Uriichs, Codex U. R. topographicus^ p
5. C'est l'opinion que défend Mgr Lugari dans ses deux ouvrages Le lieu du crucifie* ment de S. Pierre , Tours, 1898, et // Gianicolo luogo délia croci/issione di S. Pietro» Roroa, 1900. Je ne mentionne que comme curiosité l'idée bizarre exposée par Pacificir dans ses Dissertazioni sul martirio di S. Pieiro sul Gianicolo e sulla venuta e morte nello stesso monte di Noesimbolo del santo principe degli apostoli ivi ^rocifisso, Roma, 18x4.
dans l'ancienne basilique une fosse, < scrobs >, où l'on disait qu'avait été plantée la croix de S. Pierre ('). Les documents sont en effet favorables à cette opinion. D'après les Actes apocryphes de S. Pierre, qui peuvent remonter au III* ou au IV« siècle, S. Pierre fut crucifié fjuxta palatium Neronianum, — juxta obeliscum Neronis>,et une tradition ajoute : < inter duas metas >. Or il n'y avait pas d'obélisque sur le Janicule, tandis qu'il y en avait un célèbre dans les jardins de Néron, non loin du temple d'Apollon, et précisément entre les deux
< metae > du cirque. Plus tard, on prétendit reconnaître les deux € metae > dans deux pyramides appelées tombeaux de Romulus et Remus et situées, l'une près de la porte St-Paul (pyramide de C. Cestius), l'autre, qui fut détruite sous Alexandre VI, près de Ste-Marie Transpontine : l'indication topographique, s'il fallait l'entendre de la sorte, manquerait singulièrement de précision.
Suivant le Liber pont ificalis^ S. Pierre fut enterré près du Heu de son martyre, c'est-à-dire au Vatican. C'est là d'ailleurs qu'étaient tombées les premières victimes de Néron en l'an 64. Mgr Lugari prétend que le Janicule était le lieu spécialement destiné aux crucifiements. Même dans cette hypothèse, il faudrait chercher en dehors de 1' < arx > l'endroit précis du martyre de S. Pierre : il est peu probable en effet qu'on eût fait un crucifiement à l'intérieur de l'enceinte, et choisi un lieu si important pour y mettre à mort un Juif méprisé.
Les Itinéraires ne parlent pas du lieu du crucifiement de S. Pierre. Ils font au contraire mention de celui de S. Paul :
< Inde haud procul monasterium aquae Salviae ubi caput est Anastasii et locus ubi decoUatusest Paulus>, dit par exemple le Delocis SS, martynim. D'où vient cette différence, sinon de ce que pour S. Pierre il se confondait avec le tombeau, tandis que pour S. Paul il en était distinct? Il est vrai, comme l'observe Mgr Lugari, que le De locis s'occupe seulement des sanctuaires situés en dehors de la ville, et que le Janicule