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LES ANCIENS CIMETIÈRES CHRÉTIENS. III

catacombes; on a même regardé comme cimetière chrétien une sépulture souterraine d'adorateurs de Jupiter Sabazius, sur la voie Appienne. Les anciens cimetières juifs, par exemple celui de la Vigna Randanini, ressemblaient aussi beaucoup aux catacombes.

En revanche il y eut dès l'origine des cimetières chrétiens à la surface du sol. Nous connaissons plusieurs cippes qui devaient être placés extérieurement, en particulier celui de T 'fyOtiç Çtovrwv, trouvé au Vatican et conservé au Musée Kircher. La célèbre inscription d'Abercius d'Hiéropolis était aussi en plein air. Nous verrons comment les chrétiens ont dû assurer l'existence légale de leurs tombeaux même pendant la persécution.

Cependant la plupart des cimetières chrétiens ont été souterrains. Les chrétiens ont voulu imiter les tombeaux de la Palestine en général et surtout le tombeau de N.-S. JÉSUS- CHRIST. Mais, comme on Ta justement remarqué ( x ), dans la tradition orientale, le caveau où Ton avait déposé le mort était muré à jamais ; les chrétiens, au contraire, qui visitaient assidûment leurs morts et priaient auprès d'eux, rendirent accessibles à tous les tombes soigneusement closes. Même quand ils auraient pu mettre leurs tombeaux à la surface du sol, ils préférèrent par prudence les placer dans les souterrains, où ils jouissaient d'une plus complète liberté. Et en effet, tandis que les inscriptions gravées à l'extérieur sont plus ou moins voilées, ils écrivaient librement dans les souterrains les plus anciens des acclamations aussi claires que « Vivas in Christô » ou autres semblables.

Les chrétiens ont-ils utilisé des carrières pour leurs sépultures ? Cette opinion, presque universelle jusqu'à nos jours, semblait favorisée par quelques textes où il était dit que les martyrs étaient déposés « in arenario ». Le P. Marchi a eu le premier le mérite de la réfuter.Dans la campagne romaine, il y a trois espèces de tuf : le tuf lithoïde, vraie pierre de construction, qui a servi pour l'enceinte de Servius Tullius,

x. A. Pératé, L'archéologie chrétienne, p. 15. Élétn. d'archéoL chrét. 10

les anciens temples, et qui est encore employée aujourd'hui ; le tuf granulaire, et la pouzzolane, qui forme un excellent ciment pour les constructions hydrauliques. Or le tuf granulaire, dans lequel précisément ont été creusées les catacombes, n'est presque d'aucun usage : cet immense travail des galeries aurait donc été inutile. De plus, les anciennes carrières ont une forme toute différente de celle des catacombes : les galeries des carrières sont courbes, larges, à parois inclinées, tandis que les galeries des catacombes sont droites, étroites et taillées verticalement. Les monuments confirment cette distinction entre les carrières et les catacombes. Quelques peintures, comme le Diogène du cimetière de Domitille, montrent les fossoyeurs creusant le sol pour les sépultures. De même plusieurs inscriptions disent que tel fossoyeur a travaillé dans tout le cimetière, « Laboravit per totum cimiterium ». Les textes portant € Arenarium, crypta arenaria », ne font pas grande difficulté. Les catacombes ressemblaient aux carrières d'une certaine façon ; parfois même elles communiquaient avec des carrières : ce qui facilitait l'enlèvement de la terre, et aussi permettait aux chrétiens persécutés de pénétrer plus facilement dans la catacombe. Enfin pour préciser le sens des termes, il faut remarquer que si « Arenarium » signifie carrière, « Crypta arenaria » a plutôt le sens de cimetière. C'est donc tout à fait par exception que les chrétiens ont quelquefois, comme dans certaines régions de la Rome souterraine, utilisé pour leurs sépulcres des galeries d'arénaires,

Nous avons à traiter, dans ce II e livre, de l'origine, de la légalité, du caractère chrétien des catacombes ; — des tombeaux de martyrs et des tombeaux historiques; — des usages et des rites funéraires; — de la forme générale des catacombes ; — dçs cimetières et des autres monuments situés à la surface du sol.

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