‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 117 sur 307 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Les anciens Cimetières chrétiens

de Rome.

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LE mot CIMETIÈRE (xotjxTiT^piov, dortoir,) tire évidemment son origine de la foi au dogme de la résurrection, qui fait de la mort du juste comme un sommeil et un repos. Les chrétiens ont emprunté ce terme aux Juifs, ainsi que l'expression € 'Ev etpVbnp, in pace. » Dans leur langage, le nom de cimetière s'appliqua généralement à une réunion de tombeaux, plus rarement à une sépulture isolée.

Aujourd'hui les cimetières chrétiens souterrains sont désignés le plus souvent, même dans le langage scientifique, sous le nom de Catacombes. Ce mot ne désignait, à l'origine, qu'un lieu particulier, le petit souterrain voisin de St-Sébastien, « locu? ad catacumbas, in loco qui dicitur ad catacumbas ». Sa signification s'est étendue après le V e siècle. On a donné de ce terme différentes étymologies. J.-B. de Rossi y voit un mot hybride, formé du grec xotTa et du latin « cubitorium » ou « accubitorium », qui, dans la langue de la décadence, signifie tombeau. Les tombeaux de la voie Appienne auraient donné lieu à cette appellation. L'explication est admissible. Toutefois il semble surprenant que ce seul endroit ait été appelé ainsi, alors que les tombeaux étaient si nombreux dans tous les environs de la ville. On pourrait justifier cette singularité, en la rattachant à la présence momentanée des reliques des SS. Pierre et Paul : en souvenir de cette translation, les chrétiens auraient donné par antonomase le nom de catacombe au seul lieu dans lequel se sont trouvés un moment réunis les corps des deux Apôtres (*).

On s'imagine souvent que les catacombes ont été creusées pour être des lieux de réunion, de refuge, de séjour habituel. C'est une erreur. Les premiers chrétiens se réunissaient à l'intérieur de la ville, dans les églises domestiques. Les catacombes n'étaient que des lieux de sépulture. On y faisait seulement des réunions liturgiques pour l'anniversaire des

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morts, spécialement des martyrs; et si elles ont parfois servi de refuge à des chrétiens, ce fut par exception et pour peu de temps.

Plusieurs églises de Rome ont des souterrains que Ton appelle vulgairement catacombes. A proprement parler, il n'y a pas de catacombes dans la ville, car la loi des XII Tables défendait d'y faire des inhumations. Les tombeaux trouvés à l'intérieur de l'enceinte de Servius Tuilius sont des tombeaux archaïques ; ceux qui existent entre l'enceinte de Servius Tuilius et celle d'Aurélien sont antérieurs à ce dernier. Les vraies catacombes furent toutes creusées en dehors de l'enceinte d'Aurélien, et presque toutes entre le premier et le troisième mille.

Leur étendue est très considérable. Mais on a singulièrement exagéré en les faisant aller jusqu'à Ostie, Albano, Tivoli, et en supposant que toutes communiquaient ensemble par des voies passant sous le Tibre. En réalité, elles ont été indépendantes à l'origine, même celles qui sont le plus rapprochées, comme le cimetière de St-Calixte et celui de St-Sébastien. Les anciennes galeries ne traversent généralement pas les voies consulaires ; celles qui sont creusées sous ces voies sont presque toutes de l'époque de la paix. Ajoutons que ni tous les tombeaux souterrains de la campagne romaine ne sont des cimetières chrétiens ni tous les cimetières chrétiens ne sont souterrains.

Les anciens habitants du Latium avaient l'usage de la crémation ; on en trouve des traces près de Castel-Gandolfo, sur l'emplacement de l'ancienne nécropole d'Alba longa. La loi des XII Tables suppose les deux modes de sépulture, crémation et inhumation ; mais la crémation prévalut, sauf dans quelques familles, comme celle des Scipions. A l'époque des Antonins, on revint à l'inhumation ; il reste beaucoup de sarcophages du I I e siècle. Ce changement de rite a été attribué à l'influence du christianisme et des religions orientales, culte d'Isis, de Mithra, etc. On rencontre sur les voies consulaires des souterrains païens qui ressemblent beaucoup aux cimetières chrétiens, qui ont des « loculi » comme les

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