FONDATION ET DÊVELOPPEMEMT DES CATACOMBES
dessous d'un monument qui semble païen : les propriétaires de T « area > devaient être encore païens quand ils élevèrent ce monument, ils ont construit les cryptes après leur conversion au christianisme.
Dans le cimetière de Prétextât, près de la même voie, on peut également reconnaître la galerie primitive dans la « Spelunca magna » illustrée par la sépulture de S. Janvier.
Un troisième cimetière privé était sur la Via Ardeatina. C'était originairement le tombeau de famille de Flavius Clemens, cousin de Domitien, et des deux Flavia Domitilla. Le nom des Flaviens s'est retrouvé en diverses inscriptions de cette catacombe.
Dès le III e siècle, le nombre des chrétiens étant devenu très grand, il fut nécessaire d'avoir des cimetières communs. L'Église alors usa des droits que la loi reconnaissait aux associations. C'est la deuxième période, celle des cimetières communs, qui va du commencement du III e siècle à l'an ^13. Les cimetières à cette époque s'agrandissent ; aujourd'hui encore on peut souvent discerner, comme l'a fait de Rossi pour le cimetière de Calixte, le noyau primitif et les développements ultérieurs. Plusieurs cimetières communs cessent de porter le nom du propriétaire primitif, et prennent celui du pape qui y a fait des travaux ou d'un martyr qui y est vénéré. Les cimetières privés n'en continuent pas moins d'exister, même pendant les persécutions où les cimetières communs sont confisqués comme sous Valérien et Dioclétien.
Pendant la troisième période, de Constantin à Alaric (313-410), on agrandit encore l'immense nécropole souterraine ; en même temps, elle commence à devenir un sanctuaire, grâce surtout aux efforts du pape Damase pour retrouver et orner les tombeaux des martyrs. L'éditde Milan (313) proclama l'existence légale de l'Église comme société, et son droit de posséder. Grâce à cette reconnaissance officielle, on put établir les cimetières à la surface du sol. Néanmoins jusqu'au V e siècle, on creusa encore quelques galeries ; elles sont facilement reconnaissables à leurs peintures et inscriptions et au monogramme isolé qui ne se rencontre pas
Il6 ÉLÉMENTS D'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
généralement avant cette époque. Les chrétiens désiraient vivement être enterrés près des martyrs, et ce lieu privilégié était mis à un très haut prix, « quem multi cupiunt et rarî accipiunt ». Parfois on creusait de petites chapelles derrière les tombeaux des martyrs, « rétro sanctos », ou à côté. On ne craignait même pas, pour satisfaire cette dévotion, de dégrader des peintures d'une époque antérieure. Pendant cette période, les fossoyeurs acquièrent une grande autorité; ils disposent du terrain, sous le contrôle de l'autorité ecclésiastique. Certaines inscriptions mentionnent de véritables contrats de vente, avec le nom du fossoyeur, le prix du tombeau : « Emit a fossore N., et solvit pretium folles (*) N. », quelquefois le nom des témoins du contrat : « Emptum locum a fossore N. praesentia fossoris N. » On voit très bien que le prix variait suivant la situation du tombeau. Sur les catacombes furent construites des basiliques communiquant avec elles par des lucernaires ou des escaliers. Vers le commencement du V e siècle, les tombeaux souterrains deviennent rares ; des galeries à moitié creusées sont abandonnées. Ce changement concorde avec le triomphe définitif du christianisme en 392.
La quatrième période va du commencement du V e siècle à l'abandon des catacombes. De Rossi a pensé que les inscriptions consulaires des cimetières souterrains ne dépassent pas l'année de la prise de Rome par Alaric (410) et que les monuments sépulcraux sont tous, sauf de rares exceptions, antérieurs au V e siècle. Cette règle, qu'il faut entendre d'une manière très large, est importante pour la réfutation des erreurs sur la chronologie des inscriptions et peintures chrétiennes, particulièrement des peintures dogmatiques, dont certains protestants ont voulu retarder l'exécution presque jusqu'au moyen âge ( 2 ). Il est vrai que des catacombes renferment quelques peintures postérieures au V e siècle ; mais il est