs des Saints nommés ici sont depuis fort longtemps vénérés ailleurs. A Ste- Praxède une tradition veut aussi que beaucoup de ces ossements soient sous le pavé de la chapelle de St-Zénon, où reposait la mère du pape qualifiée du singulier titre d' € episcopa>.

Des peintures trouvées dans le clocher ont fait supposer que de côté était la chapelle de Ste- Agnès ; mais rien n'a confirmé cette hypothèse, et l'emplacement exact de la chapelle reste problématique.

Le Lidér poniificalis rapporte que Pascal I"" décora de mosaïques l'abside et l'arc triomphal de Ste-Praxède. Ces mosaïques sont les plus célèbres de l'époque ('). Celle de l'abside représente le Sauveur tenant de la main gauche un rouleau ; à ses côtés, S. Paul, Ste Pndentienne et Pascal I«^ S. Pierre, Ste Praxède et un diacre canonisé (on peut noter qu'ici les personnages les plus dignes spnt à gauche de Notre-Seigneur); au-dessus, la main divine avec la couronne,

et sous l'arc le monogramme du pape F"7fL J au-dessous, le

fleuve du Jourdain (-f lORDANES), l'agneau divin eiitouré de douze agneaux, et les deux villes symboliques de Jérusalem et Bethléem ; plus bas encore, l'inscription dédicatbire composée entre la translation (817) et la mort de Pascal (824) :

1. Elles ont éié éiudi^s par Davanzati. Notitie al peUegrino délia basilUa di S. Prassede, Roma, 1725 ; — Ciampini, Vetera monimenta ; et de Rossi, Mmsaicù

^ EMICAT AVLA PIA VARIIS DECORATA METALLIS ^ + PONTIFICIS SVMMI STVDIO PASCHALIS ALVMNI ^ PLVRIMA SCORVM SVBTER HAEC MOENIA PONIT +

^ PRAXEDIS DNO SVPER AETHRA PLACENTIS HONORE g SEDIS APOSTOLICAE PASSIM QVI CORPORA CONDENS ^ FRETVS VT HIS LIMEN MEREATVR ADIRE POLORVM +

Sur l'arbre qui termine le tableau, à gauche, près du pape, l'artiste a placé un phénix, symbole d'immortalité. Sur le plan extérieur de l'abside, on voit le trône de l'Agneau au milieu des sept candélabres, de quatre anges et des symboles des Évangélistes ; un peu au-dessous, les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse présentant leurs couronnes.

Le sujet de la mosaïque de l'arc triomphal est la Jérusalem céleste: Notre-Seigneur et les élus sont dans une grande enceinte flanquée de tours ; on reconnaît près de lui la T. Ste Vierge, Ste Praxède, S. Pierre, S. Paul, S. Jean-Baptiste, les Apôtres ; des anges gardent les portes et se préparent à introduire une foule de Saints, peut-être ceux dont les reliques reposaient dans l'église. Au sommet de la Jérusalem céleste, deux saints peuvent être des personnifications de l'Ancien et du Nouveau Testament

Le Liber pontificalis mentionne aussi la chapelle de S. Zéoon.Ce martyr était honoré sur la voie Flaminienne, dans le sanctuaire dédié à S. Valentin dont il est appelé le frère, sans doute € frater in passione (■) >. L'entrée de la chapelle est décorée de colonnes et d'une architrave de style classique ; l'urne qui la surmonte est certainement païenne. L'inscription atteste la restauration faite par Pascal I^^* :

^ PASCHALIS PRAESVLIS OPVS DECOR(e) FVLGET IN AVLA 0'

QVOD PIA OPTVLIT VOTA STVDVIT RSDDBRK DO : P S; gf

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