‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 10 sur 307 · II. Martyrologes · texte numérisé non relu

II. Martyrologes

« Les fêtes célébrées chaque année étaient marquées dans le calendrier local. Chaque église devait avoir le sien. Les plus anciens qui se soient conservés sont ceux de Rome, de Tours et de Carthage... C'est en réunissant les calendriers des diverses églises, principalement ceux des grandes métropoles, que Ton forma ce qu'on appelle les Martyrologes. Les plus anciens recueils de ce genre paraissent avoir été constitués vers le milieu du IV e siècle, en Afrique et en Asie-Mineure. Ils ne se sont pas conservés sous leur forme primitive ; nous ne les avons que dans le Martyrologe hiéronymien> compilation exécutée en Italie, vers le milieu du V e siècle, puis transportée en France, où elle fut, vers l'an 590, à Auxerre, l'objet d'une recension de laquelle dérivent tous les manuscrits actuellement existants » ( 2 ). Ces différents manuscrits ont été classés et trois d'entre eux intégralement publiés par MM. de Rossi et Duchesne dans le 2 e volume de novembre des Bollandistes ( 3 ). Le martyrologe d'Asie-Mineure nous est parvenu aussi dans une traduction syriaque récemment découverte par Wright dans un manuscrit de Tan 412.

Les Martyrologes appelés historiques ont été formés plus

1. Ces légendes ont malheureusement plus d'une fois servi de fondement à des traditions populaires. On sait de reste avec quelle facilité le peuple accepte les faits d'un caractère merveilleux et se crée de nouvelles dévotions. Benoît XIV [De servorum Dei beatijicatione, 1. IV, p. a», c. xxvn, 14), après Mabillon {/ter italicum, p. 143), a raconté l'histoire de la supplique envoyée à Urbain VIII par une église d'Espagne qui prétendait avoir le corps d'un S. Viar et demandait des indulgences pour la fête du Saint. Renseignements pris, on reconnut que ce culte reposait uniquement sur un fragment d'inscription composé des lettres S VIAR, lesquelles ne formaient pas un nom de Saint, mais la fin et le commencement des mots € praefectuS VIARum ».

2. Duchesne, Origines du culte chrétien* ch. vin, § 5. Cf. l'article du même auteur sur Les sources du martyrologe hiéronymien, dans les Mélanges de l'École française , 1885 ; et son édition du Liber pontijicalis, t. I, p. IX, CXLVIII ; — de

Rossi, Roma sot terrant a, t. II, p. X-XXI ; — Grisar, AnaLrom., t. I, dissert. V.

3. Acta SS. novemb., t. II, Bruxelles, 1894. C'est le dernier travail de M. de Rossi ; il a terminé la correction des épreuves quelques mois seulement avant sa mort.

Page 1