NOTIONS GENERALES D'EPIGRAPHIE ROMAINE
LES inscriptions païennes peuvent se diviser en quatre classes : les inscriptions sacrées, les inscriptions honoraires dédiées aux empereurs ou aux magistrats, les inscriptions militaires, et les inscriptions sépulcrales. Nous n'avons à parler ici que de ces dernières et des inscriptions honorifiques, qui peuvent nous servir beaucoup pour comprendre les inscriptions chrétiennes des catacombes.
Les monuments sépulcraux des anciens Romains avaient la forme ou d'une petite urne cinéraire ou d'une simple plaque de marbre oii d'un cippe. Quelquefois le cippe était destiné à soutenir l'urne funéraire. Sur les plaques de marbre, quand elles étaient placées horizontalement, on remarque souvent des petits trous destinés à laisser passer !e liquide versé dans les libations, afin qu'il pénétrât jusqu'aux cendres du défunt On trouve aussi à côté un vase, « urceolum », ou un plat, « patera ». Ces deux derniers objets n'ont pas été employés par les chrétiens ; mais les cippes et les plaques ont été usités tant à Rome que hors de Rome. C'est sur ces monuments que l'on gravait les inscriptions funéraires.
Il y a lieu de distinguer les noms et titres, qui étaient analogues dans toutes les inscriptions, et les formules propres à chaque classe.
i. Cf. Gruter, Inscriptiones a ntiquae totius orbis romani in corpus absolutissimum rtdactae (1603) ; — Muratori, Novus thésaurus veierum inscriptionum (1739-1743) ;
— Orelli-Henren, Inscriptionum latinarum amplissima collée Ho (1828-1856); — Wilmans, Exempta inscriptionum latinarum in usum praecipue academicum (1873) ;
— Gagnât, Cours d'épigraphie latine (3 e éd., 1898); — Corpus inscriptionum latinarum. Ce dernier ouvrage, très important, est publié par l'Académie de Berlin; quinze volumes in-folio sont déjà imprimés, dont quatre pour les inscriptions de Rome.
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§ I. Noms et titres.
Trois sortes de noms propres étaient en usage chez les Romains : le € praenomen », le € gentilitium » et le € cognomen ». Le droit de porter les trois noms, € jus trium nominum », appartenait exclusivement aux citoyens. Les inscriptions mentionnaient intégralement le € gentilitium » et le « cognomen ». Le « praenomen » était ordinairement abrégé ; mais comme il n'y en avait qu'un petit nombre, on le lisait sans aucune peine. Ex. : M. (Marais) Tullius Cicero. — P. (Publius) Cornélius Scipio. En général, on citait aussi le nom du père : M. Tullius Marci filius Cicero ; quelquefois celui du grand-père et des autres ancêtres : M. Tullius M. F. (Marci filius) Marci nepos, pronepos, abnepos.
Chaque citoyen, depuis l'organisation faite par Servius Tullius, était enregistré dans une des tribus, qui furent jusqu'au nombre de 35. Le nom de la tribu se plaçait entre le nom du père et le « cognomen » : Pont. (Pontina), Trotn* (Tromentina), Cam. (Camilia), etc. Ex. : L. Caesius. L. F. Cam. Bassus (Lucius Caesius Lucii filius CamiHa Bassus).
Pour les femmes on ne citait que le « gentilitium » et le « cognomen ». Probablement le « praenomen » servait seulement pour l'usage domestique. On indiquait aussi le nom du père ou du mari. Ex. : Caeciliae Quinti Cretici filiae Metellae Crassi. Comme on le voit, le nom du mari se mettait en dernier lieu. Quelquefois on rencontre un « praenomen » avec la lettre (C renversé). On l'a jadis lu 4L Caia », et quelques archéologues ont même pensé que l'on donnait ce nom à toutes les dames romaines au moment des « justae nuptiae ». Aujourd'hui on s'arrête à une autre interprétation : on répète au féminin le nom que suit le signe ; ainsi L. Cornélius Lib. Zozymus % se lira : Lucius Cornélius Cornelue libertus Zozymus. Chez les Romains, on changeait de nom par l'adoption ; l'adopté prenait le nom de l'adoptant, tout en gardant le sien propre, dont il modifiait la désinence. Ainsi un Aemilius adopté par un Cornélius Scipio s'appelle ensuite • P. Cornélius Scipio Aemilianus.