Nuov. bullett, 1900, p
figure de la Jérusalem céleste) et rapprochent cette scénographie tant de la mosaïque de Madaba que de la description faite par Ste Sylvie dans sa Peregrinatio, On le voit, l'interprétation reste douteuse; il semble plus naturel d'y voir des monuments romains, mais les preuves absolues font défaut. La chapelle de St-Pierre, à gauche de Tabside, avait aussi des mosaïques, nous en avons parlé ; mais depuis la restauration du XV I^ siècle il ne reste plus rien d'ancien que le pavé. Il y a sous l'autel une planche qui serait, suivant la tradition locale, l'autel de bois sur lequel S. Pierre célébrait. Au mur de droite est fixée l'inscription du pape Sirice :
SALVO SIRICIO EPISCOP ECLESIAE SANCTE ; au mur de
gauche, la suite de cette inscription : et ILICIO LEOPARDO ; et une épitaphe très intéressante à cause du nom de la défunte, Cornelia Pudentianetis : elle aurait été apportée « ex coemeterîo SS. Martyrum >, c'est-à-dire probablement de quelque catacombs :
CORN • PVDENTIANETI BENE • M • Q • VIXIT AN XLVII D I VAL • PETRONIVS MAT • DVLC - IN PAGE
Au-dessous du texte, un buste de femme fortement retouché dans les temps modernes. Une autre inscription voisine rappelle la restauration exécutée au temps de Grégoire VII :
TEMPOKE GREGORII SEPTENI PRAESVLIS ALMI PR.^SBYTER EXIMIVS PRAECLARVS VIR BENEDICTVS MORIB . ECCLESIAM • RENOVAVIT FVNDITVS ISTAM QVAM CONSECRAKI SACER IDEM CARDIQNALIS. EIVSDEM SANAE FECIT SVB TEMPORE PAPAE AVGVSTI MENSrS SEPTENIS NEMPE KALENDIS NOMINE PASTORIS PRAECVRSORISQ lOHANNIS.
Suit un catalogue des reliques déposées là par le même
STE-PUDENTIENNE. 373
cardinal ; on peut y noter celles de plusieurs martyrs connus :
NEC MINVS IIERMETIS • PREFECTI MARTIRIS VRBIS ET TRANQVILLINI MARCI MARCELLIQANI.
On peut remarquer en outre, dans la chapelle à droite de l'abside, un beau fragment de sarcophage du I V^ siècle semblable aux sarcophages de la résurrection que pos&ède le Musée de Latran (') ; dans la chapelle Gaetani, l'ancienne chapelle de St-Pasteur, des pierres se rattachant à un miracle eucharistique analogue à celui de Bolsena ; enfin dans le monastère (3), un oratoire orné de peintures du X 11^ siècle représentant l'Agneau divin avec S. Pierre et S. Paul, Ste Praxède et Ste Pudentienne, un baptême.
Dans les fouilles récentes (1895) faites par les soins du ministère de l'instruction publique et sous la direction de M. Boni, on retrouva sous l'église cinq grandes salles ou galeries ornées de pilastres et d'arcs. C'est une construction en briques très soignée, semblable à celles du V siècle ; le plan est très régulier ; vers le fond on remarque deux pavés en mosaïques superposés ; certaines chambres ont été revêtues d'un enduit sur lequel furent tracées des lignes géométriques décoratives. On peut y reconnaître un édifice monumental, sans doute les thermes de Novat, d'autant plus qu'il reste des traces de < specus > pour amener l'eau. Cet édifice devait d'ailleurs être réuni à la maison de Pudens, et le titre chrétien a pu facilement être érigé dans une salle des thermes. Il y a dans une niche élevée de la dernière chambre des traces d'une peinture chrétienne du VI^ ou du VI I« siècle : un personnage, Pierre ou Pudens — le nom se lit difficilement, le type serait plutôt celui de S. Pierre, — entre Ste Praxède et Ste Pudentienne. Il est possible qu^l y ait encore en cet endroit des souvenirs très précieux pour l'histoire des origines de l'Ëglise romaine : il serait donc fort désirable que l'on y continuât les fouilles.