LES TITRES. II
on rappliquait à vingt-cinq églises. Au V® et au VI«, nous en trouvons vingt-huit qui le portent, dans deux importants documents : les Actes des Conciles tenus à Rome sous Symmaque (499) et S. Grégoire le Grand (S95). Ces Actes sont revêtus de la signature des prêtres attachés à chaque titre, seulement quelques titres avaient plusieurs dénominations {^),
Voici les noms de ces titres ; tous existent encore, sauf celui de Nicomède, qui a disparu, et celui de St-Cyriaque, transféré à Ste-Marie in Via Lata : cTitulus Praxedis, — Vestinae (St- Vital), — S. Caeciliae, — Pammachii, Byzantis (Sts-Jean-et-Paul), — démentis, — Julii, Calixti (Ste- Marie du Transtévère), — Chrysogonî, — Pudentis, — S. Sabînae, — Equitii (S-Martin aux Monts), — Damasi (StLaurent în Damaso), — Mattheî, devenu Sts-Pierre-et- Marcellin, — Aemilianae, — Eusebii, — Tigridis, — Crecentianae (St-Sixte), — Nicomedis, absolument inconnu, — Cyriaci, supprimé au XVI* siècle, — S. Suzannae, Gaii, — Romani, probablement St-Marcel (^), — SS. Apostolorum, Eudoxtae (St-Pierreaux- Liens), — Fasciolae (Sts-Nérée et Achillée), — S. Priscae, — S. Marcelli, — Lucinae (St-Laurent in Lucina), — Marcî, Pallacinae, in Pallacina, juxta Pallacinas. >
Beaucoup de ces titres n'ont pas dans les Actes des conciles romains le qualificatif SANCTVS : c'est une marque de leur haute antiquité. Leur fondation n'a pas été sans quelque relation avec l'organisation et le développement des cimetières au 1 11^ siècle. Cette antiquité est encore confirmée par les restaurations et reconstructions qu'il fallut faire dès le V* siècle.
Les titres n'étaient pas situés dans les parties les plus peuplées de la ville ; il n'y en avait ni au Palatin, ni au Cappitole, ni au Forum, ni dans le centre de Rome ; aucun titre primitif n'a été établi dans un ancien temple ou autre monu-
1. ce Mansi, Col/, conc., VIII. 235;— P. Z..,t. LXXVII, col. 1338 ; t. LXXVIII, c<^ 858 sq. ; — Duchesne, Les Titres presbytiraux et les diaconies, dans les Méliinges de V École française^ 1887.
2. Suivant Mgr Dachesne, il faudrait lire : <L Romanus. tituli Marcelli >, au lieu de : < Marcellus, tituli Romani. » Quelque autre nom reste douteux.
ment païen, à la différence des diaconies,qui ont été placées, par exemple, dans le iTemplum sacrae Urbîs > (Sts-Cômeet-Damîen),les < horrea > (Ste-Marîe in Cosmedin),etc. Nous ignorons s'ils furent confisqués avec les cimetières en 258 sous Valérien ; mais ils le furent sans aucun doute sous Dioclétien (308), car Eusèbe (') affirme que Constantin fit rendre aux chrétiens les maisons où ils se réunissaient et qui appartenaient à la communauté.
A côté de ces titres, on doit signaler de bonne heure d'autres églises élevées plus tard à la môme dignité. D'abord, hors de la ville, les églises cimitérîales bâties sur les tombeaux des martyrs, et qui dépendaient des titres, comme les catacombes (2). Puis, d'autres basiliques : la basilique de Latran, église du palais donné par Constantin au pape Miltiade, qui y établit sa résidence; — la basilique Libérienne, Ste-Marie- Majeure, fondée par le pape Libère ; — la basilique Sessorîenne, Ste- Croix de Jérusalem, dans le palais du Sessorium ; — la basilique de Junius Bassus, consacrée au culte, au Ve siècle, restaurée par le patricien barbare Valila (471) et appelée pour ce motif « cata barbarum patricium I ; — la basilique Julienne, bâtie sous Jules I«^ dédiée d'abord à S. Philippe et S. Jacques, puis aux SS. Apôtres ; — St- Étienne au Cœlius, dans la grande salle du € macellum magnum > ; — Ste-Bibiane, dans une salle du palais de Gallîen ; — Ste-Agathe, église arienne construite au V® siècle par le barbare Rîcimère et donnée aux catholiques par S. Grégoire le Grand, etc.
Chaque titre avait un clergé régulièrement organisé. Un passage d'une lettre adressée à S. Cyprien (3) prouve que deux prêtres au moins étaient attachés à chacun : € Félix qui presbyterium submînistrabat snb Decimo... > Il s'agit ici de l'Afrique. Il en était de même à Rome au temps du pape Hormîsdas ; car une inscription de St-Clément nous parle